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Contenus, formes de pratique, place des filles à l’AS
Le 06/01/04
Annick Davisse, IPR EPS.
Nina Charlier, collège Langevin Wallon, Blainville S/Orne (14)
Jacotte Sels, collège Les Prés, Montigny le Bretonneux (78)
Les contenus proposés dans le cadre des AS ne se résument pas aux programmes, malgré la qualité des propositions. Les productions des CMR et CMN ne donnent pas de vraies réponses par rapport aux attentes diverses du terrain.
Le rouage le plus déterminant pour la production de nouveaux contenus : c’est le district. Il doit être dynamisant, c’est à ce niveau que l’on invente.
Le département peut et est aussi un lieu de propositions de nouveaux contenus, les commissions départementales fonctionnent souvent en associant de nombreux collègues.
Pour définir des objectifs, plusieurs éléments sont à prendre en compte, sont à mettre en relation : le désir des élèves, les besoins, les attentes et les contenus.
Par rapport aux trois piliers de l’UNSS (animation, compétition, formation), il faut réfléchir et innover sur le pôle compétition ; il y a également nécessité à repenser les liens EPS-AS.
A propos du désir…il faut dire que l’on a (et nous ne sommes pas les seuls !) des difficultés avec les adolescents : en 1980, les benjamins représentaient 21% des effectifs de l’UNSS, en2002 ils représentent 35,1%.
On peut noter que s’il n’y avait pas l’école, certaines filles ne « rencontreraient » jamais les pratiques sportives et notamment les sports collectifs.
Le monde fédéral a le même profil. Le sport est donc plutôt le monde de l’enfance.
Dans ce public adolescent, il y a « le bien scolarisé » et les autres ; l’erreur a été peut-être de considérer le sport comme porteur de valeurs en soi alors qu’il faut le revisiter.
Sur les questions de démocratisation, soit on transforme ce qui existe, soit on pratique d’autres APS…mais le changement est difficile pour les enseignants. Il faut réfléchir aux contenus des APS pour les filles (il faut aussi se poser cette question pour l’EPS au Bac). La relationnel ne suffit pas, il faut travailler les contenus. Nous devrions partager et analyser les expériences.
Il faut réfléchir à comment faire venir les filles à l’AS et comment faire pour qu’elles y restent. Leur participation est particulièrement émancipatrice (usage de temps, usage du corps).
Cette pratique servira également aux garçons.
Une étude « théorie de la motivation » (Sarrazin sociologue, intervenant dans « l’AS une chance pour l’école » CNED Grenoble 2002) peut contribuer à nous éclairer, elle met en évidence quatre variables responsables de l’engagement des individus dans les activités sociales :
- le rapport coût-bénéfice
- l’attractivité des activités proposées
- l’investissement
- le soutien social (rôle des parents, des profs)
Cette étude met aussi en évidence trois besoins fondamentaux recherchés dans l’activité quotidienne :
- besoin de compétence (se sentir en progrès, compétent, efficace)
- besoin d’autonomie (être à l’origine de ses actions)
- besoin de proximité sociale ou d’interdépendance sociale. Si dans l’AS, ils ont la possibilité de satisfaire ces besoins fondamentaux, ils vont s’investir. Sinon, ils vont percevoir des coûts…et feront d’autres choix.
Pour Annick, le mercredi est le jour de tous les dangers. Les contenus contiennent les problèmes de règlement (beaucoup d’implicite). La logique réglementaire doit jouer pleinement son rôle au contraire des discours sur la citoyenneté. Un vrai travail de formalisation doit être fait.
Les filles « disent » le temps mais se sont les usages de soi qui pèsent. Ce sont celles qui ont eu les pratiques les plus consistantes qui restent. Toutes les formes de pratique sont à réfléchir, par rapport à la formation : les pratiques d’entretien doivent aussi être considérées comme des pratiques émancipatrices. Venir à l’AS est déjà émancipateur.
Comment rendre l’AS attractive ? Il faut également se poser la question de l’attractivité de l’école (problème des rythmes scolaires…). Il faudrait rendre visible l’AS. Il faut mettre de la souplesse dans les fonctionnements. Plus on travaille dans les milieux difficiles, plus les contenus doivent être élaborés. La mission de l’AS en lycée et en LP est différente des autres types d’établissement. L’investissement des enseignants est déterminant.
Il y a échec relatif sur la vie associative, cette partie n’a pas été formalisée. Il existe des niveaux d’expertise dans les tâches ; mais où sont les contenus ? Si l’associatif doit s’apprendre, que faut-il apprendre et comment ? Il reste toujours à savoir comment développer le sport scolaire, quelles-sont les conditions à mettre en œuvre pour organiser les contenus ?
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La question du sport scolaire ne doit pas être examinée que du point de vue du sport scolaire. Le service public est créateur de richesses : IG et certains IPR théorisent sur les coûts du sport scolaire, en particulier dans les lycées. Ce débat n’est pas le nôtre. Quelle serait la conception du métier sans l’AS ? Nos interlocuteurs savent l’espace réel du sport scolaire par rapport à la vie associative.
Les programmes nationaux ont fait des choix qui conditionnent l’activité des jeunes ; qui doit décider des programmes ?
Il faut revoir les modèles de la citoyenneté qui sont les modèles dominants de la classe moyenne : mœurs, mode de vie.
A propos de la pratique des filles dans le cadre des AS… ne pas parler des filles d’un point de vue « victimant », parce que l’échec scolaire concerne surtout les garçons… les filles, c’est une chance pour l’AS et l’AS est une chance pour les filles.
Pour l’école, c’est avec ceux qui sont à la marge que de nouvelles pistes sont trouvées. Il faut aussi, dans le cadre des AS, travailler à partir des représentations…c’est travailler à en partir (J.Y Rochex).
On ne peut pas laisser les compétences des élèves s’exprimer seules car les phénomènes identitaires en sortiraient renforcés.
Il y a un véritable enjeu, pour le sport scolaire et l’UNSS, autour de la réflexion et du travail sur les contenus.
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10/07/06
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