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Dossier spécial : Les Etats généraux du sport

THEME 4 : La fonction éducative et sociale du sport

Dénoncer, proposer pour transformer

Le SNEP a toujours considéré que l'EPS et le sport scolaire se situent au carrefour de deux exigences : changement de l'école, transformation citoyenne du sport (textes du congrès de Montargis-1995).
Sa conception et ses propositions sont en cohérence avec la perspective d'une visée humaniste du sport, elle même inséparable d'une visée démocratique de la société.
C'est à ces conditions qu'il lui paraît juste de parler d'une fonction sociale et éducative du sport.

Aujourd'hui celle-ci, vu les tendances dominantes de notre société, ne peut se poser qu'en terme de résistance et de propositions alternatives à partir d'une dénonciation claire des dérives (au niveau financier, de la corruption, des violences et du dopage).
Toutefois, cette fonction ne va pas de soi. Il s'impose à tous les acteurs sociaux concernés de mettre en œuvre des moyens multiples et convergents pour qu'une telle transformation s'opère.
Parmi ces moyens trois sont décisifs pour l'avenir :
- l'existence d'un solide enseignement de l'EPS dans le cadre du service public de l'EN,
- l'existence dans le prolongement de l'EPS, d'un sport scolaire et universitaire florissant,
- l'existence d'une politique publique, d'aide au sport volontaire, engageant l'Etat, laquelle semble aujourd'hui menacée.

Le sport ne saurait être réduit à un rôle d'alibi, c'est à dire se contenter avec l'aide de certains médias, de donner l'image avantageuse d'une société démocratique, à la fois égalitaire et méritocratique tout en faisant oublier les inégalités sociales croissantes.
Le sport ne saurait être non plus " l'opium des banlieues " et être conçu comme un défouloir commode à la violence, ni même, au mieux, comme un moyen miracle de civiliser les " sauvageons ". En corollaire il ne saurait être non plus un espace d'emplois précaires, peu qualifiés et sans perspective pour les jeunes.
A cet égard, la coupe du monde de football n'a pas fait oublier la faim dans le monde, les prochains J-O ne feront pas oublier l'échec du sommet de la terre de Johannesburg !
A l'inverse, l'aide sportive au Tiers-Monde ne doit pas se limiter au recrutement de jeunes talents ! La France, pays " riche ", a des responsabilités internationales y compris dans sa politique sportive.
Tous les acteurs du sport doivent donc avoir les yeux ouverts sur ces réalités.

Bien sûr, il ne s'agit pas de charger le sport de responsabilités qu'il ne peut assumer. C'est une question de cohérence qui est posée. Faire vivre PAR le sport, DANS le sport, des valeurs, des principes, des pratiques en adéquation avec une visée mondiale humaniste de la société. Chaque individu doit y avoir droit !
De la même façon, on ne saurait traiter du social en soi, coupé d'un contenu sportif et culturel exigeant pour les pratiquants. Il ne s'agit pas, pour faire du social, de dispenser une sous culture sportive de bas niveau. Cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas tenir compte des formes diverses de pratiques : mais les chances d'une éducation citoyenne sont inséparables d'une éducation sportive de qualité.
La coupe de foot du Monde Scolaire sur le thème " la violence c'est zéro-zéro ! ", la formation des jeunes arbitres, les championnats du sport scolaire autogérés par les jeunes, la démocratisation des pratiques féminines, etc… sont des exemples d'une contribution du sport scolaire et de l'EPS pour un sport citoyen.

C'est dans cet esprit, plus globalement sur le rôle du sport, que le SNEP est solidaire des positions défendues par le mouvement des ANS et par le groupe des 19.