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Dossier spécial : Les Etats généraux du sport

THEME I : L'AVENIR DU MODELE FEDERAL

défendre le principe d'un mouvement sportif fort et démocratique

Tout le monde reconnaît que l'organisation du sport en France a fait ses preuves.

L'existence d'une Loi spécifique, le contrôle de l'Etat sur l'organisation interne des fédérations par les statuts types nécessaires à l'agrément, et sur l'accomplissement de la mission de service public qui leur est confiée par le biais des contrats d'objectif en échange des aides sur fonds propres ou sur le F.N.D.S. et par l'apport des cadres techniques, en sont les fondements.

Ainsi le mouvement sportif jouit d'une autonomie (Loi de 1901) " encadrée " censée garantir l'ouverture à tous, le respect de la démocratie, la protection des usagers, …

Toutefois la multiplication des dérives observées dans les dix dernières années : affaires liées à la violence ou au dopage, au rôle sans cesse croissant de l'argent dans le sport professionnel, ou plus simplement déstabilisation des associations de base que l'on a encouragé à embaucher, à " proposer des prestations ", à sectoriser leurs activités, bref : à s'inspirer du secteur marchand… ont conduit les pouvoirs publics à modifier la Loi, les règlements et la doctrine fiscale à un rythme de plus en plus fréquent.
Cette évolution est si rapide que les fédérations ont peine à adapter leurs statuts dans les délais légaux. Ne parlons pas de la déclinaison de ceux-ci au sein des Comités Régionaux et Départementaux et encore moins des clubs. Que va devenir la notion d'agrément ?

Même si ces modifications sont nécessaires, les dirigeants de base ont besoin de stabilité.

Cette complexification du droit du sport avec en corollaire une jurisprudence encore floue, ainsi que l'abandon par les plus hautes instances internationales de l'idéal olympique du pur amateurisme ne sont certainement pas pour rien dans la crise du bénévolat constatée au plus bas de la pyramide. La possibilité de rémunérer les dirigeants nous éloigne encore des traditions de militantisme , de laïcité, de solidarité. Comment, dès lors, s'opposer à la demande d'indemnisation du moindre joueur cadet de 14ème division pour sa participation au match du week-end, voire pour sa présence aux entraînements hebdomadaires ?

Extension du secteur marchand et éthique sportive ne font pas bon ménage !

De manière comparable serait-il sain d'asseoir davantage le financement du sport de masse sur les recettes liées à la médiatisation du sport-spectacle ? Ne serait il pas préférable d'accorder au Ministère des Sports des moyens budgétaires et en personnels nettement supérieurs à ce qu'ils sont actuellement si on veut sauvegarder la dimension sociale d'un véritable service public.

Le secteur de l'Education Populaire semble vouloir encore résister au mercantilisme ambiant. Est-ce la raison de sa séparation du secteur Sport ?

Le monde des A.P.S. saura-t-il sauvegarder sa mission éducative et sa dimension humaniste. Osera-t-on encore revendiquer une " culture sportive " ou, en se professionnalisant, les groupements sportifs vont-ils se disqualifier ?

Il paraît plus que jamais nécessaire de défendre le principe d'un mouvement sportif fort et démocratique, avec des ressources aussi indépendantes que possible du secteur marchand, encadré par un Etat, fort lui aussi, qui se donne les moyens d'une politique volontariste