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Secrétariat National du SNEP-FSU
31 août 2020

Il faut que tout change pour que rien ne change

 L’épisode lors duquel on a tenté de créer un suspense dont personne ne se préoccupait, à savoir le remaniement, aura été l’occasion, une nouvelle fois, d’une démonstration de ce qu’est en réalité le macronisme… Le « ni gauche, ni droite » prôné par En Marche ! est depuis bien longtemps un slogan éventé et, si besoin en était, la constitution d’un nouveau gouvernement « très droitier » le confirme fortement…

Le second temps du quinquennat devait se fonder sur une nouvelle approche au lendemain de mouvements sociaux d’importance et en pleine crise pandémique. La relance économique nécessitait l’engagement de tous et toutes et donc une nouvelle approche… Force est de constater que le nouvel attelage constitué ne change rien à la politique menée. Les engagements écologiques sont vite remisés, on autorise à nouveau les néonicotinoïdes, on renvoie à un débat futur les propositions de la convention citoyenne pour le climat, la gestion de la pandémie est toujours aussi « imprécise et fluctuante » et on assouplit les mesures à l’Éducation Nationale quand, partout ailleurs, on les durcit. On ne relance pas l’économie en développant la demande par des coups de pouce salariaux, mais en permettant une reprise via des aides aux entreprises pour développer l’offre, on continue de multiplier les interdits et la répression, on annonce la reprise de toutes les réformes jusqu’alors suspendues comme celle des retraites, … Bref, on change tout pour qu’au final, surtout, rien ne change !

Les enseignements à tirer de la crise sanitaire et de ses impacts ne l’ont pas été et tout est mis en oeuvre pour que le libéralisme, le capitalisme, puisse, au plus vite, reprendre son bonhomme de chemin laissant sur le côté les plus fragiles, les plus précaires. Les milliards promis pour la relance et largement médiatisés, ne sont que du « one shoot » visant à réinstaller à court terme ce qui préexistait avant la crise. C’est d’un tout autre modèle social et économique dont nous avons besoin pour combattre les inégalités, pour permettre à chacun de travailler, de vivre dignement, de s’épanouir dans la société.

Les services publics qui ont permis d’amortir et d’assouplir la crise restent toujours la cible privilégiée des libéraux qui continuent à vouloir les ouvrir à la concurrence privée dans tous les domaines, à refuser de reconnaitre l’engagement des agents en prononçant la poursuite du gel de la valeur du point d’indice et des suppressions de postes, …

La rentrée sociale risque de prolonger le temps caniculaire, mais la rentrée scolaire ne sera pas moins difficile avec des protocoles sanitaires qui évoluent à quelques jours de la rentrée, des perspectives sombres pour les carrières et les salaires, des réformes pour le Bac et certaines disciplines parues pendant les vacances, etc.
Bien qu’il nous faille nous placer rapidement dans des perspectives de mobilisation, la rentrée reste un moment important pour reconstruire ce qui aura été partiellement détruit ces derniers mois. Alors, en attendant de nous retrouver dans les mobilisations, bon courage à toutes et tous et surtout bonne rentrée !

benoit.hubert@snepfsu.net

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