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COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 8 avril 2004

Le syndicat national des inspecteurs principaux de la Jeunesse et des Sports propose le chômage aux STAPS

En refusant de reconnaître les diplômes de la filière STAPS le syndicat national des inspecteurs principaux de la Jeunesse et des Sports propose le chômage aux 50 000 jeunes engagés dans cette filière.

Dans un éditorial daté du 2 avril, le syndicat national des inspecteurs principaux de la jeunesse et sports (SNIPJSL/UNSA) s'exprime sur l'article 43 de la loi sur le sport.

Citation : « Que dire de l'article 43 de la loi sur le sport et du nouvel article 2 du projet de décret d'application qui, s'il était adopté en l'état, ferait inexorablement exploser nos systèmes de formation professionnelle qualifiante en échange d'une paix sociale factice avec les enseignants et les étudiants des UFRSTAPS. Si par démagogie et corporatisme, le ministère chargé de l'enseignement laisse stagner 50 000 étudiants dans des filières universitaires tout en sachant pertinemment qu'il n'est pas en mesure d'assurer les débouchés professionnels correspondants, pourquoi faudrait-il que ce soit le ministre chargé des sports qui se fasse hara-kiri, et avec lui le mouvement sportif et ses éducateurs qui sont, eux, de véritables professionnels du développement des activités physiques et sportives. Le métier d'enseignant d'EPS est certes noble et nous le respectons, mais ce n'est pas de cela dont ont besoin les clubs qui au quotidien font vivre le sport dans notre pays. »

Que penser d'une telle déclaration de la part d'un syndicat ayant en charge en particulier la « jeunesse » ?. Car enfin, si l'on comprend bien, il s'agit de proposer aux 50000 étudiants de la filière STAPS soit de réussir au CAPEPS (780 postes au CAPEPS 2004) soit d'être au chômage. Comment est-il possible d'ignorer aujourd'hui l'existence en STAPS d'une diversification des formations et des diplômes visant d'autres métiers que ceux de l'enseignement de l'EPS ?

En quoi la reconnaissance des diplômes STAPS mettrait-elle en cause le système de formation du ministère des Sports ?

En quoi encore cette reconnaissance conduirait-elle le ministère des Sports à se faire hara-kiri ?

Cette déclaration se place délibérément sur le terrain d'un conflit d'intérêt permanent avec le ministère de l'Education nationale et s'oppose à toute idée de rapprochement et de collaboration entre les 2 ministères.

Elle a pour conséquences de détourner depuis longtemps les personnels techniques et pédagogiques du ministère des Sports des vrais enjeux :

  • Réduction progressive de leurs missions techniques et pédagogiques avec l'externalisation de la formation au profit des missions régaliennes de contrôle, d'inspection et de certification,
  • Phénomène de privatisation des formations à l'instar de la situation dans le secteur de la Jeunesse, où le service public est pratiquement inexistant.

Les jeunes qu'ils soient engagés dans les formations du ministère des Sports ou dans la filière STAPS sont les victimes et les otages d'une situation qui résulte des politiques menées tant par le protectionnisme du ministère des Sports que par l'indifférence totale du MEN.

Pour le SNEP ce qui est déterminant tant au plan national qu'européen, c'est la qualité des formations, leur contenu technique, pédagogique et éducatif.

Des améliorations importantes s'imposent dans les 2 ministères pour répondre aux besoins, améliorer les conditions d'encadrement et de formation (création de 1500 emplois : 1000 dans la filière STAPS, 500 au ministère des Sports), et permettre que le coût des études soit accessible à tous.

Le SNEP poursuivra son action :

  • Pour que les diplômes délivrés dans la filière STAPS conformément à la loi sur le sport soient reconnus de droit pour encadrer les APS contre rémunération,
  • Pour que soit repris et poursuivi un travail commun et une collaboration entre le ministère de la Jeunesse et des Sports et le ministère de l'Education nationale sur le dossier des formations et des diplômes,
  • Pour qu'aucun jeune ne soit pénalisé du fait de « l'origine » de sa formation ou de son diplôme que ce soit auprès des employeurs ou dans les 2 systèmes de formation,
  • Pour la mise en place d'un grand service public de formation dans le secteur des APS regroupant les potentiels et les cultures du ministère de la Jeunesse et des Sports et du ministère de l'Education nationale.