Salut
à toutes et tous
Ca y est ! La grippe A, la mexicaine, la porcine ou encore H1N1 commence à faire ses premières victimes. Mais pas forcément celles auxquelles on s'attendait.
Dans notre pays, à l'heure où chacun, avec ou sans masque, retient d'inquiétude son souffle, à l'heure où la population tremble comme elle tremblait face à la farce du bug de l'an 2000, à l'aube d'une épidémie annoncée que nul ne voit vraiment venir mais dont certains ont déjà su tirer d'énormes profits, c'est bien dans notre profession que les premiers effets de ce virus se font ressentir.
N'allez surtout pas croire que H1N1 ait une dent particulière contre les profs d'EPS ou encore que ces derniers soient davantage exposés que le reste de la population. Rien de tout cela ! Mais pour vacciner toute une population que l'on pousse à trembler, il faut des lieux, des endroits propices à la valse des seringues. On aurait pu penser alors réquisitionner des églises comme au bon vieux temps de la grippe espagnole, la Tour Eiffel pour se donner un peu de hauteur face à l'événement, les musées pour conjuguer culture et piqûre, les salles des fêtes, les mairies, les halls de gare, les grandes surfaces et voire même les hôpitaux. Mais non ! C'est tellement mieux et plus naturel de jouer à l'intra musculaire dans une bonne vieille salle de sports.
Ainsi chaque jour, des collègues, de plus en plus nombreux et dépités, nous racontent comment ils se retrouvent destitués de leurs outils de travail, chassés sans concertation et pendant des mois de leurs gymnases transformés, pour la "bonne" cause, en centre de vaccination industrielle. L'époque, comme chacun le sait, étant propice à la pratique des activités physiques et sportives en pleine nature, nous devrions pouvoir à l'occasion de cours pratiqués sous la pluie et dans le froid fournir à nos élèves la possibilité d'attraper bien plus rapidement le mal pour lequel nos salles se trouvent réquisitionnées. Un comble !
Le SNEP, bien conscient des difficultés que rencontrent les collègues concernés, recense actuellement l'ensemble des cas observés sur le territoire (1). Il dénonce d'ores et déjà cette situation faite aux élèves, aux enseignants et à notre discipline et interpellera sous peu par courrier les préfets et le Ministre de l'Education Nationale, responsables de ces décisions. Dans la plupart des cas, d'autres solutions sont envisageables. A nous de le faire savoir auprès des décideurs. L'EPS ne peut être une victime collatérale de la grippe A !
A+ et bonne fin de semaine.
Fred
(1) Nous venons d'ouvrir une rubrique spéciale sur notre forum dans laquelle il vous est possible de témoigner des difficultés que vous pouvez rencontrer.
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