|

Communiqué le 27 avril 2010



Retraites : pour leur amélioration, agir tous ensemble dès le 1er Mai.

Le  cycle  de  « négociations » sur l’avenir de nos régimes de retraite a débuté  le  12  avril. Le gouvernement  entend traiter le dossier dans la précipitation. Tout montre qu’il prépare de graves remises en cause de la retraite  des  salariés,  en  refusant  notamment  toute augmentation des cotisations patronales et toute remise en cause du bouclier fiscal.

Les   organisations  signataires  rappellent  qu’elles  revendiquent  une réforme  des retraites visant l’amélioration de celles-ci pour tous, tant pour  le  Code  des pensions que pour le régime général, avec notamment :
droit  à  partir à 60 ans, pension égale à 75 % du salaire en  revenant à une  durée  de  cotisation  de  37  ans  ½  pour un taux plein au lieu de l’augmentation  prévue  de  la  durée  de cotisation, maintien - pour les fonctionnaires  –  du  calcul  sur  les six derniers mois, indexation des pensions sur les traitements eux-mêmes indexés sur les prix.

Dans  le  milieu de l’enseignement supérieur et de la recherche, avec une augmentation  supplémentaire  de  la  durée  de  cotisation,  de nombreux collègues  seraient  condamnés à travailler jusqu'à 65 ans, voire au delà si  l’âge de départ est reculé. Rares seront ceux qui auront, à partir de 2012,  les 41 années de cotisations obligatoires, tous régimes confondus.
La  situation  est aggravée par la mise en place de la décote. Les femmes sont  particulièrement  touchées  par  la  décote pour cause de travail à temps   partiel   ou   interruption  pour  élever  les  enfants,  et  les bonifications  pour  enfants,  déjà  écornées  en  2003,  sont  mises  en question.   Les  organisations  soussignées  se  prononcent  contre  tout allongement de la durée de cotisations.

L’entrée  dans  la  Fonction  Publique  est de plus en plus tardive. Cela concerne  TOUS  les  personnels,  mais encore plus souvent sans doute les personnels  enseignants-chercheurs  et  chercheurs. Nous rappelons que la période  du  doctorat  correspond  à un travail de recherche et doit donc être  intégrée dans le calcul des droits à la retraite. Il en est de même pour les années de recherche post doctorales.

Beaucoup  de collègues actuellement en poste n’ont pas cotisé durant leur doctorat  et  leur période post doctorale, soit qu’ils étaient sur bourse de  recherche,  sur  libéralités ou sans rémunération. Nous exigeons pour tous  ceux-ci  que les années de thèse, voire de recherche post doctorale soient  prises  en  compte  pour  le  calcul  des annuités dans le régime général  au  même  titre  que  le sont les années de chômage. Ceux qui le souhaitent  doivent  avoir  la  possibilité de valider ces années dans le cadre  du  régime  de  fonctionnaire en rachetant leurs trimestres par le versement de la seule part salarié de la cotisation.

Les  post  doc à l’étranger sont quasiment imposés à de nombreux docteurs avant  l’entrée  dans  la  fonction  publique.  La  validation des années passées   à   l’étranger   doit   également  être  prise  en  compte.  La transférabilité  des  droits  des pays étrangers vers la France n’est pas générale.  Pour  ne  pas  alourdir les difficultés de ces collègues, nous demandons  la  validation  au  cas  par  cas  dans  le régime général des trimestres  travaillés  dans  une  université ou un centre de recherche à l’étranger.  Pour  ceux  qui  ont  récupéré en capital leurs cotisations, cette  validation  doit  se  faire dans le régime de la Fonction Publique moyennant   le  reversement  des  sommes  qu’ils  avaient  perçues.  Nous demandons la négociation rapide d’accords internationaux visant à assurer le portage des droits sociaux entre pays.

De  la  même  manière, l’entrée dans la vie active d’une part notable des ITA  et BIATOS est de plus en plus  tardive, elle est souvent entrecoupée de  périodes  de chômage. S’il est indispensable de garder le principe de l’acquisition  d’un  trimestre  validé  dans  le  régime général pour 200 heures  de  SMIC  horaire  et d’élargir cette mesure aux personnels ayant fait   des   vacations  horaires  en  dessous  des  200  heures,  il  est indispensable  que  les  agents  puissent  partir  avec une retraite leur permettant de vivre et non pas seulement de survivre.

Avec   de  nombreuses  organisations  de  jeunesse,  nous  réclamons  une véritable   prise  en  compte  des  années  d’études  et  de  la  période d’insertion des jeunes dans le calcul des retraites.

Alors  que  le  gouvernement  veut  supprimer  un emploi sur deux dans la Fonction  Publique  et  que les jeunes ont les plus grandes difficultés à trouver  un  emploi,  les  organisations  soussignées  refusent  que l’on contraigne  les plus âgés à rester au travail plus longtemps pour espérer une retraite décente, ce qui augmenterait encore le chômage des jeunes !

Au   moment   où  le  COR  propose  des  simulations  inacceptables,  les organisations  soussignées  appellent  les  personnels  de l’enseignement supérieur  et  de  la  recherche ainsi que les étudiants à participer aux initiatives  pour  défendre  et  améliorer  la  retraite  des  personnels d’enseignement supérieur et de recherche. Elles les appellent notamment à participer aux manifestations unitaires du 1er Mai.

Premières signatures :
CGT (SNTRS, CGT-INRA),
FSU (SNESUP, SNCS, SNASUB, SNEP),
SNPTES- UNSA ,
Solidaires (Sud Education, Sud-Recherche EPST, Sud Etudiant), UNEF