|

MOTION COLLEGE

Un contexte paradoxal : des réformes, mais quels progrès ?

congres1.jpg (15676 octets)Dans les collèges, la mise en oeuvre de la réforme "Bayrou" se poursuit (Nouveau Contrat pour l'Ecole et collège pour tous : classes de 3e concernées à la rentrée 99). Aucune évaluation sérieuse de ses effets n'a été réalisée, et pourtant, le Ministère de l'EN organise, en ce début d'année 1999, un débat national pour définir le "Collège de l'an 2000", qui pour lui reste le terme d'une scolarité obligatoire maintenue à 16 ans.

Le SNEP émet les plus grandes réserves à l’égard de cette consultation :

  • Le risque est grand qu’elle soit instrumentalisée pour justifier de nouveaux redéploiements et des baisses de DHG. Les évolutions souhaitables ne peuvent se faire à moyens constants.
  • Malgré notre intervention (SNES-SNEP) et les évolutions obtenues, la consultation reste trop axée sur les aspects périphériques de l’acte d’enseignement. L’acquisition de savoirs, le nécessaire travail sur les contenus d’enseignement n’occupent pas la place centrale qui doit être la leur durant la scolarité au collège.

Les collèges représentent un point sensible, parce qu'ils accueillent la totalité des jeunes à l'âge où ils entrent dans l'adolescence, quand le profil scolaire et les perspectives d'avenir prennent forme. Dans un contexte social difficile marqué par la crise, le chômage, la difficulté pour de nombreux jeunes à se projeter dans l’avenir, les contraintes liées à la gestion des horaires par la DHG ne permet pas d’enseigner et d’apprendre dans de bonnes conditions.

Le développement de ghettos sociaux et scolaires, que la "politique des ZEP" et autres "plans anti-violence" ne font au mieux qu'accompagner, est aux antipodes de l'idée de démocratisation. Il n'y a aucune évolution positive à attendre dans le contexte actuel de trop nombreux collèges, vu leur contexte, leurs conditions de fonctionnement et d'enseignement, très différentes en banlieue, en centre ville ou à la campagne. La "déscolarisation systématique" des élèves à problèmes ne peut être considérée comme une solution satisfaisante à l'aube du XXIe siècle.

Le collège que nous voulons : un cadre national ambitieux et un espace d'innovations

Le SNEP considère que le collège actuel ne correspond pas aux exigences d'une société développée.

Avec nos partenaires , au sein de la FSU, nous avons tracé les contours d'une Ecole plus juste et ambitieuse, "mieux démocratisée", sans pour autant nous bercer d'illusions sur la capacité du système éducatif à transformer à lui seul la société. Dans cette Ecole, la scolarité obligatoire doit être portée à 18 ans. Les conditions de travail de tous (élèves, personnels) doivent être améliorées (locaux, installations sportives, matériel…). Les classes de collège ne doivent pas dépasser 24 élèves (18 dans les établissements difficiles).

Pour le collège, il s'agit de définir et de viser, pour tous, une culture commune ambitieuse et donc exigeante, sans nier les différences. Il doit s’inscrire dans une visée de qualification élevée pour tous, compte tenu de l’évolution de tous les champs professionnels. Ce ne doit pas être le "collège uniforme" qui ne crée ni les conditions d'une prise en charge effective des élèves en difficulté, ni celles de la valorisation de la diversité des talents. Ce ne doit pas être non plus le "collège pour chacun", qui s'adapte aux inégalités sans les combattre. Le cadre national de ce collège doit être réaffirmé : programmes, disciplines, horaires, formation, recrutement et services de personnels qualifiés, équipements indispensables. Le système des fourchettes-horaires doit être abandonné. Les redoublements doivent reprendre sens et efficacité. C'est à partir de ce cadre qu'on peut envisager la responsabilité des collectivités locales et territoriales, la marge d'autonomie des collèges, les initiatives d'actions interdisciplinaires, les diverses activités "para-disciplinaires" des enseignants, les actions d'aide et de soutien, de valorisation des goûts et des talents...

Il faut aménager au sein de chaque collège des espaces de dialogue et de communication pour les élèves (tensions, sens de leur présence au collège…) et pour les enseignants (aide, soutien, solutions face à des situations de crise). Ces espaces doivent être institutionnalisés et occupés par des personnels compétents et formés.

En aucun cas, les aides-éducateurs, pour le statut desquels nous formulons par ailleurs des propositions, ne doivent se substituer aux enseignants.

L'organisation de la journée et de la semaine scolaire doit permettre le maintien de plages-horaires libérées pour des pratiques sportives et culturelles, favorisant une vie scolaire mieux équilibrée.

Une formation physique de qualité

Dans cette perspective, nous avons à situer nos revendications spécifiques dans le cadre du collège.

congres2.jpg (21354 octets)

Cinq heures pour tous : Le pas en avant de 1994 (4h en 6e) n'a pas connu la suite que nous escomptions. C'est pourtant la qualité et l'équilibre de la formation de tous les jeunes qui est en jeu. A titre d’étape, nous revendiquons le passage à 4h d’EPS pour les autres niveaux. Ces horaires doivent permettre une plus grande efficacité dans les apprentissages. Tout doit être mis en œuvre pour que les élèves de SEGPA bénéficient des mêmes horaires que ceux des collèges.

Des acquis évalués : Le SNEP a demandé qu'un bilan des compétences de tous les élèves dans le domaine des APSA ait lieu à l'entrée en 6e, puis en fin de 3e.

Un sport scolaire de qualité : La vie des Associations Sportives, le fonctionnement de l'UNSS, doivent être considérés comme une priorité. Les élèves (collège et SEGPA) doivent se voir proposer des temps et des lieux de pratiques permettant entraînements, rencontres et compétitions dans les meilleures conditions, en priorité le mercredi après-midi. Le triptyque "formation, animation, compétition" doit être valorisé. Le forfait de 3h pour animer l’AS dans le cadre de l’UNSS est un droit pour chaque enseignant d'EPS.

Soutien, approfondissement : Les équipes pédagogiques doivent pouvoir concevoir et mettre en oeuvre diverses actions complétant l'EPS obligatoire. Pour les élèves en difficulté, des actions - ponctuelles ou de longue durée - de soutien. Pour valoriser le goût pour l'activité physique, des projets d'approfondissement, de type "classes EPS".

Les " sections sportives scolaires" doivent demeurer sous la responsabilité des équipes pédagogiques d’enseignants d’EPS, être totalement intégrées au projet d’établissement avec des moyens identifiés dans la DHG, ne pas se substituer à l’enseignement de l’EPS ni être une alternative au fonctionnement de l’AS. La carte des sections sportives scolaires doit être soumise au CTP de chaque académie. Les structures de type SSS mais dont les objectifs ne sont pas ceux de l’Ecole doivent être clairement identifiées comme extra-scolaires. (Nous avons demandé à la Ministre une étude approfondie des implantations de ces classes, dont les objectifs ne sont pas toujours ceux du service public).

Amélioration des conditions d'enseignement : Cet ensemble de revendications ne peut être dissocié de celles concernant les conditions d'enseignement : Installations, matériel, déplacements, sécurité, mais aussi formation initiale et continue des enseignants, possibilités de concertation, évaluation des programmes d'EPS du collège (mise en oeuvre ? pertinence ? évolutions souhaitables ? etc.).

Une activité syndicale permanente

Avancer vers la satisfaction de nos revendications concernant le collège en général et plus particulièrement l'EPS, nécessite une activité permanente, à tous les niveaux d'intervention possibles :

S'inscrire comme force de proposition dans tous les débats en cours, en recherchant des accords avec le SNES, le SNUIPP, et les autres syndicats de la FSU, en faisant vivre les sections d'établissement FSU.

Etre présent et agir dans les C.A. pour le développement de l'EPS et du sport scolaire (crédits, équipements, horaires, postes...), avec le soutien " actif " du SNEP (information, formation…).

Faire mieux connaître notre projet de formation, et poursuivre notre combat pour transformer les représentations de notre discipline. Par exemple, mettre en évidence l'apport de la 4e heure d'EPS en 6e, valoriser les nombreux atouts du sport scolaire, faire mieux connaître l'apport original et irremplaçable de la formation physique dans la formation globale, et donc notre contribution aux objectifs du collège.

C'est à ce prix que nous pourrons progresser dans notre capacité d'offrir à tous les collégiennes et collégiens une formation physique riche et motivante.