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  Les personnels > Mutations > Propositions SNEP-FSU (maj le 14/11/17)

 

Pour un mouvement national rénové

Mutations : les enjeux

Pour le droit à une mobilité choisie

La programmation de la création de 54 000 postes dans le second degré durant le quinquennat Hollande n’a pas jugulé la saignée opérée sous la présidence de N. Sarkozy et, sur le terrain, la situation ne s’est pas améliorée. À cela, plusieurs raisons : nombre de ces recrutements ont été absorbés par la poussée démographique, le service des stagiaires a été ramené à mi-temps devant élèves et
nombre de postes sont restés vacants faute de candidats en nombre suffisant aux
concours. Les causes de cette crise du recrutement est un sujet qui devrait préoccuper le président de la République, qui se prétend tourné vers l’avenir.
Comment sérieusement espérer attirer des candidats aux concours quand on a une
vision comptable qui sacrifie l’Éducation et que l’on considère les fonctionnaires comme la variable d’ajustement budgétaire alors que l’on octroie des largesses à la frange la plus aisée de la population ?
Si le déblocage de la valeur du point d’indice en fin de mandature précédente et la déclinaison de PPCR constituaient un début de réponse, certes loin d’être suffisante, les mesures annoncées par le gouvernement Philippe concernant les fonctionnaires ne sont sans doute pas de nature à susciter les vocations. Que ce soient le gel de la valeur du point d’indice, le jour de carence ou le report à partir de janvier 2018 de l’application des mesures issues du cycle de discussions « PPCR »,
l’ensemble des décisions confirment la dégradation prévisible du pouvoir d’achat et des carrières des fonctionnaires. Le rendez-vous salarial du 16 octobre a en fait été un non-rendez-vous où ces orientations ont été confirmées. La FSU continuera de combattre les orientations du gouvernement.
Les propositions du SNEP-FSU, du SNESFSU et du SNUEP-FSU pour redonner de l’attractivité à nos métiers sont aux antipodes des orientations du ministère. Entre autres, il faut mettre en place un plan pluriannuel de recrutements alliant allocation de bourses et prérecrutements, mettre fin à un management aux effets délétères, améliorer les conditions de service des stagiaires mis sous pression par les IPR et les chefs d’établissement et améliorer les conditions de travail de tous. Les menaces d’un recrutement par les chefs d’établissement sont loin de répondre aux attentes des personnels et des candidats potentiels.
S’agissant du mouvement, le ministère s’appuie sur la non-satisfaction de quelques rapprochements de conjoint pour maintenir un barème déséquilibré. Après la forte augmentation des bonifications liées à la séparation opérée en 2014 et après le plafonnement du voeu préférentiel en 2016, le ministère s’enferre dans cette logique qui vise à accorder une priorité exclusive aux situations figurant dans l’article 60 de la loi 84-16 (rapprochement de conjoint, politique de la ville et handicap). Même s’il reconnaît cette année la situation de parent séparé (APC : autorité parentale conjointe), les autres situations ne sont traitées que de façon accessoire.
Le SNEP-FSU, le SNESFSU et le SNUEP-FSU dénoncent ces orientations et agissent pour l’application d’un barème équilibré, prenant en compte toutes les situations, attribuant des priorités sans pour autant priver certains demandeurs de toute perspective de mutation.
Un service public d’éducation de qualité assuré de façon égale sur tout le territoire national, une Fonction publique de carrière fondée sur des garanties collectives statutaires protégeant les fonctionnaires dans l’exercice des missions de service public : ces deux acquis sociaux majeurs doivent retrouver toute leur place dans la politique des ressources humaines de notre ministère.

Le paritarisme, exercé par contrôle des représentants des personnels élus au suffrage universel de la profession sur les actes de gestion administrative, est la garantie du respect des droits de tous et de chacun : il est constitutif du service public. Le pouvoir doit donc lui redonner toute sa place, dans le respect des prérogatives de chacun et ainsi permettre aux élus d’exercer leurs missions dans les meilleures conditions.

Pour une mobilité réellement choisie, il faut en fait reconstruire un vrai mouvement national en une seule phase, nourri par l’implantation de nombreux postes et les recrutements nécessaires. C’est la seule façon de conjuguer efficacement les intérêts des personnels (pas de mutation en aveugle ni d’inégalité de traitement) et du service public pour une couverture équitable des besoins des académies.

 


 

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