Salut à toutes et tous,
Début février et pendant quinze jours, suite à l'agression au couteau d'un élève du lycée Adolphe-Chérioux de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), nos collègues ont légitimement exercé leur droit de retrait au motif que leur sécurité, ainsi que celle de leurs élèves, n’était plus assurée. Il faut dire qu'avec seulement 11 assistants d’éducation pour 1 500 élèves et un parc de 43 ha, la surveillance ne peut être que partielle et épisodique.
Le décret du 9 mai 1995 relatif à l’hygiène et à la sécurité au travail prévoit donc qu'un fonctionnaire qui a « un motif raisonnable de penser que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé, ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection » peut cesser le travail et quitter les lieux sans, et c'est très certainement ce qui gêne le plus notre Ministre, qu’aucune sanction ou retenue de salaire ne puisse être prise à son encontre. Et ça, notre Ministre ne l'apprécie que très peu.
Tellement peu d'ailleurs, qu'il n'a pas longtemps hésité à s'asseoir sur ce droit, estimant très certainement que nos collègues en abusaient. Luc Chatel les a donc prévenus. Le droit de retrait couvrirait seulement les deux premières journées du mouvement, et le reste des « petites vacances » qu'ils avaient bien voulu s'accorder serait compté comme autant de journées de grève, bien entendu non rémunérées. Vous remarquerez au passage combien il peut être étrange, alors que rien ne distingue ces deux premières journées des dix suivantes que les unes soient payées et les autres pas. Comme si les jours suivants étaient subitement devenus moins dangereux !
C'est ainsi que nos collègues, de retour entre les murs, après avoir mené un bras de fer de deux semaines avec l'ancien DRH de l'Oréal, ont trouvé dans leur casier ce petit mot : " Je vous informe que les états relatifs à vos absences pour service non fait ont été transmis aux services du rectorat pour retrait de salaires. ". On sait maintenant que notre Ministre confond droit de retrait et retrait de droit ... de salaire. Tout simplement grotesque !
Mais toute cette histoire ne trompera personne. Cette décision a été prise, avant tout, pour décourager toutes celles et ceux d'entre nous qui voudraient à l'avenir user aussi de leur droit de retrait. Une sorte d'avertissement de bonne guerre pour les uns, une véritable déclaration de guerre pour les autres !
En tout état de cause, nous ne pouvons, ni ne devons laisser le Ministre agir de la sorte. Il ruine notre école tout en cherchant à étouffer les plaintes qui s'en élèvent. Souffrez donc, mais en silence !
Cela suffit !
A+
Fred |