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MOTION LYCEE

I - Un lycée qui doit bouger pour la réussite de tous les élèves

Alors que la priorité aurait du être accordée au collège où les problèmes les plus difficiles se posent, C. Allègre a décidé de revoir l'organisation et les objectifs du lycée.

Quelle est la situation à ce niveau de la scolarité ?

L'objectif fixé par la loi d'orientation de 89, de faire accéder 80% d'une classe d'âge en 2000 au niveau bac, accompagné d'une rénovation pédagogique, s'est traduit par une massification de la scolarisation dans les lycées, une augmentation croissante du taux de réussite au bac, des effets positifs sur les recrutements des CPGE (L et ES) et de certains DEUG.

Mais depuis trois ans cette démocratisation est en panne. L'inégalité entre les séries persiste malgré la revalorisation des séries littéraires et une série SES attractive.

La voie technologique, après avoir constitué un levier de promotion sociale et de démocratisation du système éducatif, subit une stagnation de ses effectifs. Le Ministère semble vouloir sa transformation, en remettant en cause ses ambitions.

"L'égale dignité" des trois voies reste à conquérir.

Une relance de la scolarisation dans les lycées s'imposait. La fin de la scolarité obligatoire devrait être fixée à 18 ans et non à 16, ce choix n'est pas fait. Un bilan de la réforme commencée en 1992 pour le niveau seconde devenait indispensable pour apporter les améliorations nécessaires à la relance de la scolarisation, à la poursuite de la démocratisation, il n'a pas été fait.

II – nos propositions pour des évolutions nécessaires

1. Faire réussir tous les élèves

Contrairement au choix initial du Ministre les propositions portées par le SNES et le SNEP dès le début du projet de réforme, s'inscrivent dans la poursuite de la diversification des voies et des séries. L'améliorer pour s'attaquer réellement aux problèmes posés par la massification a un coût. Pour nos deux organisations, une réforme ambitieuse ne peut se faire hors de la mobilisation des personnels et à moyens constants.

1.1 - Poursuivre et améliorer la diversification des offres de formation dans les lycées

Pour le SNES et le SNEP la diversification des voies et des séries correspond à l’arrivée des nouveaux publics scolaires, à la diversité de leurs attentes, de leurs goûts, de leurs projets, de leur culture.

Mais la hiérarchisation de ces voies et séries persiste. La cohérence interne des séries doit être revue pour que chacune d'elles constitue un parcours de réussite scolaire, ouvre des perspectives d'études supérieures.

La voie technologique doit être reconnue comme un élément fondamental de la diversification et mieux préparée dès la classe de seconde. Ses débouchés vers l'université doivent être affirmés. L'orientation à l'issue de la classe de seconde doit être "ouverte" pour tous.

1.2 - Combattre l’échec d’un trop grand nombre d’élèves :

En répondant prioritairement à la demande exprimée à la fois par les enseignants et les élèves de réduire les effectifs des classes.

C'est dans la classe que commence le climat de confiance, la dynamique de groupe, la participation active des élèves, nécessaires à l'appropriation des savoirs.

En complément de ce temps commun, il faut ajouter des travaux en petits groupes, des moments d'aide aux élèves en difficulté. Cette aide doit être intimement liée à ce qui passe en classe, rendue obligatoire et sous la responsabilité des enseignants.

1.3 - Améliorer les conditions de travail des enseignants en intégrant dans leur service les tâches de suivi et de concertation en diminuant le temps de travail en classe entière.

1.4 - Réaffirmer la place de la pédagogie et développer une ambitieuse politique de formation.

1.5 - Revoir certains programmes et les épreuves constitutives du bac tout en préservant son caractère national et de premier diplôme universitaire. L'expérience des enseignants d'EPS qui massivement ont demandé dans la consultation la réintroduction d'une part de contrôle ponctuel, démontre s'il en était besoin que l'introduction massive du CCF est incompatible avec le caractère national de cet examen

2. Des propositions pour que l'EPS, la culture corporelle occupent la place qu’elles méritent dans les lycées

Le SNEP a fait valoir un ensemble de propositions indissociables. Toutes sont nécessaires, chacune représente un pas en avant pour l’ancrage et la valorisation de l’EPS dans le système éducatif.

a) Les horaires obligatoires

  • Faire passer l’horaire obligatoire à 3h pour tous (étape vers les 5h) est une priorité. Une programmation pluriannuelle doit être annoncée en commençant par les classes d’examen.
  • Mettre en place un " soutien obligatoire " pour des élèves présentant des difficultés corporelles insupportables en cette fin de siècle.
  • Revoir les procédures d'évaluation aux examens (voir motion spécifique).

b) Les pratiques facultatives

  • Développer l’option facultative et l’étendre aux bacs professionnels. Garantir sa présence et son développement.
  • Permettre aux enseignants d’EPS d’avoir une place dans les nouveaux ateliers artistiques.

c) contribution de l’EPS à la réussite scolaire et universitaire

  • ouvrir une série EPS au bac (voir motion spécifique).

Un an après la consultation lycées, dans quelles directions s’oriente la réforme ?

Dans son état actuel cette réforme est toujours le résultat du rapport de force que les enseignants à l'appel du SNES et du SNEP, ont établi.

La charte ne propose pas le lycée très appauvri dans ses contenus et ses horaires que d’aucuns souhaitaient promouvoir en s’appuyant sur la consultation. Pour autant le projet de refonte des programmes est fondé sur la baisse des exigences, au nom de savoirs jugés trop lourds, abstraits, inutiles. De plus, la baisse générale des horaires accentuera l’échec au lycée. Elle peut même conduire à son contraire. La diversification des voies et des séries est maintenue mais le choix d’opérer une réforme à coût constant, ne peut que limiter l’ambition de faire accéder tous les élèves aux savoirs nécessaires pour aborder le XXIème siècle et celle de permettre à chacune d'elle des débouchés vers le haut.

Les nouvelles grilles horaires de la classe de seconde applicables dès la rentrée 99, sont l'illustration du choix du redéploiement des moyens :

  1. l’aide individualisée pour les élèves en difficulté est financée par une perte d’enseignement pour les autres, par une diminution des options. Elle n'est pas obligatoire.

  2. les nouvelles grilles horaires font apparaître des possibilités de dédoublement plus nombreuses, mais les DHG pour la rentrée 99 sont inchangées,

  1. la baisse des effectifs fixée à 35 en terminale dés la rentrée 99 se traduit déjà par le projet de supprimer des classes de seconde et d’augmenter leurs effectifs.
  2. la proposition (SNES-SNEP) d'aides complémentaires à partir de moyens supplémentaires n'a pas été retenue.

Cette charte réalisée de plus à coût constant n’exprime pas clairement une ambition démocratique pour les lycées :

  • Elle propose une redéfinition progressive de l'organisation du service, en intégrant le travail en classe entière, en petits groupes, le suivi des élèves et l'organisation du travail en équipe.

Au-delà de cette déclaration d’intention on peut se demander si dans les faits elle correspondra à ce que nous demandons : du temps dégagé pour le travail en équipe, l’encouragement de l’initiative, de la diversité des pratiques pédagogiques, le développement de la FPC, l’amélioration de la formation initiale.

  • Plusieurs points de la charte peuvent jeter les bases du désengagement de l'état que nous combattons :
  • Le choix en lui-même d’une charte, est une façon de fixer des orientations en se dégageant sur le local de la responsabilité de leur mise en œuvre.
  • Les deux innovations fortes de cette réforme, auxquelles nous adhérons : l'aide individualisée en seconde et les TPE en première et terminale sont au coeur du débat sur l'équilibre à trouver entre le nécessaire cadrage national et la part d'initiative laissée aux équipes pédagogiques.

Elles méritaient une réflexion approfondie sur leur organisation, leurs objectifs, leur suivi. Tout ceci est laissé sous la seule responsabilité des projets d'établissement, des chefs d'établissement, des IPR. C'est une avancée du local par rapport au national qui s'annonce.

  • La charte envisage de supprimer les commissions permanentes, de redéfinir les CA. Est-ce pour introduire plus de démocratie dans les lycées pour les jeunes et les personnels ou pour diminuer la représentativité des enseignants en donnant plus (trop) de pouvoir aux chefs d’établissement, aux parents, aux élèves ?

Ces projets dénotent une absence d’ambition, même si l’intervention des personnels à pesé.

Quelle place pour l’EPS dans ce contexte ?

Une nouvelle fois dès le début de la consultation lycées l’impasse totale est faite sur la place de la culture sportive et corporelle à cette étape de la scolarité.

Nous avons dû intervenir à chaque moment de la consultation. Sans la demande pressante du SNEP, notre discipline n’était pas présente dans les colloques disciplinaires. Elle n'a pas été intégrée aux colloques Morin. Cependant, la demande exprimée par les lycéens d’accorder plus de place aux pratiques physiques et sportives n'a pu être ignorée par P. Meirieu dans son rapport final.

Mais pour notre discipline rien n’est possible sans augmentation des recrutements.

Nos courriers, nos interventions ont abouti à des propos généreux dans la charte, ainsi que la possibilité de proposer " des modules spécifiques d'EPS, sur besoins repérés aux élèves ayant des difficultés corporelles particulières ". Mais les nouvelles grilles horaires proposées pour les rentrées 99 et 2000 montrent que ces propos ne sont suivis d’aucun engagement mis à part l’annonce que nous estimons insuffisante et réductrice d’une nouvelle série EPS dans la voie technologique.

Le lycée du XXIème siècle continue d’ignorer l’une des dimensions incontournables de la formation des jeunes lycéens.

III - Quelle activité syndicale pour faire prendre en compte nos propositions ?

A la question de la consultation : quelles dispositions institutionnelles et dispositifs pédagogiques préconisez-vous pour faire émerger les qualités que développe votre discipline ? Les enseignants d’EPS ont plébiscité dans l’ordre : l’augmentation des horaires, la diminution des effectifs et l’amélioration ou la construction des équipements sportifs.

La mise en action sur ces trois revendications reste une difficulté qu’il faut dépasser pour qu’enfin des avancées se produisent.

Augmenter l’horaire obligatoire :

  • la pétition pour les 3h en lycée lancée par la voie du bulletin national doit être accompagnée d’une vaste campagne de signatures.
  • dans les CA, il faut prolonger le voeu adopté par le CSE en le faisant voter.
  • des expériences positives sont menées :dans des établissements difficiles, les bulletins départementaux et le bulletin national doivent s'en faire l'écho.

Baisser les effectifs : l’EPS dans les nouvelles grilles horaires pour les rentrées 99 et 2000 est la seule discipline qui ne bénéficie ni de modules, ni de dédoublements, des actions sont à inventer :

  • Portes ouvertes aux élus, aux parents,
  • Semaine d’action avec des dédoublements, faisant apparaître le nombre d’élèves en excédent et ainsi le nombre d’heures d’EPS supplémentaires.

Les modules spécifiques d’aide aux élèves en " difficulté corporelle ", en " échec en EPS "doivent être mis en place :

  • Quelle évaluation inventer en fin de 3ème, à l’entrée en seconde révélatrice de retards, de mal être corporel qui handicapent la vie présente et future de l’élève ? Combien sont concernés ?
  • Et si dans un premier temps, on exigeait le savoir nager pour tous, quelle traduction dans l’organisation de notre enseignement ?