8/11/19

Une exigence : pas de réforme à la rentrée 2020 !

Bonjour,

avant-hier, il y avait une réunion du Réseau des INSPE... Il semble qu'il n'y ait pas eu d'informations qui précisent ce qui avait déjà circulé... Les organisations syndicales n'ont encore rien reçu. A notre connaissance, pas de document diffusé.

Dans ce contexte, le SNEP-FSU vient de voter lors de son Conseil National aujourd'hui le texte suivant :

FDE : pas de réforme à la rentrée 2020 ! La réforme de la formation des enseignants dont nous avons condamné les fondements et les contenus, est prévue pour une application en septembre 2020. Or depuis la rentrée tout le monde est dans le flou le plus total, le ministère étant dans l'incapacité d'appliquer son propre calendrier et d'affronter tous les problèmes qu'elle pose, notamment sur le format du concours 2022, l'accès au concours 2021 et l'année de M2. Dans ces conditions, il est inconcevable, pour les personnels et les étudiant-es que la réforme se mette en place. Il est important de redonner du temps pour une réforme pilotée par l'ambition éducative et la professionnalité enseignante et non par l'économie de moyens et l'idéologie managériale. Au plan national, le SNEP contacte les autres syndicats de la FSU pour élargir cette revendication. Au plan local, nous vous invitons à essayer de peser pour faire entendre au moins les problèmes de faisabilité : il est impossible de mettre en place dès la rentrée prochaine une réforme dont tous les paramètres ne sont toujours pas fixés; il est impossible de construire des maquettes sans que les contenus des concours et les modalités de stage des alternants M2 soient précisés (stage filé ? massé ? sur plusieurs cycles ?)…Sauf à ce que cela se fasse dans la maltraitance et la souffrance des personnels ! Nous essayons au plan national de trouver un moyen d'alerter les étudiant-es de Licence qui seront directement impactés par cette réforme, et tenter d'établir un rapport des forces plus favorable contre cette réforme.

Vous pouvez retrouver une interview de notre collègue Pascal Grassetie sur le site FDE du SNEP : " C'est la question de la pérennité des emplois au seins des ESPE, voire leur existence, qui est posée". (pdf)

Vous trouverez ci dessous le comte rendu quelques éléments de compte rendu de la journée du 24 octobre 2019

Bien cordialement,

Claire Pontais

 

Compte rendu de la réunion nationale organise par le SNESUP le 24 octobre 2019

Si on regroupe les informations transmises avant la journée du 24 et les échanges "en présentiel", on peut se faire une assez bonne idée de la situation sur le plan national. On ne s'étonnera pas : elle est très très inégale.

Certains INSPE ont commencé un travail sur les futures maquettes, tout en reconnaissant l'absence d'éléments de cadrage précis (contenus des concours, modalités de stage, formation post-concours). Des groupes de travail, dans lesquels la représentation des personnels est très variable, se réunissent… et essayent d'"interpréter" le référentiel (par exemple, 55% de "fondamentaux" en PE... concrètement ça veut dire quoi ?) :

- soit pour "relooker" l'existant, réfléchir à un affichage qui soit conforme aux attentes ministérielles (ou à ce qu'on en comprend), sans fondamentalement changer les contenus des maquettes actuelles (quelquefois tout juste mises en place) ;

- soit avec la volonté (de la direction généralement) de "transformer" l'existant... et alors on peut assister à des tentatives diverses, toutes plus innovantes et audacieuses les unes que les autres, qui vont jusqu'à l'adhésion pure et simple à la "commande" des représentants de l'employeur (qui, eux, ne sont pas oubliés dans les groupes de travail). Ce dernier souhaite qu'il y ait plus de ceci ("éthique") ou de cela ("socle") dans la formation, le dit franchement et voit ses préconisations exécutées. Injonction à l'approche par compétences, réductions horaires, heures sans formateurs… du très innovant assurément !

- soit (plus rare) pour anticiper sur un réel projet de formation, prévoyant par exemple , à côté du parcours alternant dont les contours seront largement contraints par le ministère, un parcours non alternant, qui ouvrirait sur d'autres métiers que l'enseignement.

Ailleurs, une attitude plus "prudente" conduit d'abord à faire le bilan de l'existant ou à attendre, pour engager le travail sur les maquettes, que tous les éléments de la "réforme" soient connus, ce qui peut aller, dans certains INSPÉ, jusqu'au silence total. 

Les échanges mettent en évidence des questions et problèmes précis, au-delà des inconnues concernant les modalités de stage M2, les contenus des concours et les modalités de formation éventuelles post-concours. Par exemple :

  • tous les étudiants seront-ils "alternants" en M2 ? si oui, on peut craindre une forte réduction des effectifs étudiants ; si certains étudiants ne sont pas en alternance, sur quels critères se fera la sélection ?

  • comment les rectorats seraient-ils en mesure de prévoir, à deux ans, les berceaux de stage possibles en M2 (dans l'éventualité où les stages seraient obligatoires, donc serviraient de calibrage pour les capacités d'accueil en M1) ?

  • dans les orientations actuelles, comment valoriser les compétences professionnelles des collègues temps plein INSPE ? 

  • si les capacités d'accueil divisent par 2 le public actuellement accueilli en master MEEF, quid de l'accueil de ces "recalés" dans d'autres masters ? etc. 


Au-delà des questions, ce sont aussi des lignes rouges qui se dessinent, des limites que, collectivement, les enseignants-chercheurs et enseignants impliqués dans la FDE se refusent à franchir :

  • des maquettes encore réduites, repensées dans le seul souci de faire des "économies", et le resserrement sur les "fondamentaux" ;

  • des masters "repensés" par la commande de l'employeur qui dicte ses attentes ;

  • la mise en opposition : contenus disciplinaires vs transversaux, fondamentaux vs polyvalence, enseignants-chercheurs vs enseignants "terrain"… oppositions aussi simplistes que convenues qui peuvent conduire à nier les disciplines autres que le français et les mathématiques ou encore à créer du pseudo inter-pluri-trans-disciplinaire, présenté comme la seule solution pour que toutes les disciplines continuent d'exister dans un volume horaire réduit ;

  • une réduction de la formation à du formatage, c'est-à-dire à de l'adaptation à l'emploi ;

  • la mise en responsabilité avant concours d'étudiants sous statut de contractuel.


Pistes d'actions :

  • communiqué de presse mettant en évidence les impasses de la réforme (voir CP sorti le 29 octobre) ;

  • échanger sur les situations locales et se tenir prêts à réagir aux "annonces" prévues début novembre - d'ici là faire entendre les problèmes de faisabilité, nos oppositions de fond et nos propositions ;

  • contacter les syndicats étudiants ;
  • nouvelle réunion nationale au Snesup le 9 janvier.

Nos revendications :

  • Du temps pour construire toute réforme : donc pas de mise en place en septembre 2020 !

  • Pour une réforme de la FDE pilotée par l'ambition éducative  et la professionnalité enseignante et non par l'économie de moyens ou l'idéologie managériale

  • Des contenus de master, en lien avec le concours, articulés autour de stages de pratique accompagnés, et élaborés par les acteurs universitaires en relation avec l'Etat-employeur mais non assujetti à l'adaptation à l'emploi.
  • Des pré-recrutements permettant de suivre des études sans contrepartie d'enseignement ou de responsabilité devant élèves, et ne conditionnant pas l'entrée en MEEF. 
  • Des  moyens pour les équipes pluri-catégorielles de formateurs/trices, au sein d'une structure de formation universitaire au fonctionnement démocratique

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