31/10/19

RAPPORT IG « Pour une stratégie globale de lutte contre les noyades »

Bonjour,

Vous trouverez en lien le rapport « Pour une stratégie globale de lutte contre les noyades » menée par une mission pilotée par Véronique ELOI-ROUX, IG (Education Nationale), Thierry MAUDET (IG sport) a été mis en ligne le 23 octobre 2019

https://www.education.gouv.fr/cid144326/pour-une-strategie-globale-de-lutte-contre-les-noyades.html

le pdf : http://sports.gouv.fr/IMG/pdf/2019-051_-_2019-i-09_lutte_contre_les_noyades-compresse.pdf

Un rapport intéressant qui identifie bien les problèmes et met en avant le rôle de l'école dans l'apprentissage du savoir-nager. (Lire la suite ci-dessous).

Cordialement,

Claire Pontais


https://www.education.gouv.fr/cid144326/pour-une-strategie-globale-de-lutte-contre-les-noyades.html
le pdf : http://sports.gouv.fr/IMG/pdf/2019-051_-_2019-i-09_lutte_contre_les_noyades-compresse.pdf

La mission portait sur les noyades, les deux IG en font un état des lieux et en analysent les causes. La majorité des noyades concerne les moins de 6 ans dans des piscines privées et les plus de 65 ans. La plupart des noyades des jeunes sont liés à des imprudences. La grande majorité des personnes qui se noient, hormis les petits, savent (ou déclarent savoir) nager.

Le rapport souligne que, si l'apprentissage de la nage reste indispensable, il ne peut constituer à lui seul le levier de nature à faire baisser significativement les chiffres des noyades. Il insiste sur la nécessité d'un plan de communication médiatique volontariste vers le public adulte portant sur responsabilité individuelle et l'intérêt de prendre en compte les dimensions éducatives, de prévention et de respect des règles (lieux interdits à la baignade). La mission suggère la création d'un comité interministériel "Prévention et lutte contre les noyades" placé sous la présidence du Premier ministre.

 Le rapport fait un état des lieux de l'apprentissage de la nage en France, à l'école et hors-école. Il analyse de manière détaillée deux aspects qui permettent cet apprentissage : les équipements aquatiques et les encadrants. Au final, les deux IG identifient plusieurs facteurs d'amélioration de la politique publique de prévention et de lutte contre les noyades et font 24 préconisations. (voir la synthèse au début du rapport, p.1 à 8)

 Concernant l'apprentissage du savoir-nager, les comparaisons internationales font dire aux rapporteurs que la France « est aussi bien structurée que d'autres pays observés avec un enseignement obligatoire et un test identifié ». Les chiffres d'obtention de l'ASSN (collège), dans 5 académies étudiées, vont de 72% à 80%.

Cependant, les chiffres au niveau national ne sont pas précis. La raison évoquée laissera dubitatifs tous les CPD  : « La DGESCO a produit et diffusé la réglementation, mais n'est pas en capacité de mobiliser les moyens humains lui permettant de suivre réellement l'état de cet apprentissage pourtant obligatoire. On ne dispose donc, en l'état actuel, que d'assez peu de connaissances, précises et documentées, sur la réalité dans les différents territoires ; seules remontent l'expression de difficultés et des questions, ce qui ne donne qu'un aperçu « en creux » de la réalité. Une « foire aux questions » (FAQ) reprenant la plus grande part des interrogations du terrain a été conçue sous le pilotage du bureau des collèges de la DGESCO, mais elle n'est pas mise en ligne à cette heure. Elle permettrait pourtant de favoriser la mise en oeuvre de l'apprentissage sur le territoire ». (p41) . Questions : la Dgesco se rappelle-t-elle qu'il existe des CPD ? Que ceux-ci ont demandé qu'elle produise des enquêtes lors du séminaire national de mars 2019, justement pour mieux appréhender les problèmes ? Quand leur a-t-elle passer commande ? Pourquoi la Dgesco ne cesse-t-elle de repousser la publication de la FAQ sur la réglementation ? !

Pour le collège, « La création de l'ASSN avait vocation à objectiver le nombre d'élèves nageurs sécuritaires ; or, ni l'inscription dans le livret scolaire unique (LSU), ni son exploitation par l'administration ne permettaient, jusqu'ici, d'obtenir un suivi précis de cette compétence ». (p41)

Parmi les 24 propositions, il y a la nécessité de renouveler la définition de "l'aisance aquatique", de converger vers un test unique du savoir nager en sécurité qui serait une référence pour tous les acteurs, qui pourrait être obtenu dans l'école et hors de l'école (ce serait une nouveauté, l'ASSN relève aujourd'hui uniquement de la responsabilité de l'école) .

Une partie du rapport est consacrée à l'expérimentation des apprentissages précoces et massés des 4-6ans lancée par la ministre des sports. Tout en en reconnaissant l'intérêt, les deux IG, restent prudents quant à une possible généralisation.  

 Sur la formation, la mission prend en compte la pénurie d'encadrants et préconise d'éclaircir, si ce n'est harmoniser, les qualifications des différents intervenants et de développer des « coopérations interministérielles (sport, EN, enseignement supérieur) et d'étudier toutes les possibilités à partir de dispositifs existants : associations sportives scolaires, enseignement optionnel, sections sportives scolaires, formations et diplômes, afin d'enrichir le vivier d'encadrants potentiels ».

Pour l'école primaire : la mission préconise de mettre en place des formations conjointes des professeurs des écoles, des MNS et des autres intervenants. Cela parait une évidence mais va à l'encontre de toute la politique actuelle en actuelle en matière  de formation initiale et continue. On peut regretter qu'il n'y ait pas de proposition forte sur la formation des PE (minima horaire en FI ou en T1, journées stagiaires en FC, besoin de CPC EPS... ), alors que sont développées assez longuement les possibilités de formations des partenaires hors-école. 

Sur les encadrants, le rapport souhaite élargir les prérogatives des BNSSA (sujet de débat récurrent lié au manque de MNS), tout en disant qu'il faut offrir aux MNS des évolutions de carrière plus attractives.

 Au final, un rapport intéressant qui identifie bien les problèmes et met en avant le rôle de l'école dans l'apprentissage du savoir-nager. Ce rapport aurait cependant gagné en établir un meilleur état des lieux quantitatif et qualitatif à l'échelle national de l'enseignement à l'école primaire, côté élèves et coté équipes départementales EPS. Il aurait gagné à rappeler le rôle déterminant de la formation des PE. Il nécessite de la vigilance pour que tous les acteurs directement concernés (CPC, CPD, formateurs INSPE) ne soient pas ignorés et au contraire qu'ils soient associés aux évolutions, notamment en termes de réglementation et de préconisations de progressions pédagogiques.

La conférence de consensus sur « l'aisance aquatique » qui aura lieu en janvier sera l'occasion d'exprimer des revendications (enquêtes, horaires de formation dans les ESPE, épreuve EPS au CRPE, pré-requis, stages de formation continue, postes de CPD, …). Le SNEP-FSU souhaite associer les CPD et les profs d'ESPE à la réflexion sur le sujet dans la période à venir.

 Claire Pontais , le 31/10/2019