Salut à toutes et tous
Le manque de personnels dans l'Education Nationale, résultant directement du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, devient tellement criant que Luc Chatel, notre sinistre, que l'obstination à nier cette évidence rend particulièrement ridicule, s'est senti obligé cette semaine de tracer trois nouvelles pistes pour faire face à la pénurie de remplaçants. Nous aurions pu croire qu’allaient surgir du cerveau de cet ancien DRH de l'Oréal des idées originales voire géniales ou tout simplement de bon sens, comme par exemple, augmenter de manière conséquente le nombre de postes aux concours. Mais pourquoi faire simple lorsque l'on peut faire compliqué ?
Ainsi, à l'arsenal des dispositifs déjà existants (remplacements De Robien, affectation des TZR sur zones limitrophes) ou en passe de le devenir (stages en responsabilité de 108h des étudiants de master préparant les concours, lauréats affectés dès la première année à temps complet, détachement en nombre de professeurs des écoles dans le second degré), Luc Chatel nous propose d'étendre encore davantage le rayon d'action des TZR, cette fois-ci, sur les académies limitrophes, ou encore d'avoir recours selon ses déclarations à "des partenariats avec Pôle emploi, en mobilisant ici ou là de jeunes retraités de l'Education nationale ou en travaillant avec des étudiants qui ne sont pas encore admis aux concours".
Ces propositions ahurissantes montrent, s'il le fallait, l'ampleur de la crise d'encadrement à laquelle nous sommes confrontés. Et finalement, rien ne semble l'arrêter. De plus, derrière toute cette agitation se cache quand même l'idée, et c'est certainement là le pire, que le métier d'enseignant peut être assuré au pied levé par du personnels non qualifié. Voilà une bien étrange vision de notre école où enseigner ne serait pas (ou plus) un métier qui s'apprend. Mais que voulez-vous ! Nos politiques qui changent de ministères comme de chemises doivent vivre dans la croyance absolue que c'est avec n'importe qui que l'on fait n'importe quoi. Alors disons-le ! Nous marchons véritablement sur la tête. L'école est en danger. Il ne s'agit pas là de je ne sais quel combat corporatiste ou encore de préserver des acquis déjà largement entamés. Il s'agit seulement d'offrir gratuitement à toute notre jeunesse, à celle et ceux qui feront le monde de demain, une école de qualité, émancipatrice et humaniste.
Si l'école était une banque, ils injecteraient sans sourciller des milliards pour la sauver. Alors je vous le crie tout en pesant mes mots. La manière dont ils agissent est criminelle et nous aurons un jour à les juger pour cela. En attendant, battons-nous, résistons, refusons, dénonçons. Il en va ainsi de l'avenir de nos enfants ! Saisissons l'occasion qui nous est offerte samedi 30 janvier de le dire haut et fort dans les rues de Paris à l'occasion de la manifestation nationale organisée par la FSU.
A+ et Bonne semaine
Fred |