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MOTION FEMMES

Depuis 30 ans, la situation des femmes a profondément évolué et de manière irréversible. Des progrès et des acquis importants ont vu le jour, permettant des avancées sociales, mais celles-ci restent fragiles et en-deçà des attentes espérées.

La persistance d’inégalités entre les femmes et les hommes, les discriminations ou violences que les femmes subissent dans bien des domaines, sont autant de raisons qui justifient l’engagement du SNEP à agir avec la FSU pour faire évoluer la situation. L’ensemble des revendications couvrant les champs des droits à l’autonomie, à la santé… sont incluses dans la motion FSU qui reste notre référence. Nous avons choisi de travailler sur les problèmes spécifiques de la femme Professeur d’EPS.

  • Fonction Publique

S’il est vrai que le statut de la Fonction Publique est la meilleure garantie contre les inégalités multiples au sein du monde du travail, la situation dans la Fonction Publique ne repose pas toujours sur un traitement égalitaire : les femmes restent majoritaires et de loin, dans les catégories C. Le salaire moyen des femmes est inférieur de 15,7%. Le recours massif aux emplois précaires (vacataires, CES…), la déréglementation et la privatisation de secteurs entiers de la Fonction Publique, aggravent encore la situation des femmes qui sont contraintes très majoritairement, à recourir à ces différents types d’emplois et aux temps partiels.

Le SNEP se prononce pour un véritable droit au travail des femmes, une véritable égalité à l’embauche (refus de la précarité et du temps partiel imposé) et l’arrêt de toute discrimination salariale.

  • Education Nationale

Au sein même de l’Education Nationale, des différences perdurent. Il existe des mécanismes de discrimination dans le déroulement des carrières et l’accès aux postes de responsabilités.

En EPS, tant au niveau des catégories, des secteurs d’intervention, de l’avancement, des conditions d’emploi et des tâches particulières, il est fait mention d’inégalité mais toutes ces questions nécessitent que des constats soient fait dans chaque académie sur la base d’enquête à établir. Ceci permettra d’opérationnaliser dans chaque secteur des axes revendicatifs plus précis et concrets

La disparition de toute notion de postes distincts (hommes et femmes) présente un danger très grand pour la discipline. Le congrès réaffirme la nécessaire mixité des équipes pédagogiques.

Le SNEP s’engage à analyser et dégager des propositions qui permettront une réelle égalité. Il est nécessaire que dans tous les domaines, des statistiques sexuées soient exigées afin de pouvoir établir une analyse précise des discriminations.

  • Au niveau de l’enseignement

Le système scolaire a un rôle important à jouer pour parvenir à l’égalité et aux libertés citoyennes. C’est un enjeu central pour les filles et les garçons. L’école doit être un lieu où elles et ils appréhendent le droit à l’égalité, dans une conception dynamique de la mixité et de la laïcité respectueuse de leurs différences.

L’EPS contribue à la démocratisation de l’accès de toutes et tous, aux pratiques physiques. Le sport scolaire en créant des formes propres des rencontres, en développant particulièrement les pratiques féminines, les formations d’officiel(le)s, en restant attentif à la diversité des demandes des jeunes, filles et garçons, est essentiel.

Mais, des problèmes demeurent :

- la question de la mixité – l’EPS pour les filles est-elle la même que celle pour les garçons – quelle recherche au niveau d’une réelle formation citoyenne dans la filière STAPS (accès des filles, déficit de certaines pratiques…) – l’évaluation – les programmes... – quelle recherche en didactique ?
- le manque d’installations sportives couvertes pénalisant les pratiques possibles des APS sollicitées par les filles (danse, GRS…).
- travail sur la représentation de l’image de l’enseignant(e) EPS.

Le SNEP doit s’engager plus délibérément et systématiquement dans un débat sur ces questions, de façon plurielle, afin de dégager des pistes de réflexion pour un autre développement de l’EPS et du Sport Scolaire, et pour une transformation progressiste des pratiques physiques et sportives.

  • Place des femmes

L’absence des femmes des lieux de décisions est une constante de la vie politique, économique et institutionnelle française. Le syndicalisme n’échappe pas à cette réalité.

Afin de permettre aux femmes d’accéder aux responsabilités et ce, à tous les niveaux, et de trouver les voies d’une réelle mixité, le SNEP se fixe comme objectif de mettre en place des mesures qui permettront, à terme, une représentation conforme à la réalité de la profession :

- développement de la formation syndicale,
- réflexion sur une conception plus collective du militantisme,
- meilleure gestion du temps et de la durée des réunions.

Une commission mixte de travail devra dans le SNEP être mise en place afin que les objectifs fixés et soulignés dans la motion puissent être mis en œuvre en particulier dans les domaines de la carrière, de la santé, du métier et de la formation citoyenne.

  • Conclusion

La défense des droits des femmes est partie prenante de lutte d’ensemble du SNEP contre les exclusions, les discriminations et pour l’égalité. Elle contribue ainsi aux nécessaires transformations culturelles et sociales.