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BAC 2003

Une rentrée difficile : signer l'adresse au ministre

Les équipes de lycées sont confrontées à mise en place concrète du nouveau Bac. Dans un délai record puisque l'arrêté a été voté en mars dernier, mais la circulaire d'application n'a été publiée que fin juin. Nous avons évidemment dénoncé une situation qui déjà marquée par une insuffisance de consultation des collègues, débouche aujourd'hui sur l'urgence et l'absence de sérénité. Nous avions anticipé les difficultés qui ne manquent pas aujourd'hui d'apparaître, en particulier sur l'inexistence de moyens pour faire fonctionner le nouveau système dans de bonnes conditions. Nous avons alerté le nouveau ministre sur cette situation dès le mois de juillet, en demandant notamment que des heures (HSE ou indemnités d'examen) soient allouées aux établissements. Face au silence actuel de l'administration, nous proposons une pétition qui, pour être efficace, devra être signée par le plus grand nombre. Nous recevons actuellement beaucoup de courriers de collègues mécontents de la situation. Ces courriers font apparaître plusieurs types de problèmes que nous soumettons au débat, avec pour chacun des types de solutions possibles. Pour notre part, nous considérons que cette année est une année test et qui doit permettre des évolutions, après une analyse sérieuse et une écoute attentive des remarques de la profession.

Types de problèmes Solutions possibles pour l'avenir
Deux examinateurs : 

Cette mesure, à nos yeux, est juste sur le principe : il s'agit de garantir l'équité de la notation en EPS dans un examen national et de réduire la solitude du notateur. Mais la mise en place concrète pose des problèmes qui ne pourront être solutionnés sans moyens et sans une attention particulière des administrations locales (installations sportives, convocation et rémunération des collègues, organisation des études dans le lycée).

 Pour l'année en cours, il est incontournable d'obtenir des moyens, pour faire fonctionner le dispositif et ne pas amputer le temps d'apprentissage des élèves. La question de l'égalité des élèves devant la notation est centrale. Elle est elle-même fondatrice de la présence de l'EPS dans le dispositif de certification que constitue le baccalauréat. Quelles sont donc les conditions nécessaires à la mise en place de la double évaluation ? Il faut recenser les propositions des collègues, les difficultés qu'ils expriment, éventuellement élaborer des alternatives tout en respectant le principe d'équité des notes qui s'impose. En tout cas le débat est ouvert.
Nombre d'activités :

La liste nationale restreint à 27 les activités à évaluer (3 y figurent par ailleurs 2 fois : tennis de table, badminton, danse en individuel et en collectif). Est-elle la plus pertinente qui soit ? (quid de certaines activités retenues ? Quelle culture commune induit-elle ?). Par ailleurs, nombre d'académies soit n'ont pas défini à ce jour de liste académique, soit n'utilisent pas les 4 possibilités qui sont offertes par l'arrêté. Il s'ensuit qu'un nombre non négligeable de lycées doivent reconsidérer totalement leur programmation, au détriment d'APSA bien implantées.

Il faudra probablement revenir sur la liste nationale, en tout cas la reconsidérer en fonction d'activités qui pourraient disparaître de la liste actuelle, d'autres y entrer, éventuellement revoir le nombre d'APSA qui la constitue. Par ailleurs, la conception de la liste académique doit être revue. Elle doit procéder d'un travail collectif, d'une consultation non réduits aux " experts académiques ". La limite de 4 n'a rien de fondamental. Il ne peut s'agir d'un dogme, comment d'ailleurs le justifier ? La question du nombre est secondaire, l'enjeu est la pertinence didactique et pédagogique, la potentialité éducative des APSA proposées et fondamentalement leur labellisation comme contenus nationaux possibles. 
Nature des épreuves :

Visiblement, les productions des experts sont inégales, tant sur le fond des propositions que sur les barèmes. Bien sûr, il faudra expérimenter, mais d'ors et déjà on peut répertorier ce qui pose problème :- sens de l'activité. A cet égard, nous sommes toujours en attente des " fiches explicatives " prévues par la note de service et qui devraient permettre d'entrer et de comprendre les propositions des experts (pour mieux les contester éventuellement)- choix discutables (1 seule épreuve en athlétisme alors que la profession faisait pratiquer le plus souvent un bi ou un triathlon. Différenciation du saut de cheval)- épreuves qui apparaissent déjà trop exigeantes ou trop faciles

Il s'agit-là du débat de fond le plus important, qui dessinera, ou non, une perspective pour le développement physique des élèves en fin de second cycle. Les procédures de régulation (commission académique si elle fonctionne correctement) devront jouer à plein pour que la fin de l'année 2003 devienne un moment fort de débat professionnel, pour arriver le plus rapidement possible (dès 2004 ?) à des épreuves les plus pertinentes possibles, à de vrais compromis professionnels.
Un prof/un ensemble d'activité :

Cette mesure est apparue dans la note de service, elle n'existe pas dans l'arrêté. Pourquoi ? A partir de quels arguments ? Nous n'avons pas de réponse actuellement. Mais nous avons critiqué cette contrainte qui limite les possibilités offertes à un élève.

 Ce dispositif n'étant pas présent dans l'arrêté, certains collègues nous ont déjà fait part de leur décision de ne pas l'appliquer… dans le souci d'offrir le maximum de choix. Il faudra en tout cas peser pour que cette possibilité ne soit pas une obligation.
Recueil des performances :

Nous avons déjà écrit qu'un réel bilan ne sera valable que s'il se fait sur la base des performances réelles des élèves dans les épreuves proposées. Pour l'instant, malgré nos demandes, nous ne savons pas ce qui sera prévu à cet effet, ni surtout si c'est envisagé par l'administration. 

C'est un point délicat et difficile à mettre en œuvre, mais il nous paraît incontournable pour mettre en place de véritables barèmes. L'intérêt sera triple : affichage pour les élèves, limitation du temps de notation, définition plus précise du niveau de compétence moyen attendu.Il faudrait rapidement que des outils informatiques soient développés pour un recueil à grande échelle et que la collectivité de données soit organisée dès à présent.