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Comment ne pas être critique…et inquiet !!!

    Lorsque dans l’académie de Versailles, avec force moyens, les collectivités territoriales tentaient dans certains départements des interventions sur le domaine des APSA dans les collèges, il n’y avait pas lieu, selon les responsables de l’éducation nationale, d’être inquiets !! Il suffit de voir les contenus de ces interventions, leurs modalités pour avoir aujourd’hui un point de vue bien différent !

    En cette fin de premier trimestre, un nouveau dispositif, mis en place à la hâte, voit le jour : l’accompagnement éducatif. Les objectifs mis en avant affichent une volonté de répondre à une demande sociale. La mise en œuvre se fait avec fracas de déclarations, de moyens et un volontarisme rarement vu !
Quel bilan aujourd’hui ? Sur 3 départements, les actions autour des APSA représentent autour de 12% dans les établissements concernés. Certains établissements s’appuient sur l’activité de l’AS. Les CDUNSS qui se sont réunis et ont accordé un temps important de débat à cette question ont été le lieu d’expression de questions importantes.
     Question de la lisibilité des interventions proposées dans le cadre d’un établissement : à l’AS, on adhère, on paie une cotisation, on fournit un certificat médical - pour l’accompagnement éducatif : gratuité, le certificat médical ne semble pas obligatoire ?
Comment ne pas percevoir ce dispositif, dans ces conditions, comme une forme de mise en concurrence ?
    Aux questions de la compétence des intervenants, l’administration répond compétence du CA de l’établissement. Mais qui assurera le suivi du contrôle, l’évaluation, quand et comment ? Qui d’ailleurs a aujourd’hui regardé de prés le contenu des diverses propositions (du foot dans la cour du collège au….babyfoot !!) ainsi que les modalités pour répondre aux objectifs annoncés ?...
Aux questions récurrentes de disponibilité des installations sportives, tout le monde convient qu’il s’agit du point noir !!!
    Alors que chacun des CDUNSS a mis en évidence la richesse et la diversité des formes de pratique, les objectifs de formation poursuivis dans le cadre des AS d’établissement, relevant - par un travail plus approfondi cette année - les points positifs repérés dans l’analyse des pratiques et des pratiquants, l’administration s’efforce de trouver les arguments pour justifier de la mise en place de ce nouveau dispositif comme différent / complémentaire ? (dans quel sens ?) de celui de l’AS.
Les autres arguments portent sur le fait que l’école, face à ses difficultés, doit ouvrir ses portes et trouver des appuis auprès de nouveaux partenaires (comme si l’école n’avait pas déjà exploré ces pistes et comme si les AS ne travaillaient pas déjà dans ce sens dans certains établissements !).
La question des financements n’a pas manqué de provoquer des heurts dans les débats au regard de la largesse des subventions annoncées via les DDJS : 280 000 euros disponibles ici, complétés par 950 euros offerts aux clubs civils via le CNDS. 950 euros qui pourraient être attribués aux AS (dotation en matériel ou déplacements pour animer une activité sans rencontres prévues ?). Comment ne pas soulever le mécontentement des élus des AS et des représentants du SNEP sur de telles propositions alors que les districts UNSS souffrent de plus en plus d’un manque de moyens pour réaliser leur projet ! Comment ne pas être surpris lorsque le CNDS s’adresse aux clubs les incitant à s’engager pour y gagner des licenciés supplémentaires ? Est-ce là l’objectif ?
D’un côté, on reconnaît la richesse et la diversité des actions conduites dans le cadre des AS et de l’UNSS ; de l’autre, on justifie de la « création » d’un autre dispositif ! Enfin, de nombreuses interventions ont montré les problématiques différentes des établissements du réseau ambition réussite et celles que poserait une éventuelle généralisation de ce dispositif à la rentrée prochaine.
Critique et inquiétude : l’approximation des réponses de l’administration aux justes questions posées nous engagent dans ce sens surtout lorsqu’on nous explique que nous n’avons pas – dans l’école - le monopole des APSA !!
   Allez, finalement, pas d’inquiétude le socle commun est là pour que « … chaque élève accomplisse sa scolarité avec succès, …poursuive sa formation, construise son avenir personnel et professionnel et réussisse sa vie en société…. » ! Rien que cela !.... pas plus ! L’accompagnement éducatif est là pour les orphelins du 16h/18h ! Le babyfoot suffira ! A partir de là, tout va bien aller et au diable les exigences de contenus pour tous !

C’est bien le sens des mesures  que nous percevons ; restons des acteurs conscients des enjeux de l’école, ne lâchons pas le terrain de la construction de la discipline EPS ni celui d’un sport scolaire ambitieux.


Jacotte SELS Versailles