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MOTION FORMATION CONTINUE

La crise de l'école, de la société, de leurs rapports, qui s’accroît, nous impose de penser différemment la professionnalité des enseignants d'EPS et leur formation continue. Le professionnel est celui qui exerce une activité qui répond à une demande sociale et institutionnelle. Un débat national doit donc avoir lieu sur les missions de l'école et de ses enseignants. En effet sans que ces missions soient clairement définies, l'attente sociale est de plus en plus forte, multiforme : éduquer, instruire, socialiser, " pacifier "... Il est évident que selon les missions de l'école, les compétences attendues, la professionnalité ne seront pas les mêmes et donc les formations initiale et continue ne seront pas les mêmes.

De plus lorsque les sociétés sont en crise, la formation fait question et on est obligé d'explorer d'autres modèles que ceux qui consistaient à simplement reproduire. Former c'est innover, c'est aider chaque personne à trouver sa forme (cela vaut aussi bien pour la formation des élèves, des enseignants et des formateurs).

Ce que nous voulons

Dans ce contexte nous voulons :

  1. Une formation continue de qualité, c'est à dire :
  • Une formation continue de haut niveau scientifique, didactique, pédagogique ayant un ancrage disciplinaire fort, c'est à dire une formation continue qui permette à chaque enseignant de maîtriser les savoirs "à" et "pour" enseigner, qui ressource, dynamise et donne du plaisir, conditions indispensables pour faire réussir tous les élèves en et par l'EPS.
  • Une formation continue qui articule réellement le questionnement et l’expertise des collègues d’établissements scolaires avec les recherches (pédagogiques, didactiques) conduites à l'I.N.R.P, dans les U.F.R. et les I.U.F.M.
  • Des formateurs qualifiés, reconnus, plus nombreux, missionnés et recrutés en toute transparence.

(On peut rajouter ici le paragraphe de la motion de Montargis "des formateurs qualifiés et reconnus")

  • Une réelle formation continue qui ne soit pas qu'une information.
  • Une formation par la recherche pour les enseignants " second degré " en poste dans l’enseignement supérieur. Cela exige des décharges annuelles de service, réglementaires. En outre, ces enseignants doivent pouvoir bénéficier d’une formation spécifique de la fonction d’enseignant à l’université.
  • Pour transformer les pratiques, prendre en compte la diversité des élèves, incorporer les travaux de la recherche cela prend du temps.

C'est pourquoi le SNEP revendique que 10% du temps de travail soit consacré à notre formation continue.

Cette formation continue pourrait prendre 2 formes :

  • soit l'attribution de 3 heures de décharges pendant 1 année pour travailler au sein d'un groupe qui se réunirait sur une journée banalisée à cet effet.
  • chaque enseignant devrait bénéficier de cette formation au moins une fois tous les 5 ans. Les enseignants travaillant dans des établissements difficiles devraient en bénéficier au moins tous les 3 ans. En effet cette forme de formation continue ne pose pas de problèmes de remplacement ni de reprise en main des classes au retour de stage (ce qui est parfois très coûteux en énergie).
  • soit un volume de 15 jours par an (soit 3 semaines).

Cette formation plus lourde ne s’oppose pas à la formation collective que nous connaissons au niveau des secteurs.

  1. Une formation continue de tous et pour tous

En effet le problème prioritaire auquel nous sommes confrontés est la non-participation d’un grand nombre de collègues à la F.C. même si nous sommes la discipline où plus d'un enseignant sur deux, fait de la formation continue.

Les conditions d’accès ne sont pas égalitaires.

Dans le même temps où nous exigeons plus d’offre de stages , nous insistons sur l’idée de créer les conditions de la dynamisation de l’ensemble de la profession plutôt que de concevoir la F.C. comme une obligation institutionnelle.

Cette dynamisation passe par la possibilité donnée à chaque collègue d’être acteur de sa F.C. (de la formulation de ces demandes à la construction des actions).

Cela suppose l’existence de structures démocratiques articulées du secteur, bassin, district au département et à l’académie, où les personnels participent à l’élaboration des plans et actions de formation.

Cela suppose que les missions des responsables de secteur soient mieux reconnues.

C’est pourquoi le SNEP fait de la préservation et du développement des dispositifs originaux de formation continue que les enseignants d'EPS ont su construire et faire reconnaître par l'institution. un axe prioritaire de l’intervention syndicale. Alors que les travaux de la table ronde ministérielle (rapport du recteur de Toulouse M. de Gaudemar) insiste sur le fait qu'il faut diminuer les offres de formation type catalogue pour aller vers une formation associant plus les personnels à leur élaboration, il est inadmissible que la FPC de secteur soit actuellement remise en cause.

  1. Une formation continue sur le temps de travail

Vu les débats actuels sur le temps de travail, nous tenons à préciser que le temps de service est celui qui va du lundi au samedi durant toute l'année scolaire en dehors des périodes de vacances.

Car la formation continue c'est :

- un droit (loi du 16 juillet 1971 qui reconnaît un rapport direct entre la formation continue et l'amélioration de la professionnalité) et une obligation de la part de l'employeur. Nous avançons la revendication de consacrer 10% de son temps de travail à sa formation continue.

- un temps de travail coûteux en énergie. Ce temps se surajoute à toutes les tâches de plus en plus complexes, difficiles du métier au quotidien. Vouloir mettre la formation continue en dehors du temps de service conduirait soit à un alourdissement de la charge de travail soit à la non-participation de la plupart des enseignants.

Nous revendiquons une augmentation des possibilités d'accueil des universités d'été qui sont actuellement saturées et qui refusent des demandes pour les enseignants qui le souhaitent.

Nous revendiquons par ailleurs une augmentation du volume des congés formations et le rétablissement des congés mobilités.

C'est pourquoi nous dénonçons :

  • le double discours du ministère :

* qui affirme d'une part que la FC est un des chantiers prioritaires (Allègre 1998), que les directions du MEN s'attacheront à assurer le remplacement pour les catégories de personnels qui renoncent à la formation pour cause de non-remplacement (contenu du protocole FC non signé par l'administration 1997),

* qui demande d'autre part aux recteurs de refuser tout stage si l'enseignant ne peut être remplacé. Maintenant c'est aux chefs d'établissement de décider !!Non, la F.C. ne doit pas être pilotée prioritairement par les questions du remplacement.

D'autant plus que les moyens en titulaires remplaçants diminuent au budget 99 !!

  • l'amalgame entretenu volontairement entre absentéisme et départ en formation continue (qui ne correspond qu'à 1,3% des cours non remplacés).
  • la volonté de reprise en main des orientations et des contenus de la formation continue par la mise en place d'une FC obligatoire, définie par l'institution qui serait sur le temps de travail par opposition à une FC pour soi, volontaire (qui devrait se faire sur son temps libre).
  • la faiblesse des moyens qui en définitif traduit le manque de volonté politique de former des enseignants, citoyens, concepteurs à la hauteur des enjeux de la démocratisation du système éducatif.

L'ACTIVITE SYNDICALE PERMETTANT L'AVANCEE DU DOSSIER DE FORMATION CONTINUE
La première chose à faire est d'assurer une solidarité avec nos collègues privés de formation continue.

En effet une inégalité croissante se développe selon que l'on soit confronté à un chef d'établissement zélé ou non. Les interventions syndicales des collègues de l'établissement, du secteur, des responsables départementaux et académique du SNEP doivent s'exercer aussi bien au niveau des chefs d'établissements, de l'IPR, de l'IA et du Recteur. Elles peuvent associer les parents d'élèves en s'appuyant sur la déclaration du représentant de la FCPE lors de la table ronde ministérielle : "pour les parents, nous n'avons pas à prendre en compte la nature de l'absence. On veut un remplacement c'est tout. Par ailleurs nous réaffirmons que la formation continue des enseignants est un droit et une nécessité".

Cette activité revendicative doit s'accompagner de la construction par chaque académie d'un plan et dispositif de formation continue pour l'EPS qui s'appuie, valorise et améliore le fonctionnement des structures déjà existantes. Les besoins en formateurs, remplacements doivent clairement être avancés.

Une initiative nationale du SNEP aura lieu au troisième trimestre. Son objectif est de centraliser et rendre public d'une part les besoins et d'autre part les propositions du SNEP.

Cela pourra prendre la forme d'un "manifeste pour une formation continue de qualité au service des élèves, des personnels et du service public" qui servira de base à des interventions aussi bien auprès de l'administration que des partenaires du système éducatif.

Ces démarches doivent être menées en étroite collaboration avec l'ensemble des syndicats de la FSU aussi bien au plan local, académique que national.