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Les
CLAIRs
CLAIR – Collèges et Lycées pour l'Ambition, l'Initiative
et la Réussite
Lors de la clôture des États Généraux
sur la sécurité à l’école, le Ministre de l'Éducation nationale
a annoncé que 100 établissements seraient classés CLAIR :
Collèges Lycées pour l'Ambition, l'Innovation et la Réussite.
Ce nouveau label se substituerait aux dispositifs existants
(notamment les RAR) pour les établissements où les difficultés
et la violence seraient importantes. Officieusement, la liste
des 10 académies concernées par l'expérimentation CLAIR dès
la rentrée 2010 (théoriquement "les plus exposées
aux faits de violence") serait : Aix-Marseille, Amiens,
Créteil, Lille, Lyon, Montpellier, Rouen, Strasbourg, Toulouse
et Versailles.
Il y aurait 101 établissements (79 collèges dont 50 réseaux
ambition réussite, et essentiellement des LP pour les lycées).
Les 53 établissements concernés par la mise à disposition d'un
policier ou gendarme référent feraient apparemment tous partie
du dispositif CLAIR.
Alors que le Ministre dans son allocution annonçait que la
mise en place des CLAIR se ferait "au croisement de critères
transparents, consensuels et objectifs, définis en concertation
avec l’ensemble de nos partenaires ministériels (Intérieur,
Justice, villes, Famille notamment)", force est de constater
l'absence totale de transparence au sein même du ministère
de l'Éducation Nationale puisque les établissements auraient
été choisis par les rectorats et le Ministère sans même en
aviser les personnels, alors qu’ils vont être le l'objet de
mesures dérogatoires lourdes de conséquences.
Avant une généralisation d'ores et déjà prévu dans les réseaux
de l'Education Prioritaire en 2011, les CLAIR sont expérimentés
dans une centaine d'établissements dès la rentrée 2010.
Le programme CLAIR comporte trois axes essentiels :
Innovations dans le champ des ressources humaines.
Il s'agit ici, dans l'objectif de stabiliser les équipes, de
permettre au chef d'établissement de recruter ses équipes pédagogiques.
Des moyens lui seront attribués en conséquence afin de pouvoir "attirer" les
personnels…
Innovations dans le champ de la pédagogie.
Ce que nous dénoncions depuis la parution du socle commun de
connaissances et de compétences voit ici sa traduction concrète.
Les établissements CLAIR n'auront que ce seul horizon et ce
seul objectif à poursuivre. Pour y parvenir, le Ministre insiste
même pour que le recours aux expérimentations permises dans
le cadre de la loi Fillon de 2005 soit massivement utilisé…
Innovations dans le champ de la vie scolaire.
Cette innovation consiste en la création d'un préfet des études
responsable tant sur le plan pédagogique que sur le plan éducatif…
Si au travers des axes retenus pour ce nouveau dispositif les "innovations" sont
(malheureusement) bien présentes, quid de l'ambition et de
la réussite ? Le gouvernement surfant comme à l'habitude sur
des questions réelles et sur l'émoi provoqué par des faits
divers en profite pour créer des établissements répondant en
tout point à sa logique libérale de l'Éducation. Les établissements
à deux vitesses que nous percevions dans nos analyses du socle
commun sont maintenant annoncés. Pour acheter la paix sociale,
le Ministère instaure des établissements du socle où, à n'en
pas douter, l'essentiel ne sera pas l'acquisition culturelle,
l'acquisition de savoirs émancipateurs mais un établissement
où le "bien être" sera le maître mot pour éviter
le conflictuel et donc de possibles violences.
La résultante de ce dispositif sera une stigmatisation encore
plus vive des élèves de CLAIR. Élèves qui seront donc formés
sur des compétences à visée utilitariste loin du développement
de tout esprit critique. Il n'est en rien évident que ces élèves
ne ressentent pas à court terme cette stigmatisation et n'ai,
in fine, pas l'envie de se rebeller…
Le conseil Pédagogique ayant montré certaines limites comme
niveau intermédiaire de décision, la création d'un super CPE
aux compétences élargies permettra de donner caution aux orientations
prises. Pour Blanquer (directeur général de l’enseignement
scolaire) le préfet des études : " sera responsable de
la vie scolaire et du suivi personnalisé des élèves pour un
niveau donné (6e, 5e, 4e ou 3e). L’idéal serait que chaque
préfet puisse suivre une même cohorte durant toute la durée
du collège. On sait que nombre d’enfants, lorsqu’ils entrent
en 6e, se sentent un peu perdus car ils n’ont plus en face
d’eux l’adulte référent qu’était le maître ou la maîtresse.
Le préfet des études pourra pallier cette lacune. Pleinement
intégré à l’équipe de direction, il jouera un rôle pivot, au
carrefour des métiers de chef d’établissement, de conseiller
principal d’éducation (CPE), d’assistant d’éducation, de professeur...
Il aura ainsi pour vocation de renforcer la cohésion de la
communauté éducative. Car la vie scolaire est l’affaire de
tous les adultes de l’établissement."
Bref, un super prof mi chef d'établissement, mi CPE… Il sera
probablement le décideur des expérimentations à mener hors
du Conseil Pédagogique et surtout hors du CA qui, de plus en
plus, voit sa fonction réduite.
Dans ce contexte, les enseignants ne seront que de simples
applicateurs au service du socle et sous les directives du
préfet…
La dérèglementation, la fin des règles communes (notamment
au niveau des ressources humaines) entamé dans les RAR s'installe
donc plus profondément avec les CLAIR.
Enfin, le dispositif CLAIR est mis en œuvre dans le cadre de
la sécurité à l'école. L'ambigüité qui consiste à d'une part
vouloir éduquer au respect de la règle, au respect des autres,
de soi et d'autre part bannir toute règle collective pour adopter
des règlements propres à l'établissement saute aux yeux….
A l'occasion de la présentation de ces mesures, Chatel annonçait
: "Je refuse l’effet d’annonce. Je refuse les promesses
sans lendemain." Pas un effet d'annonce donc mais un
nouveau moyen de restreindre les ambitions éducatives pour
un grand nombre, de permettre une gestion des personnels
en dehors de toutes règles; pas de promesse sans lendemain
mais une promesse de non lendemain pour tous les élèves qui
auront à vivre et étudier dans ces établissements.
Extrait
du relevé de décisions du CDN des 21 et 22 octobre 2010 :
« CLAIR »
Le CDN du SNEP a analysé la problématique posée par le programme
CLAIR expérimenté dans 105 établissements à la rentrée
2010. La déréglementation généralisée et le
manque d'ambition éducative pour les jeunes de milieu populaire qui caractérisent
ce dispositif doivent être fermement combattus pour affirmer que la réussite
de tous est possible dans le cadre d'une politique d'éducation prioritaire
rénovée.
Dans cet objectif le SNEP :
- appelle les militants départementaux
et académiques à rencontrer les personnels
CLAIR dans leurs établissements pour débattre
de la situation et envisager les actions collectives,
- construira des analyses et argumentaires
pour aider les collègues à "reconstruire" du
collectif là où les contrats individualisent
les situations,
- appelle à renseigner l'enquête
le plus rapidement possible pour permettre de dresser un
premier bilan de la mise en œuvre de l'opération,
- rencontrera le SNES et le SNUEP pour proposer
l’organisation d’une rencontre nationale des établissements
CLAIR.
Circulaire
du 07 juillet 2010
La liste des établissements concernés par l'expériementation
en 2010
Les
pages du SNES
Les initiatives locales :
Pétition
intersyndicale de Rouen
Tract
du collège Krafft de Béziers
Pétition
des enseignants des lycées général, technologique et professionnel
Robert Schuman du Havre
Motion
lycée Malraux - Montataire, Oise
Pétition
- Lycée Jules Uhry, Creil
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