11/9/18

Déclarations de JM Blanquer devant la CPU
sur la formation des enseignants et le devenir des formateurs

Bonjour, à la rentrée, vos directions d'ESPE ou de Staps vous ont sans doute donné des informations sur la réforme de la FDE.

Voici les éléments qui nous paraissent importants dans ce que le ministre de l'Education Nationale a déclaré à la CPU (conférence des présidents d'université), le 20 Août 2018  

Blanquer souhaite "des écoles internes aux universités qui soient synonymes de qualité, qui soient davantage pilotées, qui correspondent aux besoins de l'Éducation nationale". Il a indiqué que le sujet fera l'objet d'une "réforme majeure" et qu'elle sera intégrée à une loi présentée en 2019. "L'indicateur de succès futur en la matière, ce sera le jour où les rectorats spontanément confieront aussi la formation continue aux Espé, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui."  

"Demain, ce que nous devons avoir, c'est une véritable formation professionnelle qui distingue le premier degré et le second degré, qui soit articulée à l'excellence scientifique que l'on retrouve dans l'ensemble de l'université, mais aussi avec des maîtres formateurs beaucoup plus présents, et aussi probablement des agrégés", indique le ministre. Il faudrait aussi "une vision sur ce que deviennent les personnels actuels des Espé et des personnels futurs" et, d'un point de vue de GRH, "beaucoup de convergence entre nous tous".

Cette déclaration de Blanquer fait suite à plusieurs rapports sur la FDE récemment publiés. C'est ainsi que le rapport du Sénat du 28 juillet propose de transformer les Espé "en structures sans formateurs propres" (, pour en finir avec "des formateurs qui n'ont jamais vu une classe"), faisant appel aux ressources en formateurs de l'Éducation nationale et en enseignants-chercheurs de l'enseignement supérieur.

Par ailleurs, le ministre a annoncé une "politique très volontariste de pré-recrutement,  en faisant évoluer le statut d'assistant d'éducation" pour "assurer la diversité sociologique des futurs professeurs." Il entend également développer le nombre de contractuels et le recrutement par les chefs d'établissements.

Analyse du SNEP :

Les pré-recrutements annoncés sont en fait un moyen d'utiliser les étudiants comme moyens de remplacement (et non des pré-recrutements pour étudier en toute sérénité) La réforme qui se profile va donc à nouveau bouleverser la FDE en profondeur. Elle sera probablement différente pour le 1er et le 2nd degré.

Pour les PE, le concours serait avec une admissibilité en L3, et une admission en M1. Avec un temps devant élèves, sous statut de contractuel dès le M1 (un tiers temps, un mi-temps?). Les horaires de maquettes seront donc fortement réduits en M1. On imagine assez bien (ou plutôt mal!) le devenir de l'EPS  dans ce contexte (quelle épreuve de concours avec des horaires encore réduits ?) . Et pour combien d'étudiants (on ne sait pas  si seuls les admissibles entreraient en M1, si c'était le cas, la chute du nombre d'étudiants serait très forte dans nombre d'ESPE) On comprend mieux pourquoi Blanquer met les formateurs ESPE sur la sellette ! 

Pour les PLC, tout est flou, l'admissibilité ne serait pas en L3, le "décrochage" du niveau de concours entre 1er et 2nd degré est très probable (sans décrochage de rémunération affirme le ministère), mais les étudiants PLC seraient tout de même devant élèves en M1 (combien ? selon quelles modalités ? ). Le concours resterait encore quelques temps en M1, mais à terme serait placé en M2. (Quel concours? ) L'ensemble se fera sur fond de suppressions de fonctionnaires et de recrutement de contractuels (donc chute des postes au concours).

Cette question, comme les autres, va dépendre de la mobilisation de la profession et des étudiants.  Sans attendre, nous vous invitons à participer à l'AG nationale de la FDE et des ESPE, le 29 septembre à Paris, organisée par le SNESUP (de 9h30 à 17h, ESPE de Paris).

Pour s'inscrire, contacter claire.pontais@snepfsu.net

Cordialement,
Claire Pontais