| EDITO
17 novembre 2009
Où va la politique sportive du gouvernement ?
Si l’on s’en tient aux décisions prises par
le gouvernement, celles-ci sont limpides : le « modèle
sportif français » (MSF) bat de l’aile, non pas par
épuisement de ses possibilités mais d’abandon par ses géniteurs.
Le projet de budget et les présupposés qu’il porte l’enterrent
allègrement. Il ne s’agit pas ici de parler des insuffisances
de ce modèle, mais de le délabrer parce que il n’y a plus
intérêt à des politiques publiques dans ce domaine. De façon
plus ou moins rampante, mais parfois plus glorieuse, l’objectif
est bien de livrer ce secteur, perçu comme réservoir possible
d’activité économique, à une emprise plus importante de celle-ci
tant au niveau des équipements que des services ou prestations
des fédérations (« mines d’or sous exploitées »1).
La pression de la demande
sociale, combinée à la rétraction de la prise en charge publique
devrait donc offrir à l’investissement privé des voies d’investissement.
C’est bien ainsi que le ministère des sports a théorisé la
question des formations, cette démarche vaut aussi pour les
pratiques.
Ce qu’il y a de surprenant, aussi c’est la grande facilité
avec laquelle le Président de la république se carapate de
ses engagements sportifs sans que cela entraîne de vives
réactions du mouvement sportif. Tout cela reste feutré.
A l’usage, nous savons bien
que ce ne sont pas les grandes déclarations d’intention qui
comptent. L’habituel discours laudateur sur le sport débouche
sur peu d’initiatives le concernant en masse ; il se
réduit à un « soutien accentué au sport de haut
niveau, condition nécessaire pour le maintien du sport français
à un rang international élevé » ; le budget
alors, structure les mesures en soutien – réforme des CREPS
et de l’INSEP, contrats d’objectifs avec les fédérations
concernées -, pour le reste des autres pratiques sportives,
le ministère se contente d’en appeler à la mobilisation des
acteurs (associations, bénévoles, collectivités) en distribuant
ici et là quelques subventions pour en maintenir des élues,
à flots.
La stratégie du ministère
de « se recentrer sur le pilotage national du développement
du sport pour tous » en jouant le rôle d’un conseiller
éclairé « en matière d’analyse de l’offre sportive et
de propositions d’action aux acteurs locaux » (associations
et fédérations) est une option calamiteuse pour le sport
lui-même. Alors que le bilan sur cette question du développement
du sport est des plus contestables (d’après ses propres indicateurs)
cette stratégie revendiquée n’est-elle pas une fuite de responsabilité
publique, désastreuse du point de vue de la question fondamentale
de la lutte contre les inégalités sociales ; ce gouvernement,
ne les organise-t-elles pas ?
C’est pour ces raisons que
le SNEP va poursuivre et amplifier sa lutte contre le casse
du service public des APS, qui passera nécessairement par
l’action et la mobilisation.
Sébastien GAUTIER
1) Lire « Le temps libre des français
dédié au sport », Etude TNS sport, Ineum Consulting,
Audencia Nantes
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