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(maj le 22/12/11)

 

Analyse du SNEP sur la circulaire natation

NATATION : APPRENTISSAGE OU REMPLISSAGE ?

Le SNEP vient de prendre connaissance de la circulaire rectifiant celle du 13 juillet 04 sur l’enseignement de la natation ; elle aurait été signée le 7 octobre, sans être communiquée au SNEP…

Les modifications apportées, même si elles amènent une souplesse rendue nécessaire par la publication tardive du premier texte après la rentrée alors que toutes les organisations étaient déjà prévues, n’en reste pas moins marquée par une volonté de tirer vers le bas les exigences en matière de sécurité et de qualité auxquelles devrait répondre l’enseignement de la natation.

Ainsi pour le premier degré, le texte précise que l’intervention des bénévoles (les parents) pourra aller jusqu’à prendre « la responsabilité d’un groupe d’élèves », renvoyant l’appréciation de leur compétence au plan de chaque département.

Concernant le second degré, pour les élèves nageurs, l’espace aquatique nécessaire est ramené à « au moins 5m2 par élève, présent dans l’eau », 7m2 étant « conseillé », et le nombre d’élèves (30) confié à un seul enseignant restant « souhaitable », alors qu’il était de 25 dans les circulaires de 1965.

Un IPR « anticipant » dès le 28 septembre ( !) avait tenu à expliciter : « La notion de « présent dans l’eau » fait référence à une modalité pédagogique qui ne peut être l’objet d’une circulaire à savoir que tout enseignant averti et conscient de ses responsabilités doit comprendre que lorsqu’il ne dispose que de deux couloirs pour une classe à l’effectif important, il est de son devoir de ne pas mettre tous les élèves dans l’eau en même temps, deux groupes ou une organisation en binôme permet de mettre successivement les élèves dans l’eau et ainsi d’augmenter les surfaces individuelles de l’ordre de 7m2 voire plus. Le travail en binôme permet également une auto surveillance accrue, voire des observations.

Attention : Cette notion permet à des élèves d’être sur le bord du bassin, mais participant au cours. Ils restent sous la responsabilité de l’enseignant. »

Ainsi, il ne s’agit plus d’affirmer des ambitions de qualité et de sécurité mais de faire du remplissage. Telle quelle, la circulaire rectifiée pourra aboutir à avoir jusqu’à 26 élèves pour une ligne d’eau, pour un temps de pratique déjà très insuffisant divisé par deux, la moitié des élèves devant être sur les plages à tour de rôle.

Il en sera de même concernant les non-nageurs, la norme de 4m2/élève présent dans l’eau peut aboutir à des dérapages encore plus importants puisqu’il sera « réglementairement » possible d’entasser jusqu’à 64 élèves dans une piscine de 25m – 4 couloirs. De plus, comment prétendre exiger d’un enseignant qu’il soit à la fois pédagogue efficace avec les élèves présents dans l’eau et responsable en même temps aussi de ceux qui attendent au bord du bassin ?

Cette situation révèle aussi la totale dépendance de l’EPS au bon vouloir des collectivités locales, alors que dans le même temps l’EN (responsable de l’application des horaires et programmes officiels) n’insiste pas pour faire valoir les exigences d’un service public de qualité.

Une telle circulaire n’empêchera pas que des centaines de milliers d’élèves ne pourront pas, de toute façon, accéder à une piscine durant leur scolarité. Il faut construire des piscines en nombre comme le demandent, ensemble, le SNEP ET LA FFN dans leur déclaration commune « savoir nager ? pouvoir nager ! ». L'état, les départements et les régions doivent intervenir de façon plus significative dans les financements.

Le 13 octobre 2004

 


 

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