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MOTION EQUIPEMENT

L’enseignement de l’EPS à tous les niveaux de la scolarité se heurte aux mauvaises conditions matérielles de travail ; cette situation perdure depuis de très nombreuses années.

Lorsqu’elles existent, les installations pour l’EPS sont trop souvent éloignées des établissements, inadaptées à l’enseignement scolaire, quelquefois dégradées et dangereuses. De multiples difficultés de fonctionnement (chauffage, entretien, gardiennage…) gênent leur utilisation ; l’insuffisance globale d’équipements produit une concurrence malsaine qui tend à opposer les utilisateurs scolaires (écoles, collèges, lycées) et universitaires entre eux ou avec d’autres utilisateurs.

Des établissements nouveaux sont construits, d’autres réhabilités, sans que soient prévues les installations pour l’EPS.

Le SNEP dénonce la persistance des blocages, des atermoiements, des oppositions entre collectivités territoriales et locales ainsi que l’absence quasi totale d’initiatives émanant de l’Education nationale et de ses services.

L’Etat porte la responsabilité première des retards accumulés et des contentieux qui se sont ensuite développés.

Le caractère national du service public de l’EPS est mis en cause par l’accentuation des disparités entre Communes, Départements et Régions, entre villes, banlieues, zones rurales… Ces disparités aboutissent à des ségrégations à caractère social, les jeunes socialement les plus défavorisés ayant, souvent encore moins que d’autres, accès à des équipements de qualité.

Le SNEP constate que ces disparités ne sont pas toujours la conséquence de possibilités financière différentes ; elles sont le reflet de politiques locales qui ne prennent pas en compte la réalité des besoins scolaires, alors que d’autres collectivités assumant pleinement leurs compétences se sont engagées dans des programmations de constructions nouvelles, des plans de rattrapages des retards et de réelle participation au fonctionnement des installations sportives utilisées par les scolaires.

Le SNEP considère que chaque jeune doit pouvoir disposer pour sa formation physique, de conditions matérielles comparables et de qualité, quel que soit le lieu où il est scolarisé. C’est une question de justice et d’égalité !

Pour le SNEP le développement des équipements sportifs pour l’EPS doit faire partie intégrante d’une politique démocratique d’aménagement du territoire sportif.

Après consultation des principaux utilisateurs civils, scolaires et universitaires, l’Etat et les collectivités territoriales doivent établir à tous les niveaux des schémas directeurs assurant sur l’ensemble du territoire national une offre équilibrée, diversifiée d’équipements répondant à l’ensemble des besoins, en particulier la formation physique obligatoire. Par exemple, l’absence de piscines couvertes sur des territoires entiers met en cause la nécessaire acquisition du " savoir nager " dans le cadre scolaire obligatoire (principe d’égalité).

Par la Loi, l’Etat doit s’assurer que l’enseignement de l’EPS pourra disposer des équipements nécessaires, en particulier en référence aux programmes officiels de la discipline. Il doit clairement affirmer la responsabilité des collectivités de rattachement (Conseils généraux pour les collèges, Conseils régionaux pour les lycées), dans la construction et la mise à disposition prioritaire des installations pour l’enseignement de l’EPS et le fonctionnement du sport scolaire.

Dans le même temps, les collectivités territoriales ne pouvant assumer seules les exigences de rattrapage, de création et de rénovation des équipements, le SNEP se prononce pour des plans concertés entre Régions, Départements et Communes, impulsés par le vote d’une Loi-Programme d’Equipements Sportifs assurant une contribution financière incitative de l’Etat.

A CHAQUE ETABLISSEMENT SES INSTALLATIONS POUR L’EPS ET LE SPORT SCOLAIRE

Une réglementation nationale doit fixer les exigences optimales en matière d’installations pour chaque établissement de façon à permettre une organisation cohérente de l’enseignement de l’EPS et du sport scolaire tenant compte des horaires obligatoires, des programmes et certifications officiels, des effectifs, du nombre de sections appelées à travailler simultanément.

Un établissement de dimension moyenne (collège 600 – lycée 900) doit pouvoir disposer à temps plein durant les heures scolaires :

  • D’une grande salle (plus de 1000m²)
  • D’une salle semi-spécialisée (minimum 250m²)
  • Des installations pour l’athlétisme et les grands jeux
  • De la possibilité d’utiliser une piscine par période de 10-12 séances pour chaque section et des possibilités comparables pour se déplacer vers des sites naturels pour les APPN (sorties, stages).

Ces exigences seront modulées en fonction de la taille de l’établissement, selon le principe : 1 classe, 1 professeur, 1 espace collectif de travail.

La présence des équipements doit être effective dès l’ouverture des établissements nouvellement construits.

La gratuité des accès aux installations et des déplacements doit s’imposer pour tous les établissements ; elle doit être assurée par les collectivités de rattachement par le biais de conventionnements qui doivent en outre donner des garanties sur la sécurité des installations.

D’autre part, les impératifs de régularité pédagogique nécessitent que les installations restent disponibles durant toute l’année scolaire et qu’au moins deux tiers du temps d’EPS puisse se dérouler sur des installations couvertes adaptées.

Ces installations, véritables " salles de classes pour l’EPS ", adaptées aux exigences fonctionnelles des pratiques scolaires doivent être modernes, diversifiées, de qualité.

Présentes si possible à l’intérieur même de l’établissement ou à proximité immédiate, les installations sportives s’intègrent dans une conception unitaire de l’établissement qui doit redevenir un authentique lieu de vie riche au plan éducatif, culturel, sportif, participant ainsi à la lutte contre les phénomènes de ségrégation, d’exclusion, de violence.

PLUS DE SECURITE

Dans de nombreux établissements, la dégradation des installations et matériels utilisés, leur vieillissement, l’absence de maintenance, mettent en cause la sécurité des élèves.

Le SNEP qui participe activement aux travaux de l’Observatoire National de la Sécurité se félicite des propositions faites pour améliorer les situations à risques. Il reprend à son compte l’exigence d’un référentiel pour le contrôle des équipements utilisés par les scolaires et demande la création d’une Commission Départementale de la Sécurité des installations et matériels sportifs.

Il demande les vérifications, les remises en ordre, réparations et remplacements dans les plus brefs délais. La conformité des installations doit être régulièrement certifiée par les autorités de tutelle. Sur cette question, le SNEP appelle les collègues à la plus grande vigilance et à l’intervention immédiate, par écrit, auprès des autorités administratives et gestionnaires des locaux en cause, en recherchant les convergences avec les autres utilisateurs et les parents.

L’ACTION

Le SNEP doit aider les collègues à exprimer leurs besoins à partir de la réalité de chaque établissement en construisant des dossiers revendicatifs qui assurent la permanence de la revendication, en les présentant à tous les niveaux de décision vers l’ensemble des responsables politiques et administratifs, en recherchant les alliances les plus larges avec les autres enseignants, les parents, les élèves, les OMS, les sportifs.

Le SNEP appelle les S2 et S3 à construire des plates formes revendicatives départementales et régionales qui tracent des pistes de progrès pour la construction d’installations, leur fonctionnement, à les présenter auprès des Préfets, des Recteurs, IA, IPR, Conseils généraux et régionaux, et à investir avec la FSU les structures de concertation existantes (CAEN, CDEN…) pour y faire avancer nos exigences.

Le SNEP doit impulser et coordonner toutes ces initiatives au plan national par l’intermédiaire du bulletin national et par l’organisation de temps forts nationaux permettant de fédérer et amplifier les revendications sur les équipements.

Dans ce cadre, le SNEP organisera également dans l’année scolaire 1999-2000, les " 2ème rencontres nationales pour les équipements sportifs " dans l’optique d’affiner la conception et la fonctionnalité des espaces nécessaires à l’enseignement de l’EPS.

La définition des exigences qui découlent de cette réflexion (vers l’élaboration d’un référentiel national sur les équipements) sera de nature à nourrir le développement de l’action revendicative.