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MOTION RETRAITE

L'avenir des retraites est une des questions sociétales les plus lourdes en débat actuellement. Le SNEP et tous ses adhérents doivent s'impliquer avec toute la détermination qu'imposent les enjeux.

- En 1993 l’application du plan BALLADUR-WEIL, offensive de grande ampleur contre les droits sociaux et contre les retraites, n’a pas provoqué les réactions nécessaires du monde du travail ; par contre, le plan JUPPE de 95 s’est heurté, en ce qui concerne les régimes particuliers de retraites, à une résistance importante qui a empêché les dégradations programmées. Aujourd’hui sur la base de rapports convergents fondés sur des chiffrages dramatisateurs ou peu fiables (le chômage en 2040 …?), le régime des retraites par répartition et les régimes particuliers sont mis en cause au profit des fonds de pensions, d’une couverture uniforme et minimum. Pourtant, si l’unité et la combativité des retraités se développent, la mobilisation n’est pas à la hauteur de l’enjeu sociétal et économique.

- L’avenir des retraites, notamment dans la fonction publique, concerne les retraités mais avant tout les futurs retraités que sont les actifs ;

- Le SNEP doit mettre toutes ses forces et son autorité dans la bataille actuelle pour maintenir et accroître la place de l’EPS dans le système éducatif, les droits sociaux, paritaires et syndicaux, la place des services publics pour combattre les inégalités croissantes ; pourtant, la place n’est pas réellement faite aux retraités dans le SNEP, tant dans la réflexion, les tâches, les responsabilités, l’action, que dans la syndicalisation.

Le congrès du SNEP considère que les retraités ne sont pas des privilégiés.

Les luttes menées dans le monde du travail et dans la fonction publique, l’accroissement des richesses produites par les travailleurs, l’exigence croissante de droits sociaux accrus pour tous, avaient entraîné une progression significative des pensions : les retraités vivent aujourd’hui généralement mieux qu’hier, sans toutefois être des privilégiés.

Cette situation qui a stimulé l’activité économique a aussi permis aux retraités d’apporter une aide appréciable aux générations suivantes confrontées davantage à la crise de l’emploi, à la précarité, aux salaires bloqués, aux inégalités croissantes. Cette responsabilité incombe aux orientations libérales réduisant de façon forcenée le coût du travail en faveur des profits financiers et sacrifiant les besoins sociaux.

La solution aux problèmes rencontrés aujourd’hui ne consiste pas à amputer les pensions de retraite. C’est par un développement nouveau et décisif de l’emploi stable, de la formation, des qualifications et des rémunérations, par un nouvel essor des services publics et des droits sociaux, par une fiscalité et des cotisations sociales plus justes et plus efficaces taxant les profits et la spéculation que les moyens du développement de tous seront trouvés.

Les actifs doivent prendre la mesure de l’enjeu de la bataille pour le maintien du régime des pensions de la fonction publique.

Dans les débats du SNEP et de la FSU, dans les actions pour la défense des retraites et des pensions de la fonction publique, mise à part lors de la lutte contre le plan JUPPE, les actifs ne se sont pas assez impliqués. Pourtant, ils sont les plus concernés par les reculs initiés par le plan BALLADUR-WEIL contre le régime général (40 annuités, 25 années de référence, désindexation des salaires) dont les conséquences pèsent sur les autres régimes ; ils sont les plus visés par les dégradations en cours, par la campagne prospective sur les échéances 2040, par les rapports et projets régressifs. Tout est fait pour leur faire oublier que les richesses produites ne cessent d’augmenter, que la politique qui sacrifie l’emploi stable et les rémunérations pèse sur les caisses de retraites.

Ces problèmes ne doivent pas êtres abandonnés aux seuls retraités et les actifs doivent contribuer à leur meilleure prise en compte.

L’information et le débat sur ces questions, associant actifs et retraités, doivent prendre une importance plus grande dans le SNEP : dans les différentes instances syndicales, par la mise sur pied de stages syndicaux ouverts à tous, dans les interventions auprès des élus, dans nos publications, en particulier en direction des jeunes PLC2 pour lesquels un tract pourrait être rédigé.

Le SNEP doit prendre toute sa place dans les réunions départementales FSU d’information, de réflexion et de mise en perspective d’actions en convergence avec les autres fédérations et confédérations syndicales.

Le congrès du SNEP

- Affirme son attachement à la spécificité du code des pensions et au maintien de la budgétisation.

- Dénonce la campagne de dramatisation privilégiant les scénarios catastrophes à la seule fin de privilégier la mise en place de fonds de pension.

- Réfute l’idée que l’allongement de la durée de cotisation et l’introduction de mécanismes d’abattements pourrait assurer l’avenir des retraites (et notamment les 42,5 annuités suggérées par CHARPIN).

- Rejette toutes solutions qui entraîneraient des dégradations, et qui contribueraient à accroître le chômage des jeunes.

- Refuse une éventuelle création d’une caisse autonome qui viserait à amputer les retraites.

La pénibilité de notre profession, la détérioration des conditions de travail, entraînent des problèmes de santé et nombre d’accidents de travail. C’est pourquoi le SNEP revendique la possibilité pour les femmes de prendre leur retraite à 55 ans, et pour les enseignants, qui le souhaitent, la possibilité de partir à 55 ans dans les conditions optimales.

Le SNEP doit mobiliser tous les enseignants d’EPS pour :

- faire vivre cette revendication, en l’articulant avec l’amélioration de la CPA et le maintien du CFA.   Elle permettrait en outre d’accroître l’emploi de jeunes diplômés.

- obtenir la pérennisation du congé de fin d’activité (CFA).
- la possibilité pour les enseignants d’EPS d’accéder à la CPA, dès 50 ans et l’aménagement du   temps de travail sans incidence sur la pension de retraite.
- la prise en compte de l’ensemble des années d’études à caractère professionnel.

- la prise en compte de tous les services de non titulaires y compris ceux exercés dans le privé (temps   partiel qu’il soit voulu par les collègues ou imposé par l’administration).

- la bonification de 2 ans par enfants (au lieu d’un actuellement).

- l’extension de ces mesures au père ayant élevé seuls ses enfants.

- l’intégration totale de l’indemnité de résidence dans le traitement soumis à retenues pour pension.

- le retour au plafonnement à 30100 Francs de l'abattement pour frais professionnels, pour les   retraités.

- pour les veuves, veufs, divorcé(e)s, le retour au plafonnement à 16 100 Francs de la ½ part attribuée   pour les enfants.

- l'augmentation du pouvoir d'achat des retraités.

- une véritable prestation dépendance gérée par la sécurité sociale.

- reprend à son compte les mandats exprimés lors des derniers congrès.

Les retraités ont tous leur place dans le SNEP

Au moment où un nombre sensiblement accru d’enseignants d’EPS accèdent à une retraite bien méritée mais aussi au CFA bienvenu ou à la CPA, leurs problèmes spécifiques (pouvoir d’achat et activités de qualité, santé et droits sociaux, prestation dépendance) doivent être mieux pris en compte ; ils sont les premiers concernés par leur définition et leur avancée, dans le SNEP, avec la FSU et les autres organisations concernées.

Les retraités du SNEP ne sont pas indifférents au devenir de l’EPS, à sa place dans l’institution scolaire et à la transformation en cours de la formation et du métier d’enseignant d’EPS ; ils sont concernés et ils ont des choses à dire fondées sur l’expérience acquise. Face aux tâches considérables auxquelles le SNEP et la FSU sont confrontés, les retraités du SNEP doivent prendre toute leur part dans les luttes, et le syndicat doit faciliter leur investissement profiter de leur expérience et leur disponibilité. Dans des formes adaptées, la participation des retraités à l’activité du SNEP doit être renforcée et la désyndicalisation au moment de la retraite doit être enrayée.

A tous les niveaux, la structuration des retraités, dans le SNEP et la FSU, doit s’améliorer : renforcement du collectif national et de son information, mise en place de collectifs académiques ou départementaux ou pour le moins de correspondants - animateurs, implication plus forte des retraités dans les collectifs syndicaux, présence dans le congrès du SNEP...