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Le 24/05/02

MONSIEUR Luc FERRY
Ministre de la Jeunesse, de l'Education Nationale et de la Recherche
110 rue de Grenelle
75007 PARIS

Monsieur le Ministre,

Le SNEP a souhaité que l'évaluation de l'EPS aux baccalauréats généraux et technologiques évolue dans le sens d'une plus grande égalité des candidats devant l'examen national et celui d'une culture commune renforcée au lycée.
Votre prédécesseur a entendu nos arguments et a demandé la mise en place d'un référentiel d'épreuves nationales, la redéfinition des procédures d'évaluation, ceci, dans le cadre d'un contrôle en cours de formation maintenu.
Au CSE, le SNEP a voté pour un projet d'arrêté qui à une exception près importante, répondait à l'esprit des diverses discussions engagées depuis plusieurs mois entre les différents partenaires sociaux et votre administration.
L'arrêté relevait de fait d'un consensus professionnel. Des débats au CSE, ressortait l'idée que la circulaire d'application non présentée à cette instance s'inscrirait dans la logique de l'arrêté.

Or, après une dernière discussion avec la DESCO, nous nous trouvons devant une circulaire qui rompt, à nos yeux, avec l'esprit mais aussi avec la lettre de l'arrêté.
Les ultimes amendements proposés par le SNEP sont refusés. Ils avaient pour objet d'articuler un cadre national fort à un espace local ouvert du point de vue de la mise en œuvre pédagogique, en cohérence avec le contenu de l'arrêté. La circulaire restreindra ou empêchera en effet la souplesse que les collègues réclament au regard de l'extrême hétérogénéité de leurs conditions de travail. Elle induira une réduction arbitraire des programmes d'activités physiques, sportives et artistiques et fera disparaître certaines organisations locales pertinentes.

Mais au-delà de cette question professionnelle déterminante, la circulaire s'arroge par ailleurs le pouvoir de régler par la voie administrative des questions d'ordre théorique non tranchées par les programmes et encore moins par l'arrêté. Nous citons (arrêté du 27.7.01 relatif au programme d'EPS du cycle terminal) : " Les programmes du lycée sont confrontés au choix des compétences attendues et à l'équilibre des activités programmées. Le problème de la correspondance entre les types de compétences et les APSA, est donc posé. Les travaux sur cette correspondance devront se poursuivre et mobiliser de façon concertée à la fois les experts, les enseignants, la recherche ".
La circulaire, pour des raisons contestables de " mise en œuvre fonctionnelle ", établit de fait des " correspondances " discutables entre les types de compétences et les APSA. C'est une façon inadmissible de clore une réflexion en cours.
Nos collègues ont aujourd'hui besoin d'avoir en leur possession les textes leur permettant d'organiser concrètement le nouveau baccalauréat. Le temps presse. Nous ne voulons pas, comme syndicat, retarder cette mise en place en exigeant de nouvelles concertations pourtant légitimes. Nous prenons acte toutefois de la volonté de votre administration de rompre avec ce qui faisait consensus et de ne pas prendre en compte les propositions de la première organisation représentative de l'EPS.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de nos sentiments les meilleurs.

Jean LAFONTAN,
Secrétaire Général
Christian COUTURIER,
Responsable National
Alain BECKER,
Secrétaire National