20/12/17

Formation des enseignants ... maquettes, place du concours... où va-t-on ?


Des collègues de plusieurs ESPE nous alertent. A l’heure de renouvellement de maquettes, la direction générale de l’enseignement supérieur (DGSIP) semble imposer, pour la rentrée prochaine, une réduction du volume horaire des masters MEEF à 400h en M1 et 200h en M2. Alors même qu’on observe une démultiplication des ambitions affichées (préparation concours, formation à la recherche, transmission d'une culture commune, professionnalisation…), on veut encore réduire le temps de formation déjà insuffisant. Si on arrivait à cette aberration, le volume de formation des enseignant-es aura été réduit de moitié en à peine 10 ans.

Les arguments évoqués sont « diminuer la charge de travail des étudiants ». Il n’est bien entendu pas venu à l’idée de nos décideurs de diminuer le mi-temps devant élèves qui absorbe, et c’est logique, toute l’énergie des stagiaires !

Parallèlement, nous avons des échos de discussions en cours au ministère concernant la position du concours. Le projet serait de généraliser le modèle de l’alternance dès le M1 (avec une admissibilité en fin de L3). La concordance entre les deux idées est
troublante !

Cependant, le ministère ne semble pas vouloir l’avouer, et lors d’une rencontre avec le SNESUP-FSU, a dit ne pas avoir de position bien arrêtée sur le sujet ! Si c’est le cas…pourquoi la Dgsip envoie-t-elle des consignes restrictives pour les futures maquettes ?!...A moins que le ministère masque ses véritables intentions ! En tout cas pour nous, il est indispensable de ne pas laisser s’installer une nouvelle dégradation de la formation.

Lors de la première mastérisation, l’idée qui prédominait était qu’il n’y avait pas besoin de formation : l’enseignant s’adapterait sur le tas. Aujourd’hui tout pousse vers finalement la même chose en augmentant progressivement la mise sur le terrain sans donner les moyens d’une véritable alternance. Conclusion, on va arriver au même point qu’il y a dix avec juste une différence de taille : les étudiants seront sur le terrain 2 ans plus tôt ! Quel progrès !

Des actions émergent et se poursuivent (grève à Créteil, refus d’envoyer les maquettes réduites à Reims, lien). Partout, nous invitons les collègues à la plus grande vigilance.

Nous invitons les collègues à débattre des alternatives possibles, et des revendications suivantes :

- Une formation conçue sur 6 ans, depuis la pré-professionnalisation, jusqu’à la T1,

- Deux années de formation rémunérées après la licence (sous statut d’élèves professeurs et non pas de contractuels). 

- pour le master : l'obtention d'un "vrai" master  suppose des horaires permettant de faire notamment de la didactique des disciplines, des stages, de l'analyse de pratique, un mémoire digne de ce nom,  le tout « intégré", c'est à dire avec des enseignements en relation étroite avec les problématiques du "terrain ». La formation ne peut pas être une simple adaptation spontanée en situation d’enseignement.

- des stages en M1 en pratique accompagnée, avec un volume inférieur à un quart du temps

- des stages en M2, pas en responsabilité totale, et inférieurs à un tiers du temps (par exemple, des stages longs, permettant des vases communicants avec la Formation Continue)

- un concours aux contenus ambitieux pour former de vrais fonctionnaires de catégorie A, concepteurs. Il doit être conçus pour être compatible avec le master

- une poursuite de formation en T1 et T2 avec décharges de service.

Claire Pontais