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POUR UNE AUTRE POLITIQUE AVEC UN AUTRE MINISTRE

salle1.jpg (17686 octets)Le Congrès du SNEP de Villeneuve d'Ascq de 1999 se tient dans une période marquée par une mobilisation accrue sur le terrain de l'éducation.

Suite aux actions de la rentrée et à la mobilisation des lycéens soutenue par les enseignants, suite aux actions fortes de la région parisienne de février, la grève du 15 mars met en évidence une montée en puissance de la mobilisation dans le premier degré et le second degré, tant à propos des réformes proposées qu’à l’égard de l'attitude inacceptable du Ministre. Mais la situation est également caractérisée par la difficulté de fédérer des mouvements multiples sur les revendications diverses, mouvements qui se développent, pour partie, hors des organisations syndicales.

Cette montée des actions revendicatives traduit la prise de conscience, par un nombre accru de collègues, du refus du gouvernement de régler les problèmes et les questions sociales auxquels le système éducatif est confronté (échec scolaire, inégalités devant le savoir, violence,...).

Dans ce contexte, et en fonction des conditions de l'unité, le SNEP s'est efforcé de faire vivre ses propositions, a marqué son opposition à certains axes forts de la politique gouvernementale, tout en restant lucide sur les limites et les difficultés de l’activité syndicale développée.

A ce propos, le congrès tient à rappeler son orientation fondamentale : construire en permanence, avec les personnels et leurs alliés, une rapport de force capable d'imposer à tout gouvernement quel qu'il soit, sur la base des propositions syndicales, une politique ambitieuse pour l’école.


Le Congrès rappelle sa condamnation des aspects politiques suivants :

- La poursuite de la mise en œuvre d'une réforme de l'état, qui, si elle est présentée comme devant répondre à des problèmes réels, se caractérise par une véritable politique de redéfinition du rôle et de l’intervention de l’Etat (déconcentration, pilotage par le local, contractualisation, décentralisation, partenariat, précarisation, politique managériale des "ressources humaines" etc.) et par une remise en cause des services publics à la française qui ont fait preuve de leur efficacité ;

- L'utilisation que fait le gouvernement de la décentralisation conduit, sans les moyens correspondants, à un transfert permanent de charges, mais aussi de missions, vers les collectivités territoriales, dont un des effets pervers est la multiplication des actes d’autoritarisme ;

- La volonté de baisse des coûts du service public et sa traduction à travers le dogme du gel de l'emploi public exprime un choix de maintenir la politique gouvernementale budgétaire et fiscale dans le cadre des options économiques et sociales restrictives qui dominent aujourd'hui dans les pays développés ;

- L'aggravation des menaces contre les systèmes de retraites par répartition, et en particulier, celles portant sur le régime des fonctionnaires ;

Dans notre secteur (MEN, MAP, MJS, MAE et Coopération), cette politique aboutirait (on peut déjà en constater les effets), à des modifications fondamentales des conceptions de l'école républicaine et de la situation des personnels. Le gouvernement met en œuvre des réformes qui ne répondent pas, pour l'essentiel, aux besoins de démocratisation dans l'accès aux savoirs et aux qualifications. Certaines propositions veulent faire jouer au système éducatif un rôle de "régulateur social", visant à masquer et à ne pas s'attaquer à l'ensemble des problèmes sociaux actuels qui pèsent de plus en plus sur l'école (chômage, violence, inégalités, précarité...).

Pour autant, les résistances qui se développent contrarient la mise en œuvre de ces orientations.


Pour l'EPS et le sport scolaire, il est inacceptable :

- De se heurter à un refus de réduire les effectifs notamment dans les zones difficiles, de porter dans un premier temps les horaires obligatoires à 3 heures en lycée, d'étendre les 4 heures au collège et en BEP, alors que les jeunes le demandent régulièrement ;

- Que l'option facultative soit de fait remise en cause par manque de moyens ;

- Qu'il y ait une absence totale d'engagement sur la question des installations sportives scolaires et universitaires ;congres.jpg (19157 octets)

- Que les attaques se multiplient sur la FPC ;

- Que, face à la crise des STAPS, le gouvernement refuse de s'engager sur une nouvelle politique de formation et de qualification aux métiers du sport, dotée de moyens à la hauteur des effectifs étudiants ;

- Que les tergiversations ministérielles remettent en cause les Assises sur sport scolaire ;

- Que la série EPS ne soit créée que dans une seule voie, sans garantie de moyens ;

- Que l’option facultative EPS soit dans les faits fragilisée.

Les personnels ne sont pas épargnés par ces orientations et en subissent les conséquences : déconcentration, flexibilité et précarité accrue, alourdissement de la charge de travail, non respect des engagements de 89 et 93 sur la revalorisation...


Face à cette situation, la recherche d'efficacité nous conduit à inscrire l'action dans quelques axes forts :

- Mieux faire connaître et mieux faire comprendre nos propositions par l'opinion publique ;

- Construire en permanence et dans la clarté le regroupement à tous les niveaux des acteurs sociaux concernés par les problèmes du système éducatif et de l'EPS. Favoriser les prises de conscience pour la détermination d’un projet éducatif de transformation du service public d’éducation.

Le Congrès du SNEP a la profonde conviction que l'intervention des personnels dans des actions de masse et diversifiées est la seule façon de réorienter la politique gouvernementale, notamment sur les questions budgétaires, de gel de l'emploi public et sur les choix en terme de démocratisation du service public d'enseignement.

Reste à faire partager cette conviction par le plus grand nombre possible de collègues et par l'opinion publique. C'est le défi que le Congrès propose de relever. Cela passe par :

- Un véritable plan de rencontres avec les collègues, les parents d'élèves sur la politique éducative et plus particulièrement l’accès aux savoirs comme facteur de démocratisation ;

- La prise en compte des différentes formes de mobilisation que se construisent les collègues ;

- La proposition de mettre en débat, action(s) fédérale(s) d'envergure intégrant grève(s) nationale(s) et/ou manifestation(s) nationale(s), permettant de reposer avec force la question de l'unité de toutes les forces concernées par les problèmes de démocratisation du système éducatif ;

- Le développement d'initiatives revendicatives fédérales élargies aux confédérations et fédérations de fonctionnaires, sur les questions de protection sociale, de retraite, de réduction du temps de travail, de dépenses publiques, et d'emplois publics ;

- L'investissement du SNEP dans la vie fédérale à tous les niveaux ;

Pour toutes ces raisons, le Congrès demande au premier ministre d'ouvrir immédiatement, avec les organisations syndicales représentatives et quel que soit le ministre de l'éducation nationale, de réelles négociations.

Il appelle aussi à sanctionner la politique éducative du gouvernement selon les modalités que chacun jugera nécessaire (pétitions, grèves…).


Sur notre terrain spécifique, le SNEP organisera l’action pour mettre en oeuvre les initiatives prévues dans les motions de congrès. Il propose dans l'immédiat de mettre l'accent sur :

- La réussite de "l'appel pour l'EPS ;

- Le retour à un mouvement national amélioré ;

- La transformation des moyens provisoires et des heures supplémentaires en moyens définitifs par l’implantation de postes en établissements dès la rentrée 99, nécessitant l’adoption d’un collectif budgétaire ;

- La mise en place de l'enseignement de détermination en seconde (l'option "lourde") ;

- Une action forte sur la question de la formation continue ;

- La poursuite des actions engagées localement pour des équipements adaptés, fonctionnels, conformes à la sécurité, et à la réussite de l'initiative nationale publique décidée au conseil national de rentrée "Tous au carton sur les équipements". Il s’agit d’interpeller tous les décideurs, de faire en sorte que la Loi sur le sport affirme l’exigence d’équipements adaptés pour l’EPS, clarifie les responsabilités en matière de financement et de gestion des équipements à usage scolaire ;

- Une nouvelle initiative du SNEP pour l’intégration et la promotion des CE d’EPS, et la poursuite de l’action unitaire (SNEP-SNES-SNUIPP) pour les corps en voie d’extinction (CE EPS et PEGC) ;

- Le soutien de l'action initiée par le collectif national des aides éducateurs (journée nationale d'action départementales du mercredi 24 mars et de l’action des personnels TOS du lundi 22 mars ;

- l’abrogation du décret sur les heures supplémentaires ;

- Le renforcement de la syndicalisation.