09/09/2011    

 
 

Cher-e-s collègues,

J’espère que votre rentrée se passe bien malgré tous les obstacles que notre gouvernement s’acharne à mettre sur notre chemin !

Voici quelques nouvelles en vrac pour le secteur formation et IUFM

Rapport Grosperrin retoqué
Vivement contesté par les syndicats, le rapport du député UMP a été retoqué par la commission des affaires culturelles de l’assemblée nationale. Il envisageait la suppression des concours à l’horizon 2025, ce qui aurait permis aux recteurs de recruter eux-mêmes leurs personnels, ouvrant la voie au clientélisme et à la mise en concurrence des établissements. Du coup le texte a été retoqué, ce qui signifie qu’une partie de la droite a voté contre. C’est une bonne nouvelle.

Postes au concours
Partout les conditions de travail se dégradent suite aux suppressions de postes et conséquences de la mastérisation. 14 000 suppressions sont encore prévues pour l’an prochain. Dans les concours second degré, pratiquement 1000 postes ont été non pourvus, dont 200 en maths, faute de candidat-es.

Le CAPEPS, avec 600 postes et une augmentation de 8%, est une exception qui résulte d’une bataille acharnée du SNEP (notamment la chasse aux postes cachés sous forme d’HSA). C’est encore insuffisant pour remplacer les départs en retraite. http://www.snepfsu.net/concours/index.php  D’après le ministère, les inscriptions au CAPEPS 2012 baissent légèrement (-1,2%), tandis que les inscriptions à l’agrégation augmentent de 42% (à confirmer très prochainement).

CRPE
L’épreuve EPS, couplée à celle de maths, a donnée lieu dans certaines académies à des problèmes de jurys (pas de spécialiste). Comme prévue, la danse a été moins choisie du fait d’un barème de 1500m très favorable (environ 40% de notes 20). La différence de barème entre hommes et femmes s’est accentuée au détriment des hommes. La règle des dispenses a été largement utilisée par les candidat-es et le sera probablement encore plus l’an prochain. Le SNEP souhaite faire évoluer les choses pour éviter de décrédibiliser totalement cette épreuve et de redonner de la cohérence entre préparation physique et entretien. Merci de nous faire remonter vos infos et analyses sur le sujet pour que nous puissions intervenir en connaissance de cause.

CAPEPS 2011
Cette première édition du CAPEPS a été marquée par une centaine d’étudiants éliminés à cause d’un zéro aux épreuves physiques (notamment escalade et CO). Le SNEP a proposé un questionnaire aux étudiants et formateurs dès la fin du concours, vous serez bientôt destinataire de notre analyse.
Sondage IPSOS sur les stagiaires : mensonges et politique de l’autruche
http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/ipsosmenjvaenseignantsstagiaires2011.pdf. Le titre donne le ton “ les stagiaires 2010-2011 globalement satisfaits de leur année scolaire » ! La suite est à l’avenant. Les pourcentages liés à « la facilité » avec laquelle les stagiaires seraient entrés dans du métier sont mis en avant : par ex, « 31% jugent que c’était facile de délivrer des cours de qualité, 16% que c’était facile d’accompagner les élèves en difficulté » ! Cette manipulation honteuse de l’information tient désormais lieu d’arguments politiques dans tous les domaines. Mais, si on regarde dans le détail, ce sondage est bien d’un désaveu cinglant de la politique menée sur la formation. Heureusement, malgré les mauvais coups, les jeunes enseignants ne regrettent pas d’avoir choisi ce métier, mais ce sondage souligne les difficultés importantes qu’ils ont rencontrées pour tout ce qui fait le cœur du métier : 70% ont trouvé difficile de préparer et donner des cours de qualité, 68% qu’il était difficile de gérer leur emploi du temps. 69% des anciens stagiaires ne sont pas satisfaits « de leur possibilité de formation », ni du contenu des formations et journées d’accueil (73%). Malgré les difficultés, l’aide des tuteurs a été plutôt bien perçue (60% de satisfaits), mais sans qu’on puisse distinguer 1er et 2nd degré alors que les situations étaient très différentes. 83% des stagiaires souhaitent une poursuite de la formation.
Ce sondage ne perturbe pas Luc Chatel qui persiste et supprime les décharges de service, notoirement insuffisantes, qui existaient l’an dernier et diminue le volume de formation. C’est évidemment le contraire qu’il faudrait faire !

CLES2 et C2i2e
Suite à notre intervention de juin pour dénoncer la situation notamment en STAPS, la commission nationale CLES estime que « prolonger le moratoire de deux années universitaires permettrait de maintenir l'exigence d'une certification en langues de niveau B2, tout en donnant aux universités retardataires le temps d'achever la mise en place des enseignements et des certifications ». « Un étudiant s'engageant aujourd'hui en M1 (rentrée 2011-12) disposerait ainsi de deux années maximum pour se mettre en conformité avec les décrets. Ce délai est humain et raisonnable mais ne devrait pas être prolongé au-delà sous peine d'entamer définitivement la crédibilité du nouveau dispositif »
De son côté, l’IG EPS demande elle aussi un moratoire de 4 ans (audience IG- SNEP, 7 juillet). La CPU également. Si on fait le bilan, personne n’est pour le maintien en l’état de cette mesure injuste, qui stresse et coûte aux étudiants.
Personne, sauf Chatel (et Pécresse, maintenant Wauquiez ?) qui persiste et signe : «Concernant les pré-requis qui sont désormais nécessaires pour être nommé professeur stagiaire, votre inquiétude, si je l’entends, me parait aujourd’hui pouvoir être apaisée. Après une année transitoire et un moratoire d’un an (..) Les deux ministères, EN et ES, ont mis à profit cette année pour s’assurer que les formations nécessaires à l’obtention de ces certificats seraient proposées à l’ensemble des étudiants préparant le concours enseignants. Je puis vous assurer que c’est le cas ». Il oublie juste de dire que si les formations existent, elles ne permettront pas d’obtenir le niveau demandé !
Nous continuons d’intervenir, mais pour gagner, il faut inciter les étudiants à écrire au ministre, à leur député, au recteur, individuellement et collectivement. L’enjeu est de faire reculer le gouvernement qui devra assumer son inconséquence à la rentrée 2012 quand des milliers de reçus au concours ne pourront présenter leurs certificats.
Oralement, le MEN a dit qu’il ferait un bilan en décembre et s’il y a vraiment trop de problèmes, un moratoire pourrait être décidé au cours de l’année. Il faut donc trouver toutes les façons de faire remonter les « problèmes » avant décembre.

Masters en alternance
Les Recteurs ont réussi à afficher l’expérimentation de masters en alternance (un millier d’inscrits dans 14 académies selon Chatel, ce qui n’est pas véritablement un franc succès). Après avoir supprimé l’alternance qui existait avec les PLC2, il est quelque peu honteux de « communiquer » là-dessus. Le but est simple : chercher à légitimer la suppression de l’année de stagiaire à mi-temps. D’autant que la plupart du temps, il s’agit d’une fausse alternance. Partout, cela s’est fait dans la précipitation. Derrière l’appellation, il y a différentes réalités.

-    Pour les PE, ils sont proposés aux M1 ou au M2, à partir de la rentrée ou après les écrits, chez
des PE maîtres formateurs ou chez des maîtres d’accueil. Dans certains cas, la partie master est tronquée sur les enseignements (EPS, Arts et techno en pâtissent), dans d’autres sur la recherche... Il faut prendre le temps de bien étudier tous les cas pour porter un jugement qualitatif.
- Pour les étudiants CAPEPS, nous allons rapidement faire une enquête pour mieux connaître les conditions de mise en place.
Les conditions d’emploi, de salaire et de conservation de bourses sont aussi à étudier. Des actions concertées avec les étudiants s’imposent.

Diplômes universitaires
Un des grands problèmes posé par la « mastérisation » est l'impossibilité, en principe, de pouvoir re­préparer le concours d'après les règles LMD. Reste la possibilité, déjà mise en œuvre dans certains UFR, de mettre en place des DU dont la particularité est qu'ils sont financés par l'université, donc, par les frais inscriptions des étudiants. Certains DU coûtent cher. D'autres, par un savant bricolage, beaucoup moins. Il existe des DU en « alternance ». Nous sommes preneurs de toute information sur la résolution du problème dans votre université.

Effectifs IUFM
Nous n’avons pas encore d’informations définitives. Il semble que les effectifs baissent encore. L’existence de certains centres IUFM est de plus en plus menacée. Voir la pétition du centre de Metz. http://www.mesopinions.com/non-a-la-fermeture-du-site-de-l-iufm-de-metz-paixhans-petition­petitions-6f5251a751c0d00434accc016a4414ef.html

Affectations dans le Sup : attention nouveauté
Les postes vacants pour la rentrée 2012 ne seront plus publiés au BO de novembre mais consultable
sur le site du MESR intitulé galaxie :
(https://www.galaxie.enseignementsup-recherche.gouv.fr/ensup/candidats.html, ceci à partir du 1er octobre. Chaque université doit inscrire ses postes vacants et ses modalités de recrutement sur ce site. A consulter absolument les règles et procédures de la campagne d'affection qui sont définies par la note de service n°2011-088 du 21 juin 2011 (BOEN et BOESR du 30 juin 2011).

Arrêté licence
Le nouvel arrêté « licence » a été publié en catimini au journal officiel le 11 août 2011.
Le CNESER s'était prononcé contre. Ce nouvel arrêté pose des problèmes sans précédents : compensation des UE, ancrage sur le socle de compétences, mise en place d'un référentiel de compétences, augmentation des volumes horaires sans moyens nouveaux... Lire  le JO

Bon courage à toutes et tous. Cordialement,
Claire Pontais