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MOTION PRATIQUES SPORTIVES A L'UNIVERSITE

I - LA DIVERSITE DES PRATIQUES

Ces pratiques sont multiformes et concernent différents publics :

  1. Les modules sportifs : ce sont les enseignements d’APS intégrés aux différents cursus universitaires. Plus de 100 000 étudiants bénéficient de cette formation culturelle et méthodologique.
  2. La formation générale (les pratiques non intégrées dans un cursus) : elles peuvent être compétitives, éducatives, de loisirs... 300 000 étudiants les choisissent.
  3. Les pratiques dans le cadre de la FNSU : 40 000 étudiants, auxquels il convient d’ajouter les étudiants en STAPS (20 000 ? 30 000 ?).
  4. Les pratiques spécifiques des 45 000 étudiants en STAPS : 200h/an/étudiant en principe (cf texte officiel de mai 97), en fait de 80 à 300h/an.
  5. Les pratiques formatives pour la préparation au professorat des écoles.
  6. Les pratiques des personnels des Universités : inscrites dans la loi, mais très inégales.

II - L’ENCADREMENT

Les SUAPS comptent 650 enseignants dont plus de 80% de professeurs d’EPS, soit 1 enseignant pour 2300 étudiants, un pour 600 pratiquants ou encore un pour 60 (par créneau d’une heure et demie d’enseignement).

Les UFR STAPS comptent 800 enseignants " second degré " (dont 350 profs d’EPS) et 400 enseignants-chercheurs. Ce potentiel ne couvre que la moitié des charges d’enseignement dues aux 45 000 étudiants. Le nombre des vacataires est donc pléthorique (sans doute 3000). La formation pratique et technologique dans les APS est assurée par les enseignants " second degré ".

III - RESSOURCES ET CONTRAINTES pour le DEVELOPPEMENT

Les sondages montrent que 70% des étudiants souhaiteraient pratiquer une activité sportive à l’Université. Quelles sont les difficultés objectives qui peuvent expliquer ce différentiel (20% de pratiquants vs 70% de candidats virtuels) ?

  1. Les installations sportives (cf. texte spécifique)
  2. L’encadrement statutaire

Pour accueillir davantage d’étudiants et réduire les effectifs dans les groupes de pratiques, il faut programmer, sur 4 ans, 600 postes dans les SUAPS, soit 150/an.

La réponse actuelle du Ministère consiste à prôner le tutorat assuré par les étudiants en STAPS. Outre le fait que l’intérêt pédagogique peut se justifier à partir de la Licence STAPS, cela ne résoudra pas fondamentalement le problème, d’autant que ces étudiants en STAPS devront également être encadrés par des enseignants.

Pour ce qui concerne les STAPS, ce sont 800 ETE (équivalent au service d’un enseignant-chercheur) qu’il faut programmer sur quatre ans, pour réduire de moitié le déficit et atteindre l’objectif ministériel de 30% d’HCC. Cette année, une centaine de postes d’enseignants-chercheurs devraient être publiés.

  1. La formation générale ou enseignements intégrés :

Quelle que soit leur nature, les pratiques d’APS sont objets de formation, pour leurs caractéristiques intrinsèques, sociales et culturelles, mais aussi pour leur contribution au développement personnel et à la citoyenneté, à condition d’une analyse, voire d’un traitement préalable. Elles constituent un champ d’expérimentation de savoir-être et de savoir-faire, accompagnant les savoirs académiques de la formation disciplinaire des étudiants, facilitant leur insertion sociale et professionnelle. Pour autant, on ne saurait minorer les objectifs de santé et d’équilibre psychologique, facteurs indéniables de réussite.

Les enseignants d’EPS des SUAPS revendiquent fortement cette mission d’encadrement, qu’ils considèrent comme fondamentale et relevant de leurs compétences.

IV - Les modules sportifs

La future loi sur le sport doit instituer ces enseignements. L’avant-projet (article 7) ignore les établissements de l’enseignement supérieur, alors que le Ministre de l’Education Nationale a déclaré : " Je suis d’accord avec la création de modules sportifs " devant la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, le 7/7/98. Cela permettrait une reconnaissance légale de toute l’activité d’enseignement des collègues des SUAPS, en accord avec le statut des professeurs d’EPS (décret 1980) mais en contradiction avec le décret Lang sur les services dans l’enseignement supérieur (" l’encadrement de la pratique des APS n’est pris en compte (que) pour les 2/3 de leur durée réelle dans le calcul des services ").

Ces modules doivent aussi être intégrés dans les maquettes, sans les placer en concurrence avec des enseignements jugés incontournables pour la formation disciplinaire (ex. informatique, langues...). Quelles sont les conséquences de la semestrialisation et de la réforme " BAYROU " sur les modules sportifs ? Le volume annuel de ces UV d’enseignements représente de 20 à 70h, selon les modules. Le coût de ces enseignements, en général " nul " parce que pris en compte par le SUAPS, devrait être à la charge de l’UFR ou de l’IUT qui les programme et non dépendre du seul volontarisme des Services.

Les bonifications ou coefficients de ces modules doivent être en rapport avec les volumes horaires et les contenus enseignés. Il s’agit bien de valoriser des compétences sportives, au même titre que d’autres acquis culturels. L’évaluation prend en compte les présences (75% obligatoire), les compétences pratiques et les connaissances théoriques.

V - Les rythmes universitaires : la demi-journée réservée à la pratique sportive

Actuellement, le jeudi après-midi est fortement compromis par la pression due aux emplois du temps et aux charges de travail concentrées sur certaines périodes d’examens. La participation aux compétitions FNSU est de plus en plus difficile.

Les rythmes universitaires ne sont pas mentionnés dans le projet de loi qui pourtant fait référence aux rythmes scolaires. Là encore, en l’absence d’un point d’appui légal, il est très difficile de faire prendre en compte cette nécessité par les Conseils Universitaires. Nous demandons cette reconnaissance légale, qui va de pair avec l’obligation de créer une A.S. dans chaque établissement d’enseignement supérieur.

L’organisation semestrielle des enseignements aboutit à des difficultés de suivi annuel des pratiques. Il convient d’adapter la programmation et les calendriers des rencontres pour permettre aux étudiants de participer souplement dans les périodes les plus favorables ; on pourrait envisager deux " gros " trimestres séparés par une période, janvier/février, consacrée aux examens disciplinaires et aux stages d’APS.

VI - L’association sportive

Les associations sportives étudiantes représentent souvent les plus dynamiques des associations sur un campus. Elles remplissent une mission de service public. A ce titre elles doivent bénéficier d’aides diverses :

  • inscription dans la loi de l’obligation d’une AS dans chaque établissement
  • subventions de l’Université, inscrites dans le contrat d’établissement
  • encadrement reconnu officiellement dans les services des enseignants
  • statut des étudiants bénévoles (dispense d’assiduité, prorogation des droits d’inscriptions, diplômes d’université...)

On ne peut pas tenir un discours dominant sur la fonction d’intégration sociale de la vie associative et ne pas créer les conditions pour faciliter l’investissement des étudiants volontaires, Pour cela il faut étudier une validation optionnelle de la pratique et/ou du management de la vie associative universitaire.

Les enseignants des SUAPS sont légitimement attachés au fonctionnement de l’Association Sportive et à leur rôle de formateurs dans ce secteur, d’autant que le turn-over étudiant est par nature très important. Les charges annexes afférentes à cette mission doivent être évaluées et forfaitairement incluses dans les services.

Pour ce qui concerne les UFR STAPS, la situation critique actuelle a eu comme conséquence de réduire la part de la pratique associative et compétitive dans les cursus et dans les services des enseignants. Si cette dégradation se poursuivait, elle ne serait pas sans conséquences sur la culture professionnelle des futurs enseignants d’EPS. Comment défendre le sport scolaire si durant la formation initiale, l’étudiant n’a pas cette expérience-là ?

VII - Le droit sportif

Actuellement, plus de 50% des budgets de la majorité des SUAPS dépendent du droit sportif. Il s’agit d’un prélèvement de l’ordre de 50frs dont doivent s’acquitter tous les étudiants au moment de leur inscription à l’Université, à l’instar des droits de bibliothèque. Si demain cette ressource disparaissait la plupart des SUAPS déposent le bilan. Alors, quelle alternative ? Ces droits sportifs, qui dépendent de l’autonomie universitaire, créent une situation inégalitaire. Nous sommes favorables à une évolution vers un système plus transparent, dans le cadre réglementaire, garantissant la pérennité des crédits de fonctionnement. En effet, quel que soit le mode de financement, ces ressources sont indispensables à la gestion et à la maintenance des installations sportives universitaires.

Lorsque les étudiants paient ce droit sportif, ils doivent, en retour, pouvoir bénéficier de prestations.

Nous sommes résolument pour la concertation et nous avons le sens des réalités et des responsabilités. Pourquoi ne pas consacrer une table ronde ministérielle, avec la CPU bien sûr, et les représentants étudiants, GNDS et tous les partenaires concernés à ce délicat problème ?

VIII - Objectifs prioritaires

  • Installations sportives : dans le cadre du plan U3M, réalisation de 300 000 m2 de surfaces couvertes, au vu des projets des Universités
  • Assurer la qualité des pratiques sportives des étudiants en STAPS et le respect des volumes horaires prévus dans les textes sur les diplômes officiels de 97.
  • Valoriser les APS dans tous les cursus, par une mention dans la loi et des résolutions des C.A. d’Université permettant leur mise en place.
  • Prévoir le droit effectif d’accès, pour tous les étudiants volontaires, aux activités de l’association sportive particulièrement le jeudi après-midi.
  • Assurer une meilleure coordination des structures de formations (SUAPS, STAPS...)
  • Exiger des crédits de fonctionnement critérisés et fléchés pour une bonne gestion des équipements sportifs universitaires.
  • Création de 150 postes au bénéfice des SUAPS les plus déficitaires, pour l’année 1999/2000.