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EDITO
28 février 2010
Retraite : Place aux jeunes
Le conseil d’orientation des retraites
(COR) a rendu son rapport fin janvier.
Il a étudié la faisabilité d’une réforme du
système du régime calculé aujourd’hui en
annuité vers un régime en points ou en
« comptes notionnels » tous deux fondés sur
des cotisations définies mais avec des prestations
aléatoires. Un passage à ces types de
régime ferait disparaître les références collectives
à un âge de départ ou à une durée de
cotisation et aboutirait à une individualisation
des droits.
Le COR estime que techniquement tout
est possible, mais qu’aucun système ne peut
garantir par lui-même le retour à un équilibre
durable des finances. Il précise que quel que
soit le mode technique utilisé, la résorption du
déficit de l’assurance vieillesse repose sur trois
leviers : le niveau de ressources, celui des
pensions et l’âge de départ en retraite.
Il souligne donc qu’une telle évolution est une
question de choix politique quant aux objectifs à
atteindre en priorité (pérennité financière, équité
entre générations, degré de redistribution).
Si a priori le gouvernement ne retient pas l’hypothèse
d’un changement de système au vu de la
complexité de sa mise en oeuvre et du report
des effets escomptés dans le temps, il tente de
cristalliser le débat sur la durée de cotisation et
l’âge légal de départ en retraite, oubliant délibérément
de poser la question du niveau du
revenu après la cessation d’activité et encore
moins celle du financement.
Le catastrophisme, que le gouvernement
alimente, n’est pas justifié. Les financements
seraient plus conséquents s’ils
reposaient sur une politique active de l’emploi et
des salaires, donc davantage de cotisations,
associée à une contribution plus importante des
revenus. Il ne serait que justice d’élargir
l’assiette des cotisations aux revenus qui
aujourd’hui y échappent (participation, bonus,
hauts revenus, stock-options, niches fiscales…).
Les financements sont à la portée d’une société
qui s’enrichit : Le PIB va plus que doubler d’ici
2050. Avec une augmentation de 1 700 milliards
d’euros de la richesse nationale en 2050,
comment nous faire croire qu’il est impossible
de financer les 200 milliards supplémentaires
(6 points du PIB) nécessaires au maintien des
retraites telles qu’elles étaient avant les contre
réformes Balladur et Fillon ?
L’allongement de la durée de vie est certes
réelle mais pourquoi priver les travailleurs qui
ont contribué aux progrès économiques et
sociaux d’en profiter pleinement dès 60 ans.
Place donc aux jeunes qui sont de plus en plus
scandaleusement privés d’emploi.
Ne nous laissons pas abuser et
imposons un réel débat démocratique
Anne GALMICHE |