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Paris, le 28 novembre 2008

Programmes voie professionnelle :
Le SNEP propose et obtient des améliorations du texte.

Le CSE (conseil supérieur de l’éducation) chargé d’examiner les programmes d’enseignement général de la voie professionnelle s’est tenu le 27 novembre 2008. Situation quelque peu ubuesque puisque la précipitation ministérielle amène à faire écrire et voter des programmes sans que soient connus les horaires disciplinaires des baccalauréats professionnels en 3 ans pour lesquels ils sont écrits ! C’est pour partie ce qui a amené nombre d’organisations, dont les syndicats de la FSU, à s’abstenir sur les programmes présentés.

Concernant le programme d’EPS, Serge Chabrol est intervenu :
D’abord pour noter le souci de concertation du groupe chargé de la rédaction du programme, piloté par JP Barrué, IG. Tout au long du processus d’élaboration, nous avons été consultés et avons pu faire des propositions. Bon nombre ont été prises en compte ; par exemple :

  1. des formulations qui, cherchant à caractériser les publics, nous semblaient stigmatiser les élèves de LP, notamment les filles, ont été revues ;
  2. un chapitre proposant de centrer l’enseignement en seconde sur la méthodologie (pacifier avant d’enseigner en quelque sorte !) a été supprimé ;
  3. un temps de « 10 heures de pratique effective » a été précisé pour chaque cycle d’apprentissage ;
  4. un chapitre sur l’AS apparaît ;
  5. diverses formulations ont été retravaillées.

Mais il subsistait, dans le texte proposé au final, plusieurs points qui ont amené le SNEP, en CSE, à défendre un certain nombre d’amendements déjà déposés à la commission spécialisée lycées (CSL) chargée de préparer les travaux du CSE.
Le principal désaccord avec l’avant projet portait sur la volonté du groupe de rédaction de passer de la notion, certes insatisfaisante, mais stabilisée dans la profession, d’APSA, à celle d’APSADES (activités physiques, sportives, de développement et d’entretien de soi). Il développait l’idée que seules certaines APSA seraient intrinsèquement porteuses du développement et de l’entretien de soi. Le SNEP conteste cette affirmation. Que serait une APSA qui dans le cadre scolaire notamment, ne participerait pas du développement de l’individu ?. (Voir lettre adressée à l’IG et à la Dgesco il y a quelques semaines à ce propos). Sur ce point, la proposition du SNEP de retour à APSA a été prise en compte et la formulation initiale de l’introduction du chapitre sur les APSA (initialement insatisfaisante) a été revue.
La référence aux rencontres inter AS qui était absente du chapitre sur les AS est intégrée.
Une meilleure formulation évite le zapping d’activités qui ne permet pas stabilisation des apprentissages et progrès réels des élèves.

Enseigne-t-on en EPS ?
Sur un point, le SGEN a contesté un amendement que le SNEP avait déposé et que J.P.Barrué était d’accord pour intégrer. Nous souhaitions dans le paragraphe sur « la finalité » que le mot « enseignement » apparaisse pour éviter que ne soient affichées que les « pratiques des APSA ».
Nous avions déjà eu ce débat pour le programme collège où une phrase du projet de préambule disait : « par la pratique d’APSA, l’enseignement de l’EPS garantit à tous les élèves une culture commune ». Nous avions proposé : « par l’enseignement et la pratique des APSA, l’EPS garantit… » et M.Volondat, IG, avait retenu : « par la pratique scolaire d’APSA, l’enseignement de l’EPS garantit… ».
Pour les LP, c’est cette dernière formulation que nous avions proposée dans une phrase approchante définissant la finalité : « La finalité de l’enseignement de l’EPS, est de former, par la pratique scolaire des APSA, un citoyen cultivé, lucide, autonome, physiquement et socialement éduqué ». Le SGEN a contesté l’emploi du terme enseignement et celui-ci a finalement été retiré ! Comme l’a dit Serge Chabrol au CSE, si les profs ne peuvent enseigner l’EPS, ni enseigner les APSA (qui, d’après l’IG, ne s’enseignent pas mais ne sont que des supports d’enseignement), on se demande ce qu’ils enseignent, … peut être uniquement des compétences transversales !

Le nombre et l’importance de certaines propositions du SNEP, intégrées, améliorent notablement le texte par rapport aux avant projets, y compris celui soumis à consultation (rapide) de la profession. Pour autant ne sont pas réglés à travers ce programme, des désaccords que le SNEP exprime avec les rédacteurs successifs des différents programmes depuis plusieurs années, notamment sur la définition des compétences, leur articulation, sur le lien maintenu de fait entre groupes d’APSA – APSA – compétences qui fait des compétences propres plus une classification qu’une définition de compétences générales (de ce point de vue, certains chapitres du texte de 2002, que les rédacteurs n’ont pas souhaité reprendre, étaient meilleurs que l’écriture retenue en 2008). Nous notons toujours des insuffisances dans la définition des compétences attendues qui ne nous semblent pas suffisamment révélatrices de niveaux d’exigences attendus dans les activités programmées.
Enfin, la question des horaires non définis actuellement pour permettre l’application de ces programmes en bac pro 3 ans se pose, comme pour les autres disciplines.

C’est pourquoi le SNEP et les autres syndicats FSU, tout en saluant les efforts d’intégration, par les rédacteurs, de certaines propositions, se sont abstenus sur ce texte, suivis par la CGT et la FCPE (qui regrette l’absence de référence à l’ergonomie) ; FO votant contre et les autres organisations pour (au nom des efforts de concertation, mais sans intervenir sur le fond !).

Serge Chabrol

 

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