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Citoyenneté syndicale et représentativité

Cela fait déjà quelque temps que je ne suis plus dans la tendance Ecole Emancipée et je ne suis pas pour autant dans le courant de pensée U&A. J' attribue à dessin les termes respectifs liés à l'histoire et à la culture de ces deux entités. N'étant donc ni de l'un ni de l'autre, je dois m'interroger sur le statut de celles et de ceux, qui comme moi, sont des hors tendances. En terme de représentativité syndicale, la chose est complexe. L'approche du congrès et la mise en place des phases contributives puis électives, vont déterminer et plus encore surdéterminer la représentativité des élus aux fonctions de direction de notre syndicat. Le résultat des votes déterminera la représentation nationale  entre les camarades de l'Ecole Emancipée et de ceux d'U&A. Ce qui donne en fin de course un courant majoritaire et un autre minoritaire. Les syndiqué-és du Snep ont donc le choix entre deux courant  sans que puissent s’exprimer celles et ceux qui se situent hors tendance ou sans tendance.

La constitution et l'intitulé des listes intègrent d'ailleurs cette notion. La liste EE ne serait pas constituée que de camarades de l''EE puisque cette liste est «à l'initiative de l'EE » donc cela sous entendrait que des camarades qui ne sont pas à l'EE peuvent en faire partie. Le courant U&A ouvre de son côté sa liste aux «sans tendance ». Ce qui fait que l'espace politique des « sans tendances » est de fait d'appartenir à une tendance s’ils veulent  exister dans le débat et dans l'exercice délibératif. Ce qui est tout de même un paradoxe démocratique. Un autre fait tout aussi paradoxal serait d'organiser les « sans tendances » en... tendance. Pourtant il est légitime qu'un syndiqué puisse être acteur du débat mais surtout de ce voir intégrer au processus du congrès, donc à terme de son orientation, .Ce qui est pour le moins le minimum que l'on puisse attendre d'un syndiqué. Ceci ne va pas dans le sens d'une remise en cause du droit de tendance qui est légitime et garant d'un débat démocratique (même si les tendances actuelles du SNEP se dessinent dans un périmètre historiquement daté). .Donc comment s'exprimer en dehors de ces courants tout en participant à la construction d'une expression syndicale.

Être sans tendance ne signifie pas pour autant être sans orientation. Je suis porteur d'une orientation d'un syndicalisme de résistances aux attaques du capitalisme sous toute ses formes mais aussi d'un syndicalisme de transformation très sociale ouvert sur les problèmes sociétaux, de solidarité internationale, de développement durable et des droits humains. A ce titre, je devrais donc me prononcer sur le vote soumis aux syndiqués sur les textes d'orientation. Il est probable que je me retrouverais dans des parties du texte proposé par U&A et aussi dans celui de l'EE et il y aura des parties dans lesquelles je ne me reconnaîtrais pas. Et là, hélas, s'arrête ma citoyenneté syndicale. Je ne peux qu'être d'accord ou en opposition aux deux choix qui me sont proposés. Je ne peux ni élaborer, ni émettre un choix, ni mixer ni ouvrir des fenêtres. Mon statut de « sans » m'impose une sous citoyenneté syndicale et m'inscrit dans la passivité de la validation positive ou négative des textes qui me sont proposés.

Il y a là une vraie question a traiter du point de vue démocratique pour  définir un espace pour les syndiqués qui se situent hors des tendances constituées

Je profite donc de ce moment particulier pour questionner  les instances nationales et académiques et réfléchir a cette véritable question du droit des « hors  tendances » pour qu'ils ne deviennent pas des « sans droits syndicaux ».

Daniel Vey
Snep Paris