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QUEL SYNDICAT, POURQUOI FAIRE ?

Quand et pourquoi se poser cette question ?

Le "carnet d'échange" fait état des choix quant aux deux grands thèmes de réflexion du congrès: rapport EPS/sport/société d'une part et enjeux de démocratisation du Service Public d'éducation et de formation d'autre part.
Sauf à se contenter d'un syndicalisme "virtuel", la question "de quel outil syndical a-t-on besoin ? " doit se poser avec force.

Une question seconde, mais pas secondaire

S'il vaut mieux savoir ce que l'on veut faire et pourquoi on veut le faire (objet des deux thèmes centraux) avant de s'organiser, ce ne sont qu'à travers des "actes" que les idées commencent à vivre. La question de l'outil syndical, qui permet de passer du dire au faire, est donc indissociable de toute activité syndicale, et c'est par lui que se révèle concrètement l'orientation.... De ce point de vue, nous posons-nous suffisamment et jusqu'au bout la question de notre outil syndical et de son fonctionnement ?

Une question d'orientation, complexe et jamais achevée.
Oui, le SNEP a une orientation :

- les deux "mamelles" du SNEP : historiquement, la profession a toujours considéré comme indissociable la question de la défense des personnels (tâche constitutive de tout syndicat) et celle de la défense de la discipline, se donnant comme outil un "syndicat disciplinaire" ayant comme souci premier "le métier au coeur".

- les deux "mamelles" du SNEP : historiquement, la profession a toujours considéré comme indissociable la question de la défense des personnels (tâche constitutive de tout syndicat) et celle de la défense de la discipline, se donnant comme outil un "syndicat disciplinaire" ayant comme souci premier "le métier au coeur".

- Une certaine idée du fonctionnaire et du service public. Dépassant cette défense du métier, l'orientation du SNEP intègre une conception exigeante du fonctionnaire et du service public: un fonctionnaire "de conception", ne se situant pas certes au dessus et en dehors des pouvoirs décisionnels (et donc ne pouvant pas revendiquer tout et n'importe quoi...), mais dont l'expertise (sa formation, son expérience professionnelle - tant individuelle que collective) lui donne le droit ET le devoir de se faire entendre dans le processus de régulation sociale inhérent à toute décision politique.

Dans ce cadre là, la revendication du fonctionnaire n'est pas subversive, mais quasiment d'intérêt général, son efficacité "au service de tous" ne pouvant pas être dissociée de sa dignité.

- Le syndicat, un acteur social "majeur et vacciné".
Cette conception doit le conduire, fort de son "expertise", à revendiquer le statut d'acteur social à part entière, quel que soit le pouvoir politique du moment. Les changements de majorité ayant eu lieu depuis 81 apportent la preuve que si le syndicat ne dit pas ce qu'il a à dire, personne ne le dira à sa place. Rappelons le souci constant que cette "parole syndicale" doit intégrer au mieux et en permanence l'intérêt général.

- De la réflexion... à l'action... pour transformer l'existant.
Si ce statut implique informations, réflexions, analyses, élaboration de revendications et de propositions, il mène aussi à l'action. Si le syndicat considère que ses demandes rentrent dans le cadre de ce qui est indispensable à l'exercice correct du métier, il ne lui reste plus, faute d'avoir pu convaincre le décideur politique ou administratif, qu'à le contraindre. C'est dans le cadre des transformations obtenues grâce à l'action que peuvent être envisagés les "services rendus" par le syndicat, à savoir la satisfaction des revendications individuelles ou collectives. De ce point de vue, il ne s'agit pas de se contenter d'être pour ou contre: si l'on veut être cohérent avec tout ce qui vient d'être dit, le rôle du syndicat, c'est de s'insérer concrètement EN PERMANENCE ET LE MIEUX POSSIBLE dans le mouvement social.

En définitive, de quel outil a-t-on besoin ?

- Mais d'abord, l'outil, c'est qui ? Peut être devrions nous considérer cette interrogation comme LA question primordiale. Là aussi, le SNEP a une orientation. Reste bien sûr à ce que nous la fassions vivre tous ensemble. L'outil syndical, c'est d’abord et avant tout l'ensemble des syndiqués, à égalité de droits et de devoirs... Certes, il y a bien "l'appareil", à savoir l'ensemble des structures statutaires du SNEP (militants départementaux, académiques, nationaux...) et qui vont d'ailleurs être renouvelées à l'occasion du congrès de Villeneuve d'Asq. Mais cela n'a rien à voir avec un partage entre des "demandeurs" et des "acteurs". Si l'on peut noter des secteurs d'intervention différents, nous sommes tous, sous des formes diverses, à égalité de responsabilités. Et toutes les questions posées à propos de "l'outil", du "syndicat" s'adressent à tous... et bien entendu la suivante:

- Quelle organisation collective, comprenant le plus grand nombre devons nous faire vivre tous ensemble pour permettre:
* de s'informer réciproquement
* de faire vivre le pluralisme
* d'agir concrètement chacun à son niveau pour permettre un rapport de force susceptible de faire bouger les choses.

Où en sommes nous ?

Si l'on considère le chemin parcouru, Le SNEP (nous tous...) peut être fier pour tout ce qu'il a fait bouger par le passé et dans le contexte actuel. Si l'on considère le niveau des enjeux qui nous concernent, il n'est pas contradictoire de dire que nous n'avons pas l'outil (nous tous...) à la hauteur. Il ne s'agit pas de sacrifier à la mode de l'auto flagellation sur la place publique, mais bien, si nous sommes d'accord sur l'importance sociale de notre action, de repérer tous les obstacles à l'amélioration de cet outil.

Quels grands domaines de réflexion pour le congrès ?

L’exigence d’efficacité de l’action revendicative devrait nous conduire à explorer trois espaces de réflexion:

- où en est-on de l'évolution du contexte syndical dans lequel notre activité syndicale va obligatoirement se situer ?
- comment organiser ce "tous ensemble" pour mieux passer du dire au faire, de nos mandats à l'activité de transformation, quelle vie syndicale au sens le plus large du terme qui permette d’atteindre ces objectifs ?
- Quelles modifications de nos statuts envisager pour nous aider dans ces tâches ?

Robert Joufret