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La formation des enseignants d’EPS

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Préambule

La formation des enseignants doit leur permettre de répondre de façon ambitieuse aux défis de la démocratisation et de la réussite de tous les jeunes - en particulier les plus en difficultés face aux apprentissages - ce qui suppose en premier lieu la maîtrise des contenus à enseigner dans les APSA (activités physiques sportives et artistiques) en lien avec des processus d’apprentissages. Les enseignants doivent être des concepteurs capables d’analyser leur pratique pour résoudre des problèmes professionnels en évolution tout au long de leur carrière.
Pour cela, nous voulons une formation universitaire à caractère professionnel, c'est-à-dire qui allie – en lien avec la recherche - formations scientifique et pratique tout au long du cursus (dès L1 jusqu’à l’accompagnement à l’entrée dans le métier). Cette formation doit inscrite dans le schéma LMD et déboucher sur un master pour tous-tes ; master permettant une reconnaissance de la qualification des enseignants à Bac+5.

Le SNEP s’est opposé, comme la majorité du CSE, au cahier des charges des IUFM. Il a contesté la volonté d’augmenter le temps de stage sur le terrain, la coupure entre la formation dite universitaire et la formation professionnelle, les concours sans didactique ni éléments pré-professionnels, la non obligation du mémoire professionnel, la faiblesse de la référence à la recherche. Il a estimé que les propositions en matière de pré-professionnalisation étaient insuffisantes et largement en deçà de ce qui existe dans la filière « éducation et motricité » en STAPS aujourd’hui.  Il s’oppose par ailleurs à la bivalence qui ne peut constituer une réponse aux difficultés d’apprentissage des élèves. A l’heure de l’intégration des IUFM dans l’Université, il est pour le moins étonnant que le cahier des charges n’affiche pas l’objectif d’un master pour tous les enseignants, alors que celui-ci est le niveau de référence au plan européen.

Formation initiale

Intégration des IUFM et cahier des charges de la formation

L’intégration des IUFM à l’université pose de nombreux problèmes. Celui des statuts de l’école qui pour le moment écarte les représentants des organisations syndicales tel que cela existe actuellement. Celui de la reconnaissance d’équipes pluri-catégorielles de formateurs d’enseignants et de leurs tâches spécifiques. Celui de l’absence de cadrage national des structures et des formations qui révèle dès maintenant un éclatement des formations.  Aujourd’hui les étudiants n’ont pas les mêmes offres de formation sur tout le territoire, voire les mêmes offres au sein d’un même IUFM. Pour le SNEP le travail de type « mémoire professionnel » doit être rendu obligatoire, le master doit être un objectif pour tous. Pour cela la formation doit être allongée (recrutement à bac+4 ou allongement d’une année de néo-titulaires à mi-temps), notamment pour permettre une véritable analyse réflexive sur sa pratique professionnelle. Le SNEP demande que le sport scolaire soit assurée aux PLC2 et soit mieux pris en compte dans la formation qu’il ne l’est actuellement.
Le SNEP demande une commission mixte (ou autre instance) des deux ministères de façon à ce que la DESCO fasse le lien avec les universités sur plusieurs problèmes communs : les concours, l’examen de qualification professionnelle, le dossier de compétences, et la relation formation/master notamment.

CAPEPS

Le SNEP rappelle son attachement aux concours nationaux ; il souhaite voir évoluer l’actuel CAPEPS externe, ceci dans la continuité de ce qui constitue ses acquis historiques et ses spécificités. Il s’agit d’affirmer la place et le rôle des contenus d’enseignement disciplinaires dans l’ensemble des épreuves. Pour ce qui nous concerne cela passe par une prise en compte des aspects épistémologiques et didactiques de l'EPS, par une réévaluation des pratiques des APSA dans le concours, un rééquilibrage des coefficients entre écrits et oraux (égalité de coefficients) et la réintroduction d'une véritable option. Par ailleurs la liste des APSA devrait évoluer ; l’épreuve de sauvetage doit être à nouveau rendue obligatoire et vérifiée par les rectorats de façon à garantir la sécurité des élèves.

CRPE

Le SNEP demande que l’EPS conserve sa place dans le concours des Professeurs des Ecoles. Il souhaite que les  épreuves physiques soient élargies et revues, notamment le 1500m. Il réaffirme son attachement à une dominante de formation.
L’accompagnement à l’entrée dans le métier est déterminant pour entrer dans un processus de formation tout au long de la vie. Il doit être considéré comme une entrée en formation continue et être défini à partir de l’expression des besoins des jeunes enseignants. Il peut prendre différentes formes (entre débutants, avec des collègues chevronnés, en intégrant des équipes de recherche, etc.)

 

Formation continue

C’est une revendication forte du SNEP. Bien avant l’existence des MAFPEN et des IUFM, la profession s’était dotée d’un dispositif autogéré extrêmement performant conçu, animé et encadré par les pairs et pouvant afficher un taux de fréquentation très élevé.
L’EPS a beaucoup perdu sur ce terrain. Il faut une augmentation significative du nombre de jours de FPC par an sur le temps de travail Le SNEP pense qu’une FPC hors temps de travail et en relation avec la gestion des carrières ne permettra pas une véritable formation continue de tous les enseignants.
La FPC EPS doit conserver ses stages de secteur  et par ailleurs offrir à chacun-e des possibilités de formation nouvelles, au-delà de la simple information : dans la discipline, en équipe d’établissement, sur des projets pluridisciplinaires, des thèmes transversaux, prenant en compte les divers aspects du métier. Des observatoires de pratiques doivent être mis en place dans toutes les académies de façon à mieux évaluer les besoins de formation avec les enseignants. Chaque enseignant qui le souhaite doit pouvoir s’intégrer dans des  équipes d’innovations ou de recherche collaboratives chercheurs-enseignants (en relation avec l’IUFM, les STAPS ou l’INRP). Les moyens de la FPC passent par des possibilités de remplacement accrues. Des congés formation sur une journée par semaine ou mi-temps doivent être créés.

Une priorité doit être accordée à la formation des formateurs et conseillers pédagogiques (de licence, de PLC1, PLC2, PE et entrée dans le métier), au regard de leur rôle déterminant dans la formation (cf cahier des charges)
Les conseillers pédagogiques doivent avoir des décharges de service, bénéficier d’une formation (a minima 3 jours par an pendant 3 ans), pouvoir intégrer des équipes de recherche dans le cadre de la FPC ou de formation diplômante et accéder à une qualification reconnue. Tout collègue qui le souhaite doit pouvoir avoir accès au rôle de conseiller pédagogique.

Ils doivent pouvoir faire valoir les acquis de l’expérience lorsqu’ils s’engagent dans des formations diplômantes. Ils doivent être recrutés selon des modalités connues et en toute transparence.