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COMMUNIQUE DE PRESSE
Paris, le 21 février 2005

                    


Communiqué de presse FSU
relatif à la réforme des Directions Départementales de la Jeunesse et des Sports dans le cadre de la réforme de l’État

L’intégration en Préfecture sonne le glas du
ministère de la jeunesse et des sports

Démantèlement progressif, dénaturation des missions, mépris des personnels et des usagers

Face à l’intersyndicale (UNSA, FSU, CFDT, CGT) du ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative, le Cabinet de Jean-François LAMOUR a précisé le 18 février sa doctrine, en matière de réforme de l’Etat, pour accompagner le futur démantèlement des directions départementales. Ces dernières, par circulaire du premier ministre en date du 16 novembre 2004, sont appelées à être intégrées aux préfectures, là où les préfets le jugeront utiles. Cela se fait sans concertation, au mépris des métiers et de leurs dimensions éducatives. Le repli sur des aspects principalement régaliens est organisé au nom de conceptions sécuritaires. L’action éducative, peu lisible selon le Cabinet et l’inspection générale, est minorée pour laisser place à la «  réparation sociale », à une certaine idée de la politique de la ville conjuguée à la prévention de la délinquance, à la police administrative, au pilotage de dispositifs interministériels.

Même s’il se dit attaché à la pérennisation des services d’Etat du MJSVA, le Ministre soutient la logique du démantèlement voulu par Matignon. L’intégration progressive des DDJS aux préfectures constitue un véritable détournement des missions. C'est la transformation d'un ministère de tutelle des pratiques éducatives complémentaires à l’école - sportives et socioculturelles - en organisme de contrôle des pratiques sociales. Depuis 2002, les suppressions d’emplois, les compressions budgétaires, et désormais la vente d’établissements publics (CREPS de Montry) caractérisent ce ministère en perte constante de moyens. Ce dépérissement de la tutelle publique d’Etat vis-à-vis du mouvement sportif et des associations de jeunesse et d’éducation populaire est du plus mauvais effet au moment de la campagne pour la candidature de Paris aux jeux olympiques de 2012.

Déjà fragilisés au niveau de leur structuration régionale par une vague antérieure de la réforme de l’Etat, les services de la jeunesse et des sports sont voués à une détérioration certaine voire à une disparition. Délitement dans le ministère de l’intérieur, transfert partiel aux collectivités territoriales, cession au secteur marchand sont des scénarii, qui ne peuvent aboutir qu'à l'affaiblissement puis à la disparition du service public dans les secteurs de responsabilité du MJSVA.

La FSU entend prendre sa part dans les mobilisations citoyennes nécessaires pour sauver un MJSVA à dimension éducative. La vitalité du tissu associatif, la nécessaire indépendance politique de l’action socioculturelle et sportive, sa mise à l’écart des clientélismes sous la coupe de financements locaux, sont des indicateurs de la qualité d’une démocratie. S’opposer au projet du gouvernement, n’est pas seulement faire échec au dogme en vigueur de la logique comptable, c’est surtout porter un projet alternatif de société éducative tout au long de la vie.

Contact  SNEP : Pierre Delacroix : 01.44.62.82.15