12/01/2012    

 
 

Fin légale des IUFM ? Alerter vos députés et sénateurs !

Le 28 novembre, le Conseil d’Etat a déclaré illégal la suppression du cahier des charges des IUFM, en se référant à l’article L625-1 du Code de l’Education. Il imposait au gouvernement d’entamer une concertation pour régler le problème pour être en conformité avec la loi.
Le gouvernement vient d’apporter sa réponse via le député Grosperrin (UMP).

Pour éviter la concertation exigée par le Conseil d’Etat (passage en CSE, CNESER), J.Grosperrin tente un coup de force et propose de modifier purement et simplement l’article L625-1 du Code de l’Education.
http://www.snepfsu.net/ftp2/peda/fde/Grosperrin_projet_loi.pdf

J.Grosperrin affirme que c‘est une « simple mesure technique pour faire en sorte que le Conseil d'État puisse être satisfait», mais qu’il veut cependant faire passer « en urgence » (procédure accélérée) devant les députés le 8 février ! Ce sont au contraire, des modifications essentielles.

Ainsi, il propose de remplacer la phrase « la formation des maîtres est assurée par les IUFM » par «elle est assurée notamment par les universités ». Cette phrase permet de supprimer définitivement toute trace des IUFM dans la loi. Leur existence ne serait plus liée qu’au bon vouloir des universités, qui elles mêmes sont autonomes. On peut donc imaginer des académies où la formation des enseignants ne serait plus assurée ou uniquement par des officines privées. A cela Grosperrin ose répondre : « Bien sûr, des officines privées pourront être tentées d'investir le créneau, mais elles ne seront jamais habilitées par le MEN et le MESR » (AEF, 19 janvier 2012). Sans cadrage législatif, on sait d’avance que ces dérives existeront !

Il propose de supprimer toutes les phrases Il propose également de supprimer toutes les phrases qui rendaient obligatoire la formation professionnelle après le recrutement. Enfin, il remplace le cahier des charges des IUFM (nécessitant un avis du HCE) par un référentiel arrêté par les ministres de l’EN et MESR, supprimant au passage l’obligation d’ « alterner des périodes de formation théorique et des périodes de formation pratique ». C’est donc l’ensemble du cursus de formation qui est mis à mal.

Sur le fond comme sur la forme, nous ne pouvons accepter cela ! La FSU et de nombreux syndicats ont réagi vivement en appelant tous les élus de l’assemblée nationale et du sénat à ne pas voter cette loi le 8 février prochain.

Nous devons relayer cet appel. Si on peut espérer convaincre assez facilement le Sénat qui est à gauche, l’assemblée nationale est à droite et c’est elle qui, en dernier ressort tranchera. Nous devons aussi préparer l’avenir en contactant les candidats aux élections.

Le SNEP-FSU appelle donc les enseignants d’IUFM à se mobiliser pour alerter le maximum de députés et faire en sorte qu’ils rejettent ce projet de loi.

Vous trouverez ci-joint un modèle de lettre à leur envoyer ans les meilleurs délais.

Nous avons besoin de réaffirmer haut et fort que les UFM et le potentiel de formateurs constituent un patrimoine qu’il convient de renforcer, une structure dont il faut mieux définir les contours et les missions dans l’Université. Leur disparition serait un nouvel affaiblissement du service public d’éducation et de la formation de ses personnels.

Bon courage à tous et toutes, cordialement Claire Pontais Les réactions au projet de loi Grosperrin FCPE :
http://www.fcpe.asso.fr/index.php/actualites/item/266-nouvelle-attaque-contre-la-formation-des-enseignants

FSU (dont le SNEP)
http://www.snepfsu.net/ftp2/peda/fde/comdepresseFSU_Grosperrin.pdf
Médiapart :
http://www.mediapart.fr/article/offert/3670e8b87269879a8ed603078ead2b0a

 

 

Bien cordialement,
Claire Pontais