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Postes - Recrutement - Emploi
Le 05/10/06

1) Pourquoi ?

Les orientations ministérielles sont basées sur une politique de réduction des dépenses publiques notamment par la diminution du nombre des fonctionnaires de l’Etat. Depuis 2003 des suppressions de postes massives touchent la fonction publique d'état. L'Education Nationale, principale source d'emplois est particulièrement visée. L’EPS, considérée comme discipline « non essentielle » et dont les horaires sont très importants se trouve être placée en première ligne.

2) Les conséquences

Les recrutements dans notre discipline sont passé de 1650 en 2003 (tous concours confondus sauf agrégation interne) à 1035 en 2004, 1015 en  2005 , 455 en 2006, 415 recrutements nous sont annoncés pour 2007.

3) Comment s'y prennent-ils ?

  • Le ministère tente de justifier la baisse des recrutements en arguant d'une régression du nombre des élèves dans le second degré. Cette baisse est en fait très faible rapportée au nombre de classes et ne justifie pas les coupes sombres opérées sur les postes d'enseignants par les ministres qui se sont succédés.
  • L'élaboration de listes supplémentaires a été supprimée (ce procédé réduit le rendement des concours avec les doubles admissions).
  • Le ministère réduit les besoins en EPS d’une part par la disparition organisée des diversifications horaires mises en place, d’autre part par des atteintes à l'animation du sport scolaire.
  • Le ministère a mis dans le paysage la « fable des excédents » qui tourne autour du nombre et de l’usage des TZR (il a même défini un taux d’employabilité du TZR). Leur « non emploi » serait significatif d’un surnombre d’enseignants en EPS qui justifierait la baisse drastique des recrutements. Le jeu sur les TZR est complexe à démonter car il est en relation avec la nature des moyens mis à disposition dans les établissements (jeu local) et renvoie à la DGH, au nombre de postes fixes en établissement et au volume d’HSA et Blocs Horaires (BH) injectés dans celle-ci.
  • Une sorte de cycle de gestion des moyens :
    • Première étape : Une suppression programmée des postes en établissements remplacée par des moyens provisoires et des heures supplémentaires permettent aux recteurs de sous estimer leurs besoins pour le calibrage des entrées au mouvement inter académique, 1er critère permettant de calculer les recrutements.
    • Deuxième étape : Les rectorats en augmentant les HSA peuvent faire disparaître des blocs horaires qui servent de support aux TZR en affectation à l’année (AFA). Ainsi ils gonflent artificiellement le nombre de TZR en rattachement administratif (RAD) et peuvent ainsi justifier d’une réalité d’excédents qu’ils ont eux même fabriqués!
    • Troisième étape : Ils sont rattrapés par la LOLF qui leur rappelle ainsi qu’ils financent deux fois le même besoin en EPS (une fois par les HSA et une autre fois par les TZR). C’est une logique politique coûteuse dans un premier temps mais qui permet d’engager la réduction conséquente des recrutements (baisses aux concours).
    • Quatrième étape : c’est ainsi qu’une fois le calibrage minimisé, on peut alors réduire les HSA, augmenter les BH, et affecter davantage de TZR en AFA. Dans ce cadre, le risque est de passer sous la barre des 8% de TZR affectés en RAD ce qui aiguiserait pour le moins la question du remplacement. La mise en place des « remplacements De Robien » prend alors dans ce système tout son sens. Mais d’autres conséquences sont aussi envisageables telles que l’absence de remplacement dans une discipline dite « secondaire » ou encore et dans une moindre mesure le retour à l’emploi de vacataires.
  • Les départs à la retraites (environ 1300 chaque année) ne sont plus compensés. Le chômage des non titulaire est massif.

4) Quelles alternatives, quelle activité syndicale ?

Il est nécessaire et encore temps de se battre pour les recrutements 2007. L’augmentation de postes est en effet une question de premier ordre pour notre discipline. Avec les étudiants et toute la profession, il nous faudra encore mener les luttes pour stopper l’hémorragie et inverser la tendance. Construire et animer d’autres « 16 mars », c’est possible, c’est vital !
Les besoins et les postes à créer existent : trois indicateurs doivent être renseignés :

  • Le nombre de départ en retraite pour l’an prochain.
  • Le nombre d’HSA  et d’heures en BH.
  • Le nombre de TZR, ceux en AFA  et le % du nombre restant en RAD.

Nous pouvons avec ces informations mettre en avant les besoins pour les recrutements de 2007 et donc la bataille pour les recrutements et l’emploi des jeunes. Donnons-nous un mois pour aboutir fin octobre à une « carte de France des besoins en postes ». C’est là un travail de l’outil syndical dans son ensemble qui doit être mené à bien.

Cette campagne doit aboutir cette année !

En parallèle il faut engager des luttes avec les collègues qui peuvent encore refuser des HSA et faire créer un moyen provisoire pour affecter un TZR. Il faut aussi préparer les CA.

5) Quelle(s) action(s) avec les collègues ?

  • Préparer le mouvement inter académique et agir auprès des rectorats en influant sur le calibrage.
  • Préparer les CTP de créations/suppressions de poste en obtenant les éléments indispensables pour travailler sur la carte scolaire et mettre en évidence les postes à créer. Dénoncer les postes "cachés".
  • Nous ne pourrons pas réussir seuls. Quelles actions médiatiques menées envers les parents, les élus, les étudiants … ?

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