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Arrêté modificatif du CCF en EPS au BAC G et T
CSE du 8 décembre 2011

Au CSE du 8 décembre 2011, était examiné un nouveau projet d’arrêté sur l’évaluation en EPS au Bac G.T. Ce texte découle des nouveaux programmes (par exemple passage à 2 épreuves en option facultative) et impose des menus avec 3 APSA issues de 3 compétences propres. Exit donc la possibilité de menus avec badminton et handball, avec natation de vitesse et lancer de disque, avec escalade et natation sauvetage !
A noter que contrairement  à ce qui s’est déroulé pour tous les autres textes examinés dans les autres disciplines à ce CSE, l’IG d’EPS n’a pas fait de présentation du texte.   

Intervention SNEP (Serge Chabrol)
On vient de nous donner à l’instant 3 pages d’amendements faits par la Dgesco au texte envoyé avant cette réunion. Ce n’est pas sérieux car cela ne permet pas aux membres du CSE une étude approfondie des évolutions du texte, même si vous nous dites qu’il s’agit de réécritures qui ne changent pas le sens. Une remarque, je constate par contre que l’amendement que le SNEP vous avait demandé d’intégrer ne l’est pas !!

La note de présentation dit qu’il s’agit de simplifier les modalités d’organisation du CCF, cela n’est pas certain, le texte d’arrêté présenté aujourd’hui est certes moins long que le précédent, mais il n’est pas évident que la note de service qui précisera les choses pourra l’être.
Simplifier et rationaliser les épreuves notamment facultatives, pas certain non plus puisqu’on passe de une à deux épreuves.
D’ailleurs des choses devront être précisées dans la note de service, dont vous venez de dire qu’elle fera l’objet d’un travail avec les organisations représentatives début janvier :
Par exemple, les deux épreuves en option facultative ont-elles le même coefficient ? En effet, les options facultatives ayant un objectif de spécialisation, un coefficient différent pourrait être envisageable.

Première remarque d’importance, sur la méthode de travail : on nous présente un nouvel arrêté sans qu’il y ait eu une analyse fine de ce que produit le CCF actuel, sans qu’on ait interrogé les collègues sur les évolutions souhaitables. Eux sont, pour l’essentiel, préoccupés par les référentiels d’évaluation, les niveaux et exigences demandés, les compétences attendues. Et quand ils constatent la différence des notes en volley ball entre filles et garçons, ils s’interrogent à la fois sur le travail didactique à mener et sur les exigences portées par les référentiels. Là est le débat intéressant qui devrait être mené, et le projet d’arrêté ne répond pas à cela.
Autre exemple, l’idée de valider la pratique personnelle de sportifs de haut niveau est compliquée et problématique. Le texte semble dire que l’on valide une pratique et un niveau acquis ailleurs qu’à l’école et dans des activités qui débordent des listes nationale et académique d’activités valables pour les autres élèves. C’est un peu comme si on validait la pratique théâtrale extérieure à l’école d’un élève en épreuve facultative de littérature, où le haut niveau en activité Echec d’un élève en maths.
De plus quel jury va être à même de valider les compétences d’un sportif de haut niveau en parachutisme, saut à ski ou golf ?
Quant à l’évaluation d’un jeune officiel de l’UNSS sur quoi fait-on porter son évaluation, sur sa capacité à arbitrer le match ou sur ses connaissances et compétences en jeu ce qui fait l’essentiel de la note dans les évaluations des élèves en EPS ?
Nous considérons qu’avant d’intégrer de telles orientations, il aurait fallu les proposer à la profession, en débattre. Tel n’a pas été le cas !

Je reviendrai sur quelques arguments avancés par l’IG à la commission spécialisée lycées:

Argument de la mise en cohérence

Il serait valide si les propositions avaient fait l'objet d'un consensus. Le SNEP, seule organisation réellement représentative de l'EPS, avec 85% des voix aux élections professionnelles, était contre les programmes lycées justement pour des questions de cohérence : la fameuse matrice disciplinaire n'est pas cohérente, ni du point de vue pratique, ni du point de vue théorique, et ne repose donc que sur une idéologie dont les contours ne sont pas clairement affichés. Nous ne pouvons accréditer l'idée d'une cohérence bâtie sur de l'incohérence. D’ailleurs le SNEP note que l’IG reconnait le manque de crédibilité scientifique de l’actuelle classification par les CP et CM puisqu’elle a demandé aux UFRSTAPS de faire des travaux de recherche sur les classifications pour que les prochains programmes puissent être assis sur une meilleure cohérence. Mais le problème n’est pas là puisque que la classification et les mesures prises autour ont une assise essentiellement idéologique consistant à vouloir diminuer les activités injustement qualifiées « d’affrontement » ou encore « d’opposition »
Quant à la cohérence affichée avec le bac professionnel, rappelons que :

  1. le SNEP avait voté contre l’arrêté bac pro de 2009 alors qu’il avait voté pour l’arrêté bac G et T de 2002
  2. la situation n’est pas comparable puisqu’en bac pro, le CCF en EPS peut se dérouler sur 1ère et terminale, ce qui n’est pas le cas en bac G T

Argument de la diversité

Personne ne conteste, ni n'a jamais contesté, le principe d'une culture diversifiée. Toute l'histoire de l'EPS témoigne de cette logique de diversité, au point de se demander si, justement, trop de diversité, et donc de zapping, ne s’oppose à de réels apprentissages.
Ce qui est contesté et contestable c'est sur quoi on fait reposer cette diversité : sur une véritable analyse du champ culturel ou sur un bricolage ? On nous dit pour plus de diversité, il faut éviter de faire deux activités issues de la même compétence propre : et on empêche les élèves d’être notés sur badminton et rugby,  ou bien encore sur natation de vitesse et lancer de disque : qui peut penser sérieusement que ces 2 activités fassent partie du même groupe ? Mais par contre ils peuvent être notés sur course en durée et course de demi fond ! Les élèves ne comprennent pas et les collègues non plus ! En clair tout l'argumentaire de l'IG repose sur une classification contestable et contestée.

Argument : des collègues évaluent déjà sur 3 APSA issues de 3 CP

Bien entendu et il ne faut pas l’empêcher. Mais pourquoi vouloir absolument l'imposer à tous, alors que ce n’est pas une demande de la profession. Il n’y a pas des bons et des méchants. L'argument de dire que de nombreux collègues le font déjà, pour l'imposer à tous, ne tient pas. A une époque, de nombreux établissements notaient sur 2 activités, ce n'est pas ce qui a été imposé à tous. On pourrait multiplier les exemples de ce type. Ça ne prouve qu'une seule chose, c'est que choisir 3 APSA issues de 3 CP est actuellement possible, et ça plaide donc pour garder ce qui avait fait l'objet en 2002 d'un large consensus.

 

D’où notre amendement pour l’article 3 pour l’article 4(*) qui revient à laisser pour le choix des activités les formulations qui satisfont actuellement les collègues, n’empêchent pas le « 3 activités issues de 3 compétences propres » mais ne l’imposent pas et donc laissent les équipes plus de liberté et aux élèves plus de choix.
(*) Nous avions adressé cet amendement avec explication (voir doc joint) le semaine passée à la DGESO, à l’IG et aux autres organisations syndicales siégeant au CSE

Intervention du SE UNSA
Le texte est effectivement plus contraignant mais c’est une bonne chose car c’est la logique des programmes qui est retenue. Le SE UNSA est pour 3 APSA issues de 3 CP différentes car cela évitera de valoriser les activités d’opposition. Donc le SE UNSA ne votera pas l’amendement du SNEP mais reconnait que la demande du SNEP de 3 APSA de nature différente est intéressante pour éviter les aberrations possibles signalées par le SNEP de menus avec 2 ou 3 fois natation (vitesse, sauvetage, durée) ou 2 ou 3 fois course.

Intervention du SGEN-CFDT
Se déclare d’accord avec l’UNSA et insiste sur « tout ce qui permettra d’éviter l’hégémonie des sports d’opposition (CP4) sera positif »

Réponse de l’IG (JP Barrué, Véronique Eloi)
Effectivement la classification actuelle n’est peut être pas scientifiquement fondée mais elle permet d’établir une matrice disciplinaire valable du primaire à la terminale et donc harmonisation et cohérence, ce que les autres disciplines voudraient bien obtenir.
Ce texte est la dernière étape de l’harmonisation.
L’argument avancé par le SNEP contestant des menus où pourraient être course de demi fond et course longue est « gros voire grossier », car les élèves qui choisissent course de durée le font parce qu’ils ont des besoins particuliers et veulent travailler sur leur développement et leur entretien.
L’IG refuse de prendre en compte la demande « APSA  de nature différente» car ce n’est pas l’Activité qui est importante mais la compétence propre recherchée.
Dans un certain nombre d’établissements, (40% à Versailles) les menus sont déjà sur la base de 3 APSA issues de 3 CP et on constate un moindre écart de notes entre filles et garçons.

Serge Chabrol pour le SNEP reprend la parole pour insister sur le fait que le problème n’est pas d’empêcher les équipes de choisir 3 APSA issues de 3 CP, mais de ne pas les contraindre à cela, de leur laisser une part d’autonomie. Il s’étonne d’ailleurs que des organisations qui déclarent défendre l’autonomie pédagogique, le projet d’équipe, insistent pour que les collègues soient contraints de ne pas offrir des menus avec 2 APSA issues de la CP4.
Quant au débat sur les notes des filles, S.Chabrol déclare que mieux vaudrait mener un débat sur les éléments didactiques et sur les référentiel qu’en rester à des constats de moyennes de notes !

Amendement proposé par le SNEP – FSU
Articles  3  et 4

Remplacer : « les trois épreuves doivent obligatoirement relever de trois compétences propres à l’éducation physique et sportive »
Par : « les trois épreuves doivent obligatoirement être issues d’activités de nature différente et relever d’au moins deux compétences propres à l’éducation physique et sportive ».

Explication SNEP :
Dans le précédent arrêté portant sur le CCF en EPS au Bac GT, du 9/04/2002, il était seulement noté : "Le contrôle en cours de formation de l'enseignement obligatoire d'éducation physique et sportive porte sur trois épreuves. (…) Dès le début de l'année de terminale, chaque établissement propose aux élèves un ou plusieurs ensembles de trois épreuves, issues d'activités de nature différente. (…) Chaque ensemble de trois épreuves proposé doit obligatoirement correspondre à trois champs de pratique différents dont l'un appartient aux pratiques collectives. »
Le texte de l’arrêté ne faisait donc pas références à la classification contestée par le SNEP des « compétences relatives à la dimension culturelle de l'enseignement », et devenues depuis « compétences propres à l’EPS »

C’est la circulaire du 12/06/2002, non examinée au CSE, qui a modifié le sens de l’arrêté en introduisant : « Les trois épreuves permettent d'évaluer, parmi les compétences attendues, au moins deux des compétences relatives à la dimension culturelle de l'enseignement, retenues dans le programme. »

A noter qu’en ne demandant plus que les trois épreuves soient « issues d’activités de nature différente », le projet actuel laisse possible des propositions de type :
Course de demi-fond (CP1), course d’orientation (CP2), course en durée (CP5)
ou natation de distance (CP1), natation sauvetage (CP2), natation en durée (CP5)
On peut heureusement penser qu’aucune équipe ne fera ce type de choix !
Mais au final, qui peut expliquer à des élèves que lancer de javelot, natation de vitesse et handball serait un choix impossible (parce que les deux premières APSA relèvent de la CP1), alors que course en durée, course de ½ fond et rugby serait possible ?

Le SNEP-FSU propose donc de reprendre dans le projet d’arrêté examiné aujourd’hui deux éléments de formulation de l’arrêté et de la circulaire de 2002.
Cela donnerait un texte moins contraignant et laisserait plus de possibilités aux équipes considérées comme véritablement conceptrices de leur enseignement pour offrir aux élèves des ensembles d’épreuves plus diversifiés.
La profession ne demande pas que le texte la contraigne à choisir trois activités relevant de trois compétences propres, mais la proposition du SNEP permet aux équipes de le faire si c’est leur choix pédagogique et didactique.

 

Vote amendement SNEP

Vote du texte d’arrêté (sans l’amendement !)

Pour : 18 (FSU, CGT, Solidaires)
Contre : 23 (UNSA, SGEN, FCPE, + ?)
Abstentions : 2
Refus de vote : 3 (SNALC, FO, + ?)

Pour : 25 (UNSA, SGEN, SNALC, FCPE, + ?)
Contre : 20 (FSU, CGT, Solidaires, FO, + ?)
Abstentions : 1
Refus de vote : 0

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