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Projet de budget 2003 du ministère des Sports

Médiocrité

Amputé de près de 25% de son budget (départ de la Jeunesse), le projet de budget du ministère des Sports s'élève à 400,6 millions d'euros (1). Ce budget, qui représente 0,15% du budget de l'Etat, en progression de 1,3% (+ 3,1% en 2002), mesure bien l'absence d'ambition gouvernementale pour le développement d'une politique publique nationale dans le secteur du sport.
Le chapitre concernant le développement et la promotion du sport pour le plus grand nombre est significatif :
- Au niveau des emplois : 10 postes sont supprimés. De 1989 à 2003 sur 2933 emplois , 567 auront été supprimés soit - 20%,
- Au niveau des moyens : c'est une baisse de 9,7% des crédits et de 3,3% pour la rémunération des personnels d'encadrement,
- Les crédits concernant les CEL baissent également (- 4,1%),
- Pour le sport de haut niveau (JO et grandes manifestations internationales) : les crédits sont en baisse de 10%.
Depuis des années, l'Etat et les différents gouvernements n'ont jamais accordé au sport, les moyens nécessaires pour permettre à tous d'accéder à la pratique de son choix. Progressivement (et sous la pression des besoins) les collectivités territoriales et plus particulièrement les communes se sont substituée à l'Etat au niveau budgétaire.
Le projet de budget 2003 renforce cette orientation en diminuant d'une manière non négligeable les crédits et les moyens d'encadrement pour le développement du sport pour le plus grand nombre.
Notre appréciation sur le budget 2002 était : médiocre et sans ambition. Le budget 2003 va dans le même sens : continuité dans la médiocrité, plus préparation du démantèlement du ministère.
Le SNEP (comme le CNOSF) demandait le doublement du budget du ministère des Sports et un plan sur 5 ans de 2500 emplois de professeurs de sport (1700 pour le CNOSF).
Avec l'affaiblissement du ministère au niveau de son budget et de ses missions dû au rattachement de la Jeunesse au ministère de l'Education Nationale, il était nécessaire qu'une rupture budgétaire en faveur du sport soit opérée dès le budget 2003 pour conforter la place et le rôle de l'Etat dans le secteur du sport. Une augmentation de 20% du budget des sports soit 80 millions d'euros était tout à fait envisageable sans mettre en danger le déficit budgétaire de l'Etat. Ce n'est pas dans ce sens que le budget est orienté. Cela signifie que le gouvernement estime que la contribution de l'Etat pour le sport est globalement suffisante et qu'il s'en remet au FNDS (qui augmente de 6%) donc au loto pour augmenter sa contribution financière pour le sport.

(1) Le budget 2001 de la ligue 1 de football s'élevait à 900 millions d'euros, soit plus de 2 fois le budget du ministère des Sports. Le plan de programmation militaire prévu sur 6 ans représente 20 ans de budget du ministère des Sports.

Emplois du secteur sport : Evolution de 1989 à 2003
La comparaison porte sur les emplois de professeurs de sport, CE EPS, CTP, CTP2, agrégés, enseignants.

Année
Effectifs totaux

Administration
centrale (1)Art. 20

Encadrement
APS (2)Art. 50
Etablissements (3)
TOTAUX
1+2+3
1989
7349
15
2933
401
3349
1998
6731
11
2581
405
2997
2002
6743
52
2376
404
2832
2003
5949 (a)
53
2366
392 (b)
2811
89 à 2002
- 606
+ 38
- 557
- 9
- 559
2002 à 2003
- 794 (a)
+ 1
- 10
- 8 (b)
- 21 (b)

a) Le transfert des emplois du secteur jeunesse au budget du MJENR est très difficile à identifier, il correspond pour nous à 758 emplois.
b) 17 emplois Jeunesse transférés au MJENR, cela correspondrait à 5 emplois de PDS de plus dans les établissements. Au total moins 4 emplois pour le secteur.

Evolutions des emplois par catégories

Agrégés
Profs de sport
CE d'EPS
2002
37
5
2111
304
80
61
20
2003
37
5
2166
333
37
28
10
Différence
0
0
+ 55
+ 29
- 43
- 33
- 20
+ 84
- 96