29/03/2013

 
 


Fil d’infos SUAPS-GE 29 mars 2013

Bonjour à toutes et tous,

Dans le contexte d’une situation générale très dégradée avec l’augmentation de la précarité, du chômage et de la pauvreté, les universités sont dans une situation très difficile.

Nous ne pouvons laisser faire !
Il faut se mobiliser pour d’autres politiques
au service de nos missions de service public !

Nombre d’universités sont toujours en difficulté ou en déficit budgétaire, les obligeant à maintenir un gel de nombreux postes (3500 nationalement depuis 2008), ou à en geler dans les dotations reçues pour la rentrée 2013. Une partie des 1000 postes annoncés par la ministre dans le supérieur pour la rentrée sera touchée par cette mesure de gel. Les personnels en situation précaire font les frais de la politique d’ajustement. Les budgets dans les SUAPS subissent bien évidement les contraintes et économies budgétaires imposées par l’insuffisance des dotations de l’Etat notamment sur la question du GVT.
Le SNEP, dans le cadre de l’intersyndicale du supérieur, ainsi que nombre de présidents d’universités, demandent l’abandon des RCE et le retour de la masse salariale dans le budget de l’Etat.

Une loi inacceptable en l’état

Celle-ci est passée en conseil des ministres en mars et sera au débat au parlement le 13 mai.
Le projet de loi ne répond pas aux fortes dégradations subies depuis plus de cinq ans.
Il ne prévoit aucun moyen supplémentaire, n’apporte pas la rupture attendue avec la loi LRU et ne répond pas aux objectifs de démocratisation et ce malgré l’affichage d’améliorer la réussite des étudiants. Il ne comporte aucune programmation des moyens et conduit à des gels massifs de postes et des réductions des offres de formation.
Ce projet aggrave par certains aspects la LRU, par exemple en créant une nouvelle structure intitulée « communauté d’universités et d’établissements » par région, et en lien avec l’injonction « d’attractivité et de compétitivité des territoires ». Cette structure établira un contrat de site avec l’Etat et recevra les moyens afférents aux universités constituant ce grand établissement. La collégialité sera encore plus mise à mal. L’offre de formation et de recherche sera restructurée sur le territoire régional. Ce projet est à mettre en cohérence avec le projet d’acte 3 de la décentralisation qui prévoit un renforcement du rôle des conseils régionaux dans la programmation pluriannuelle des investissements et dans l’instruction de la carte des formations. Nous craignons une accentuation d’un utilitarisme à court terme et d’un « adéquationisme » avec les besoins, les intérêts locaux, économiques et politiques. Ce projet porte un affaiblissement de la régulation nationale et une délégation
vers le niveau régional (voire les métropoles ?), qui aggravera la concurrence entre les régions et les inégalités territoriales.
Le remplacement dans le projet de loi du terme habilitation des diplômes par accréditation (des universités ?) en l’absence de précisions actuellement, fait craindre une remise en question des diplômes nationaux.

Le développement des APSA à l’université

Ce projet de loi n’apporte pas globalement de réponses positives en regard des enjeux des STAPS et des SUAPS pour remplir leurs missions. Il ne permet pas un développement général du sport pour tous les étudiants en l’état. Nos propositions pour cela, faites au comité national des assises de l’ESR et qui avaient été lues avec intérêt aussi par le cabinet de la ministre, ne sont pas à l’ordre du jour de cette loi qui met d’abord et en priorité l’ESR au service de la compétitivité de notre économie. Le rapport du député Le Déaut JY avait abordé la question du financement des SUAPS à travers le droit sport en reprenant quelque peu une piste que nous avions proposée : « la réaffectation d’une partie des droits FSDIE ». La ministre nous renvoie pour le moment à de futures discussions et nous ne manquerons pas de lui rappeler.

C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition contre ce projet de loi, , initié par l’intersyndicale de l’ESR à laquelle le SNEP participe. Dans cette pétition, des propositions sont avancées pour une autre réforme visant la démocratisation et les conditions réelles à mettre en oeuvre pour une vraie réussite des étudiants et à laquelle la dimension des pratiques et des enseignements critiques des APSA doit contribuer. Nous portons une autre conception de service public qui s’oppose à cette politique utilitariste et marchande de la formation et de la recherche.
Le SNESUP-Fsu propose d’ores et déjà une journée nationale d’action et de grève le 13 mai, jour du passage du projet à l’Assemblée nationale.
Le SNEP appellera vraisemblablement à ces actions
. Il faut d’ores et déjà débattre dans chaque SUAPS de ce projet de loi. Nous serons impactés par les restructurations de structures et des offres de formation, entre autres. Un rapport de force est à construire pour d’autres évolutions.

Manifestation à Paris, le 6 avril

Nous vous appelons aussi à participer à la manifestation de tous les syndicats de la FSU à Paris samedi 6 avril pour ces raisons. L’éducation doit répondre aux enjeux citoyens, aux besoins économiques et sociaux. La réussite de tous, la lutte contre les inégalités nécessitent de donner un nouvel élan au service public d’éducation nationale.
Si la loi de Refondation marque des premières avancées (créations d’emplois, rappel des valeurs qui doivent fonder l’Ecole, priorité à l’école primaire …), des manques ou des continuités avec les politiques précédentes ne permettront pas les transformations nécessaires (notamment avec une scolarité obligatoire bloquée à 16 ans).
Manquant de réflexion approfondie, notamment avec les acteurs de terrain, elle ne porte pas une vision transformatrice de l’ensemble du système éducatif, de la maternelle à l’enseignement supérieur, aujourd’hui encore injuste et inégalitaire. A elle seule, et en l’état, cette loi ne suffira pas à démocratiser notre système éducatif.
Le 6 avril, à Paris, nous exprimerons notre revendication d’autres politiques qui mettent fin à l’austérité suicidaire à terme pour notre société, nos services publics dont celui de l’éducation nationale laïque.
Contactez vos responsables SNEP et la FSU départementale pour vous inscrire et/ou soutenir cette manifestation.

Un manifeste pour l’EPS de la maternelle à l’université…

Ajoutons que le SNEP-FSU a décidé de lancer un grand débat dans la profession en s’appuyant sur un projet de « Manifeste pour l’EPS, contribution à la refondation de l’Ecole». Celui-ci est soumis au débat, à la critique de tous, syndiqué et non syndiqué. http://snepfsu.net/manifeste/

Des états généraux de l’EPS pour en débattre publiquement et porter une EPS émancipatrice de la maternelle à l’université vont se dérouler le 24 et 25 mai à Paris. Vous y serez conviés et la question de l’EPS dans le supérieur sera abordée.
Pour conclure, nous aimerions vous annoncer de bonnes nouvelles mais malheureusement selon nos analyses et constats sur le terrain, nous sommes confrontés à des orientations politiques, économiques et sociales avec des mises en oeuvre qui « empêchent » ou malmènent nos missions de service public et nos métiers. Nous n’avons pas d’autres choix que de nous mobiliser si nous ne voulons pas voir les dégradations s’amplifier et une montée de l’extrême droite. Ce pouvoir peut être sensible aux rapports de forces et doit se rendre à l’évidence que « l’on va dans le mur ».
N’oubliez pas de vous syndiquer car le rapport de force passe aussi par cet acte, en sachant que 66% sont déductibles de vos impôts ou si vous êtes non imposable vous recevrez un chèque crédit d’impôt.
Télécharger la fiche de syndicalisation ICI

Bon courage à toutes et tous.

Cordialement
Pascal Anger (pascal.anger@snepfsu.net)