|

MOTION SERIE EPS

Une nouvelle voie de réussite scolaire, universitaire et professionnelle, pourquoi ?

  1. Une ancienne revendication dans un nouveau contexte

Cette revendication n’est pas une nouveauté pour le SNEP. En 1990 dans la période préparatoire à la R.P.L. un colloque SNES-SNEP-SNESup avait mis en débat la création d’une série générale EPS scientifique.

Depuis, la demande longtemps contenue de poursuite d’études en STAPS et le nombre croissant d’étudiants en échec dans le premier cycle universitaire, placent notre discipline devant une nouvelle responsabilité. L’EPS doit pouvoir contribuer à la réussite scolaire, universitaire et professionnelle en s’inscrivant dans la diversification des offres de formation, tout en n'enfermant pas les lycéens dans un seul choix d'orientation.

Dès l’annonce de la décision du Ministre de créer un bac technologique, option EPS, suivi d’un BTS, nous sommes intervenus pour que les discussions ne s’engagent pas dans cette seule perspective.

Le SNEP milite pour l’égale dignité des voies et des séries, pour que les séries technologiques débouchent, elles aussi, sur des formations universitaires de haut niveau. C'est le sens de notre proposition d’offrir après l’enseignement d’orientation en EPS en seconde, soit une série générale EPS, soit une série technologique valorisant l'une comme l'autre la culture originale dont est porteuse l'EPS dans l'optique d'une réussite scolaire.

Conformément à notre mandat de congrès, nous avons poursuivi la réflexion sur la nature que pouvait prendre un nouveau dispositif de valorisation des acquis des élèves dans le domaine des APSA en milieu scolaire.

Pendant les négociations, le ministère a demandé au SNEP de lui faire des propositions. Nous avons répondu à cette sollicitation et soumis à la profession nos hypothèses pour débat.

Les contenus de formation que nous avons proposés pour les deux séries, ont plusieurs visées et s'inscrivent dans l'organisation actuelle des formations en lycée :

- Permettre la réussite au bac des lycéens qui ont le goût de la pratique des APSA et autoriser à tout moment des réorientations,
- Favoriser une entrée positive en STAPS,
- Autoriser une orientation vers un premier cycle universitaire autre que STAPS,
- Déboucher éventuellement vers des BTS.

  1. La réflexion sur les deux séries doit être poursuivie

Ce changement de statut de la discipline, induit par la perspective de ces nouveaux parcours de formation en lycée, suscite des appréciations contradictoires.

Les enseignants d’EPS sont légitimement attachés au statut actuel de notre discipline Celle-ci doit poursuivre sa contribution à la culture générale, à la construction de "l’honnête homme du XXIème siècle", mais cet objectif n'est pas contradictoire avec l'émergence d'un parcours de formation permettant la construction d'un projet universitaire ou professionnel.

Nous avons choisi avec les difficultés que cela représente de dénoncer par un vote contre, les nouvelles grilles horaires et la charte, de poursuivre la réflexion engagée sur les disciplines constitutives les programmes, les horaires, les débouchés des deux séries.

  1. La proposition ministérielle d'une série EPS dans la seule voie technologique ne peut rester en l’état

Une série technologique qui serait présentée comme destinée prioritairement à la préparation à un BTS métiers du sport n’intéresserait qu’un nombre extrêmement limité de lycéens. Cette série doit permettre par ses objectifs et ses contenus, l’accès à divers cursus universitaires.

Le choix fait de ne proposer qu’une seule série technologique peut amener nombre de lycéens à s’orienter après d’autres filières de formation vers les STAPS sans posséder les pré-requis qui les aideraient à faire ce choix en toute connaissance de cause.

L'annonce de ne créer qu’une série technologique reste donc insuffisante pour répondre à la diversité des besoins des publics lycéens, à une nouvelle ambition pour le lycée du XXIème siècle.

Pour autant, nous faisons le choix de ne pas refuser cette perspective et dans les négociations qui s’engageront, nous ferons valoir une conception ambitieuse de cette série. Nous la prenons comme une nouvelle étape vers la place que nous revendiquons pour notre discipline dans le système éducatif.

Le voeu du CSE, en faveur de l’ouverture d’une série générale et d’une série technologique est un encouragement.

Le Ministre doit revenir sur sa décision.

AXES REVENDICATIFS

  • Les nouvelles grilles horaires prévoient dès la rentrée 99, l’ouverture en seconde de l’enseignement de détermination en EPS. Les collègues qui souhaitent proposer cet enseignement, doivent le faire voter par les prochains conseils d’administration.
  • L’implantation de cette série ne doit pas être laissée sous la seule responsabilité des Recteurs. Des appels d’offres doivent être lancés. Le SNEP doit intervenir.
  • Toute implantation doit se faire, accompagnée de moyens nouveaux.
  • Un groupe mixte MJS-MEN travaille à la création d’un BTS. Le SNEP doit être associé à ces travaux.
  • Le SNEP a la responsabilité à tous ses niveaux d’organiser le débat afin d’affiner ses propositions :

- sur les contenus de formation en EPS : articulation pratique d’approfondissement-polyvalence physique–partie théorique, et sur leur place respective dans les horaires,
- sur les contenus de formation dans les autres disciplines,
- sur les TPE,
- sur l’évaluation au Bac.

  • Le contenu d’éventuels BTS, en liaison avec l’ensemble du champ des formations aux métiers du sport, doit également être travaillé avec l’ensemble des collègues.