|

Déclaration préalable du SNEP FSU, au CTPM du mercredi 29 septembre 2010

Objet : projet de décret portant sur les statuts des CREPS

C’est peut être le dernier CTPM spécifique à Jeunesse et Sports auquel nous assistons et force est de constater que nous examinons le devenir des dernières  entités « jeunesse et sports » de notre feu ministère.
Comme pour l’INSEP et les écoles nationales, vous continuerez d’entendre les représentants de la FSU  dénoncer dans le  texte relatif aux statuts des CREPS que vous nous présentez pour avis aujourd’hui, l’insuffisance de la représentation des personnels au conseil d’administration, mais à vrai dire ce n’est pas là la question qui inquiète le plus les personnels des CREPS et du service public de formation.

Ce projet de texte qui semble maintenir les missions de service public d’antan, vient percuter frontalement une volonté politique de désengager l’état de la gestion du sport en France. Cette volonté s’est exprimée très durement à l’égard de notre ministère notamment dans les processus de la réforme territoriale et de la révision générale des politiques publiques.
Depuis 3 ans , cette politique détruit lentement mais sûrement la mission du service public de formation notamment par

  • la fermeture d’un tiers de son réseau d’établissements
  • la réduction des postes des personnels techniques et pédagogiques dans les établissements remplacés par des personnels contractuels aux emplois précaires
  • l’arrêt arbitraire des crédits d’intervention d’aides à la formation pour les jeunes issus des zones urbaines sensibles et la réduction programmée des aides visant les jeunes sortis du système scolaire.

Cette stratégie redoutable relevant de la RGPP dont le seul objectif est de réduire les dépenses budgétaires de l’état touche la France d’en bas en  plein cœur, c’est à dire celle des jeunes sans ressources et sans qualification et remet en cause le principe même de l’égalité des chances dont le service public de formation aux métiers du sport se portait garant.

Nous vivons donc les derniers actes du service public de formation

  • premièrement avec la suppression des DDJS et  des DRDJS recomposées avec les services de l’action sanitaire et sociale dans des objectifs clairement fléchés sur  une mission de contrôle par les préfectures,
  • deuxièmement avec des Centres de Ressources et d’Expertise pour la Performance Sportive réorientés principalement dans leur contrat de performance sur la mission du haut niveau, ( ce qui pourrait amener dans l’avenir un autre resserrement du réseau des établissements, pour ne pas dire d’autres fermetures, si les objectifs de développement de pôles « France » n’étaient pas atteints).

Une nouvelle ère se prépare donc avec une « marchandisation » totale des valeurs du sport et particulièrement des valeurs éducatives et sociales qui semblent constituer pour beaucoup d’acteurs privés des enjeux économiques fortement convoités. Est-ce là le sens qu’il faut donner à la création de structure associée de formation dans votre projet de texte ?

La FSU dénonce cette politique d’abandon des publics fragiles en quête d’insertion. C’est un véritable paradoxe de  voir un ministère social perdre ses fondamentaux construits historiquement sur la valorisation humaine au profit des puissances de l’argent.