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Dossier spécial : Les Etats généraux du sport

Les Etats Généraux du sport vont-ils aboutir à la liquidation du ministère des Sports ?

Incontestablement le sport doit réfléchir, et il aura besoin de tout le monde.
Les initiateurs de ce projet ne l'ont certainement pas compris. Les groupes de pilotage nationaux écartent scrupuleusement certaines composantes (les organisations syndicales en particulier). Ce manque de confiance dans le débat pluraliste est visiblement la marque du dialogue méthode Raffarin : on réunit ceux avec qui des convergences sont possibles et on écarte les autres.

Ainsi, différents textes parviennent dans les services, en tant que documents de réflexion pour animer les débats des Etats Généraux en région. Ces textes émanent des groupes nationaux de pilotage mis en place par le ministre et le président du CNOSF.
Un texte signé Jacques Rey (1), président du groupe national pour le thème " L'avenir du sport fédéral " propose qu'une véritable autonomie soit donnée aux fédérations. Pour mettre en œuvre cet objectif il propose " que les fédérations reçoivent une dotation globale concernant la masse salariale des personnels fonctionnaires d'Etat, … conférant aux fédérations la responsabilité de la création et de l'évolution des emplois, ainsi que, entre certaines limites, de leur rémunération ". Ce que Guy Drut n'avait pas réussi à mettre en place en 1996 grâce à la mobilisation des organisations syndicales et du CNOSF.
Dans un autre document non signé portant sur le thème : Sport et territoires dont le sous titre est " La décentralisation une nécessité " il est proposé de transférer aux régions :
- La politique d'organisation du sport,
- La gestion du FNDS,
- La politique régionale de formation.
C'est dire que l'on appliquerait à tous ce qui se met en place en Corse sur la base de la loi Jospin.

Ainsi, tout est proposé pour démanteler une politique publique nationale ambitieuse dans le secteur du sport, démanteler les fédérations sportives (chaque région aura sa propre politique de développement et d'organisation du sport), démanteler le ministère avec le transfert des emplois et des cadres techniques d'Etat aux fédérations.
Etre en grève le 17 octobre c'est dire son opposition à de telles orientations. Ce sera l'occasion pour le SNEP d'intervenir auprès de toutes les instances pour faire valoir ses propositions.


(1) Président de la fédération française de gymnastique et représentant le CNOSF dans le groupe national.


Pierre DELACROIX