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Le 17/05/03

(Ce texte a été conçu pour introduire le débat au Conseil National du SNEP du 16/05/03)


Le développement de la situation actuelle nous amène à repréciser les principes qui nous ont animés sur la question du Bac EPS et à reconsidérer les formes de notre intervention pour le ne pas s'enfermer dans des visions à court terme qui pourraient être préjudiciables à la discipline et aux élèves. La défense de ces principes, issus de nos mandats de congrès, a abouti à un texte faisant l'accord des différentes parties engagées (institution/partenaires sociaux) et voté au CSE. Il s'agit de l'arrête d'avril 2002 régissant les nouvelles modalités des épreuves du Bac. Nous avons dans le même temps demandé des moyens (indemnités, formations…) pour mettre en œuvre ces nouvelles orientations.
Il s'agissait essentiellement de mieux ancrer l'EPS dans le dispositif du Bac général, en lui donnant un cadre national qui faisait défaut jusqu'alors. Il s'agissait encore de garantir une meilleure équité pour les élèves en affichant clairement la nature des épreuves et des attentes en terme de compétences, en cohérence avec les programmes. Il s'agissait aussi de mettre en place un jury d'examinateurs pour rendre l'attribution de la note plus officielle et solennelle et éviter ainsi les contestations possibles. Il s'agissait, pour terminer, de raccourcir le temps d'évaluation pour le remettre à sa juste place : un moment qui vient " ponctuer " un cycle de formation.
Notre responsabilité syndicale est bien-sûr de tenir notre mandat, mais aussi d'analyser précisément les mises en œuvre et en particulier vérifier que celles-ci ne sont pas contradictoires avec les principes défendus. Dès la publication de la note de service nous avons fait part à l'administration et à la profession de notre désaccord : certaines propositions ou formulations (co-évaluation, correspondance compétence/groupes d'activité…) allaient à l'encontre de l'esprit de l'arrêté et des programmes. Par ailleurs nous avons souhaité qu'une véritable année d'expérimentation soit programmée pour s'assurer de la faisabilité de l'opération. Nous n'avons pas été entendus.
Aujourd'hui la situation est évidemment plus complexe puisque toute une classe d'âge est engagée sur le nouveau Bac et que les élèves ne doivent pas être pénalisés par les dysfonctionnements de l'institution. Et comme souvent, c'est sur les enseignants que repose in fine la responsabilité de la bonne marche du système.

Il faut se dégager des pressions et des aménagements à court terme : s'il convient de répondre ici et maintenant aux problèmes concrets il faut aussi lancer des pistes de réflexion et faire des propositions pour l'avenir.
Pour une part, certaines propositions, en particulier à cause du manque de moyen, ont produit des effets inverses de ceux attendus. La gestion de la co-évaluation par exemple, par le refus d'indemniser les enseignants et reconnaître ainsi le travail supplémentaire fourni, ont amené les enseignants à trouver des solutions qui ont majoritairement conduit à diminuer les temps d'apprentissage et augmenter la complexité de l'observation/notation. Par ricoché, ceci nous conduit à interroger de façon plus approfondie plusieurs points qui échappent aujourd'hui à la discussion : le nombre d'activités (3) qui s'avère très contraignant, ne laissant aucune latitude dans l'année pour la gestion du temps d'apprentissage, et la nature même du contrôle en cours de formation qui, nombre de collègues commencent à en parler, s'avère ne pas être forcément la solution la plus adaptée à notre discipline (une vraie part de contrôle ponctuel, une vraie part de contrôle continu…). Les errements et les bricolages autour des référentiels, sans explication ni transparence interrogent également le contenu et le processus d'élaboration des productions institutionnelles et tendent à décrédibiliser la discipline. Enfin, dans un contexte où l'on nous présente la décentralisation comme le nec plus ultra de la gestion efficace de l'école, on doit faire le constat de les disparités dans l'accompagnement des mesures selon les académies criantes et parfois désespérantes : ici on nous demande de remettre les notes attribuées aux élèves en l'état, là on nous demande une première harmonisation dans l'établissement, ici nous avons des logiciels pour rentrer les notes, là rien n'est prévu… 

Nous avons produit deux documents (disponibles sur notre site internet, envoyés à la DESCO, à l'IG ainsi qu'à tous les IPR) depuis le début de l'année pour participer à un travail constructif sur l'avenir du Bac EPS. Nous n'avons à ce jour aucune réponse aux questions que nous posons. Pire l'attitude du ministère pourrait nous conduire à un choix de notre point de vue suicidaire : ou tout accepter en bloc ou tout refuser.
Nous refusons ce " marché " implicite et gardons à l'esprit l'orientation qui est la nôtre depuis le début : être fermes et exigeants à la fois sur les principes et les mises en œuvres concrètes.

Nous souhaitons réengager le débat, avec la volonté de notre part d'envisager toutes les alternatives possibles, sans exclusive, sur, au moins, les sujet suivants:
- les méthodes de travail pour progressivement mettre en place des référentiels adaptés ;
- la nature et la forme que doit prendre la "co-évaluation" (dont nous récusons actuellement l'appellation qui ne correspond pas à l'esprit des programmes) ;
- le nombre d'activités à évaluer ;
- les barèmes (point largement sous-estimé actuellement)
- les garçons et les filles ;

Par ailleurs, le syndicat mettra tout en œuvre pour trouver les modalités d'action adéquats dès la rentrée prochaine pour refuser l'attitude du Ministère face à la question des moyens nécessaires, en particulier pour faire fonctionner le jury d'examinateurs. Compte tenu du fait qu'il s'agit du Bac, nous allons questionner nos partenaires syndicaux, les parents d'élèves pour présenter sur ce sujet un front plus large. Il faudra également définir plus précisément nos attentes en matière d'accompagnement de la réforme : l'urgence a été invoquée cette année, elle ne pourra plus l'être l'année prochaine. La FPC doit aussi être développée pour, non pas informer les enseignants de la "bonne" marche à suivre, mais réellement associer tous les professionnels à la construction et au développement de l'évaluation dans la discipline.