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Paris le mercredi 27 février 2008

 

Salaires : La FSU refuse de signer

Suite aux grèves des 20 novembre et 24 janvier, le ministre de la fonction publique a été contraint d’ouvrir des négociations salariales en faisant évoluer certaines de ses positions initiales sur quelques dossiers. Notamment celui de la valeur du point d’indice.
Pour autant, les mesures proposées sont loin de correspondre à nos revendications et s’inscrivent dans des orientations que nous contestons.
Concernant l’évolution du point d’indice : le gouvernement propose une augmentation de 0,5% au 1er mars, puis 0,3% au 1er octobre soit, à peine 0,6% en glissement annuel, compte tenu des dates où ces augmentations interviennent.
Cette mesure ne couvrira même pas l’inflation prévue à hauteur de 1,6% pour 2008 Elle consacre donc une nouvelle perte de pouvoir d’achat et fait l’impasse totale sur celles accumulées toutes ces dernières années : chacun aura pu constater sur ses feuilles de paie de l’an passé la dérisoire hausse de 0,8% en février, au titre du rattrapage de 2006, et rien au titre des 2,6% d’inflation de 2007 !
En quoi consiste le dispositif de garantie individuelle de pouvoir d’achat (GIPA), dont se prévaut désormais le ministre de la fonction publique ?
Prenons l’exemple d’un professeur d’EPS au 8ème échelon de la classe normale (indice 530) : au lieu d’augmenter la valeur annuelle du point d’indice* du même pourcentage que l’inflation annuelle et de le multiplier par 530, son patron, l’Etat, regardera par exemple s’il a changé d’échelon. Si c’est le cas, son salaire ayant de fait augmenté, aucune remise à niveau pour compenser la hausse des prix ne lui sera accordée. C’est un mécanisme redoutable qui conduira à :

  • une perte considérable de pouvoir d’achat,
  • un abandon de la progression de la carrière (donc un nouveau tassement de ce qu’on appelle la grille indiciaire) : au même échelon, un enseignant gagnera de moins en moins,
  • une déqualification de nos professions et une perte de reconnaissance du rôle social des personnels
    dans l’exercice de leurs missions,
  • une individualisation des rémunérations, donc une mise à mal des solidarités entre fonctionnaires de qualification équivalente.

Cette politique remet en cause le principe même du déroulement de carrière des personnels, puisque désormais c’est le changement d’échelon qui permettra de compenser la perte du pouvoir d’achat résultant de la baisse de la valeur du point d’indice.
Un avancement de grade, une promotion de corps permettront éventuellement de maintenir le pouvoir d’achat et non plus de progresser dans la carrière.
L’amélioration du pouvoir d’achat dépendra désormais de dispositifs individuels, le « travailler plus pour gagner plus » (HS, primes, etc.) ou la reconnaissance du « mérite » par la hiérarchie.
Le volet social comprenant la protection sociale complémentaire des agents et la réévaluation du montant des aides et des prêts accordés pour le transport et le logement dans les grandes agglomérations, est un du ! Et pourtant il nous est présenté comme une réponse aux pertes de pouvoir d’achat : ce n’est pas acceptable !
Le SNEP et la FSU qui revendiquent une carrière complète pour tous, une augmentation des  rémunérations en début de carrière et une répercussion sur l’ensemble des échelons, n’ont perçu aucune volonté d’aller dans ce sens dans la proposition ministérielle de reconstruction de la grille indiciaire.
Le ministère a essayé jusqu’au dernier moment d’obtenir l’accord des organisations syndicales.
Pour cela, il s’est même livré à un drôle d’exercice en saucissonnant son relevé de conclusions en six parties, espérant ainsi obtenir l’accord de syndicats minoritaires.
C’est le cas puisque CFDT, CFTC, CGC, UNSA ont accepté d’en signer des parties, FO le volet social, mais aucunes des organisations n’a signé l’accord sur l’évolution de la valeur du point d’indice.
La FSU** a refusé de signer l’ensemble du protocole non seulement parce que le compte n’y est pas (il entérine une nouvelle perte de pouvoir d’achat) mais aussi parce qu’il s’agit bien de mettre en place de nouveaux mécanismes de rémunération qui contribuent à une politique de paupérisation des fonctionnaires, à une remise en cause de la fonction publique de carrière et à une individualisation accrue des rémunérations.


Dominique DELIGNY


* 54,4113 euro au 1/01/07.
** Solidaire et la CGT, refuse de signer aucun des volets de l’accord salarial.