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Circulaire natation : veut-on couler l’enseignement ?
Le 25/11/10

Une circulaire sur l’enseignement de la natation, datée du 11/11/2010, vient de paraître. Il n’y a eu aucune consultation préalable du SNEP qui n’a été saisi d’aucun avant projet !
Il n’est pas très sérieux de sortir une circulaire qui change la donne en cours d’année, alors que les créneaux de piscines sont réservés, les organisations de groupes de natation prévues depuis la rentrée, voire depuis le mois de juin dernier.

Disparition des normes « nombre d’élèves »
Un alourdissement des groupes risque bien d’être la première retombée de la nouvelle circulaire qui ne parle plus, pour le second degré, de nombre d’élèves maximum en fonction des niveaux constatés. Le texte traite la natation comme toute autre APSA et la référence aux 12 – 15 – 30 élèves disparaît. Exit donc ce qui aidait à l’enseignement en sécurité, à la qualité du travail pédagogique et servait de point d’appui pour obtenir par exemple 3 professeurs pour deux classes. Seule règle qui subsiste : disposer d’au moins 5m2 dans l’eau par nageur ; ce qui signifie 12 élèves par ligne d’eau de 25m , quand le SNEP considère qu’au-delà de 8, les élèves se gênent.

Quelles exigences de qualité d’enseignement ?
Notre objectif doit bien rester de faire acquérir au plus grand nombre les exigences des programmes et pour cela d’avoir des conditions d’enseignement favorables et sécurisées, ce que permettait la circulaire de 2004. Les exigences de cette circulaire ont pu générer des difficultés d’application dues au manque de moyens horaires non intégrées dans la DHG et de ce fait gêner certains collègues. Mais c’est de qualité de l’enseignement dont nous devons débattre.  Si nous souhaitons obtenir des progrès et des apprentissages bien stabilisés pour nos élèves et en particulier pour les non nageurs-euses, nous ne pouvons pas lâcher sur l’exigence de normes qui garantissent à la fois la sécurité et une bonne qualité d’enseignement. Des effectifs réduits sont une absolue nécessité.

Les modalités d’organisation prévues désormais dans chaque établissement sont :

  • propositions d’organisation faite par l’équipe EPS en appréciation du niveau de compétences des élèves ;
  • mise en place par l’établissement, après vérification du niveau des élèves en fonction du « 1°degré du savoir nager » des compétences définies dans les programmes ;

Doit-on donc considérer que c’est le chef d’établissement qui prend la responsabilité, au final, des choix faits ; ou bien les collègues seront-ils tenus pour responsables en cas de problème, notamment d’accident ? Il y est rappelé que les enseignant-es doivent « adapter » leur organisation pédagogique à la sécurité des élèves…

La natation : un enseignement comme les autres ?
La natation devient pour l’EN une discipline banale. Est-ce que la crainte (comme nous l’a déjà dit l’IG) de voir se multiplier les normes contraignantes dans d’autres APSA,  doit aboutir à remettre en cause le caractère particulier de l’enseignement de la natation ? Nous ne le pensons pas, la natation requiert des conditions particulières d’enseignement qu’il nous faut garantir.

Enseignement obligatoire ou optionnel ?
La circulaire incite à orienter les non-nageurs vers des dispositifs d’accompagnement ou de soutien (!). Le SNEP est le premier à revendiquer des groupes de soutien en natation, mais souvent, là où ils existaient, ils ont disparu faute de moyens. L’enseignement de la natation doit être assuré dans le cadre des horaires d’enseignement obligatoires et il ne saurait être question de le renvoyer vers des dispositifs d’accompagnement éducatif optionnels !

Nous reviendrons plus longuement sur cette circulaire en traitant de l’ensemble du dossier de la natation, avec débat sur les exigences que doit avoir l’institution scolaire en terme de contenus, de savoirs et compétences, et donc en terme d’organisation matérielle pour les faire acquérir, en toute sécurité.

Dès la sortie de la circulaire, le SNEP est intervenu auprès du cabinet pour contester son contenu et interroger sur le devenir de celle de 2004. Nous appelons les collègues à nous faire part de leurs réactions et des retombées de cette circulaire sur leurs pratiques et dans le cadre de la préparation de la rentrée 2011 (DHG)

Nous appelons donc les équipes pédagogiques des établissements du second degré à maintenir leur organisation pédagogique et à refuser notamment de modifier les groupes.

Le secrétariat national

A l’école primaire :

L'encadrement du groupe-classe se définit ainsi :
- à l'école maternelle : l'enseignant et deux intervenants qualifiés et agréés ;
- à l'école élémentaire : l'enseignant et un intervenant qualifié et agréé.
Dans le  cas d'un groupe maternelle-élémentaire, les normes de la maternelle s'appliquent. Un encadrant supplémentaire est requis quand un groupe issu de plusieurs classes a un effectif supérieur à 30 élèves.
La notion de bénévole disparait. Ce qui pose problème pour tous les projets prévus pour l’année 2010-2011. Les bénévoles sont cités dans l’annexe mais avec un flou qui permet des interprétations différentes.
Le SNEP est en attente de réponses précises du ministère sur l’encadrement, la surveillance et la maternelle.

Lire aussi l'analyse de C. Pontais sur cette circulaire natation (PDF, 21.9 Ko)