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  Congrès 2007 >Thème 4 (maj le 1/03/17 )

 

THÈME 4

Quel avenir pour le syndicalisme ?
Quelles évolutions pour le SNEP ?
Comment transformer nos pratiques syndicales ?

 

Eléments du contexte :

En France

La mondialisation d’une économie capitaliste nous confronte à une réforme libérale majeure. Le "modèle social français", sous toutes ses facettes, est remis en cause :

  • transformation du rôle de l’Etat par affaiblissement des services publics et de la  fonction publique d'état,
  • remise en cause de son rôle distributeur des richesses via la fiscalité,
  • remise en cause du système de protection sociale solidaire, déréglementation du code du travail.

Les mentalités sont aussi travaillées par les modes d’organisation de la société qui valorisent les mises en concurrence et l‘individualisme comme seules issues possibles aux difficultés comme aux avancées.
La volonté d’affaiblir l’expression du syndicalisme de lutte, déjà marquée par des règles de représentativité obsolètes et la restriction du droit de grève pour les fonctionnaires (amendement Lamassoure), se manifeste à nouveau à propos du débat sur le service minimum. Le gouvernement cherche à circonscrire le champ de l’intervention syndicale au seul cadre de la mise en œuvre des politiques décidées. L’intimidation, la répression contre celles et ceux qui se battent et qui résistent, la juridiciarisation, la criminalisation d’actes légitimes de manifestation se renforcent. Le pouvoir relayé par les médias travaille les représentations et fabrique de l’opinion.  Cette opinion fabriquée contribue à son tour à la manipulation des mentalités.
L’école subit de plein fouet la réforme libérale. Notre secteur en subit les ravages tant sur les contenus (socle, place et rôle de l'EPS), que sur les recrutements, le sport scolaire, les questions statutaires et de carrière…
Dans notre champ propre, certes nous développons une forte résistance (le taux de syndicalisation au SNEP se situe autour de 25%) mais nous subissons toutefois une érosion, paradoxalement compensée par un très haut niveau de représentativité (82% aux dernières élections professionnelles).
Le paysage syndical français est divisé et affaibli (le taux de syndicalisation est très faible, 2 à 3% dans le privé pour les grandes centrales syndicales et reste établi autour de 8 à 9% privé et public confondus) ce qui pose des problèmes d’efficacité et aussi de représentativité.

En Europe

Une partie de ses réglementations et instances de pilotage, traités européens, commission européenne, banque centrale européenne sont les fers de lance de la logique de l’économie de marché. Celle-ci conduit, dans des domaines comme l’éducation où il n’y a pas subsidiarité, à des stratégies communes aux états, au moyen de la méthode ouverte de coordination initiée à Lisbonne. Ces stratégies débouchent, de fait, sur des contraintes  acceptées par les gouvernements. Par ailleurs la directive Bolkestein menace encore les services publics et le droit du travail. Le gouvernement cherche à nous imposer un mini traité européen pour passer outre le « Non » au TCE. La nécessité d’actions communes des salariés, des actifs et des retraités, des différents pays de l’Europe pose en toile de fond la question de l’organisation et de l’orientation du syndicalisme au niveau européen. Ce que la CES traduit encore mal.

Dans le Monde

Là aussi, les impacts de la mondialisation et des stratégies mises en place dans les instances internationales comme la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, obligent à réfléchir à la réorganisation et au sens du syndicalisme au niveau international.

Dans ce contexte s'interroger sur notre syndicalisme, ses luttes, ses pratiques, sa représentativité, les alliances à développer, est indispensable. Des luttes spécifiques (EPS, STAPS), de secteur (2nd degré…) ou beaucoup plus générales (CPE) se sont développées. Elles ont obligé le gouvernement à des reculs, des inflexions et les présidentiables à  s’exprimer. Sur notre champ propre, les fortes mobilisations sous des formes diverses (pétitions, grèves, interpellation des élus, campagne d’opinion …) sont remarquables. Elles montrent que, lorsque le SNEP permet aux collègues d’identifier les enjeux, de percevoir les remises en cause professionnelles qui se jouent, les rapports de force par les luttes se développent. Contre le CPE, la bataille, au-delà de la mobilisation exceptionnelle des étudiants et des lycéens, a montré toute la force du syndicalisme rassemblé. Cependant, les cadres d’actions unitaires restent très fragiles tant il y a des divergences entre différentes conceptions du syndicalisme. D’autre part, les arguments et critiques formulés par notre syndicalisme, ont contribué au rejet du TCE en 2005.

Nous devons réaffirmer la nécessité de développer un syndicalisme de lutte, d’action et de masse efficace, capable de convaincre et d’œuvrer à la transformation progressiste de la société, de faire basculer les équilibres économiques en faveur des salariés et du service public. Sur le terrain de l’école nous devons nous attaquer aux déterminismes sociaux, principaux vecteurs de l’échec scolaire.

 

Donnons-nous quelques priorités

A - 1) Renforcer et promouvoir notre syndicalisme de lutte et de transformation sociale.

La question de la lutte, sous toutes ses formes, est une idée à implanter dans l’attitude de nos collègues. Dans ce cadre la bataille des idées pour lever les hypothèques de fatalité est essentielle (dette, échec scolaire…..).Le sens de la lutte est primordial pour faire entrer les collègues dans l’action. C’est en s’appuyant de façon privilégiée sur les questions spécifiques du métier que nous :

  • créerons du lien,
  • développerons une vision de la nécessité des luttes inscrites dans la durée,
  • partagerons notre capital historique,
  • lierons le  local et le global.

L’objectif du SNEP est d’abord la mise en mouvement des personnels sur le lieu de travail, dans leur fonction ; avec l’idée de favoriser la lutte collective. Le contact individuel que cela exige, impose aux directions syndicales d’être capables de répondre à toutes les demandes liées aux besoins de lutte.
Ce sont des chantiers d’inventivité syndicale à développer et renforcer.

Le « tous-tes militant-es » pour développer de l’activité revendicative à la fois locale et globale, nécessite un renforcement des structures et des expertises militantes à tous les niveaux (étoffement, renouvellement, mixité et parité des équipes) C’est un enjeu décisif.
Une réelle politique de formation syndicale doit être mise en place au niveau des établissements, des départements et des académies, comprenant notamment des stages :

  • touchant aux questions professionnelles (contenus, Sport Scolaire….)
  • touchant à la question de la formation de concepteurs de vie syndicale.
  • intégrant la question de la place des jeunes.

Le SNEP doit améliorer de façon concrète la place et l’engagement des femmes dans le syndicat. Il participera dans ce sens à l’observatoire de la parité de la FSU.
Il doit mieux prendre en compte les jeunes, les collègues des secteurs jeunesse et sports, agriculture, et favoriser leur implication dans le syndicalisme.

Nous devons amplifier la compréhension de la nécessité de l’adhésion pour renforcer notre syndicalisme : Adhérer, c’est déjà lutter !

 

A - 2) Renforcer et promouvoir notre syndicalisme de proximité

Pour contribuer au développement de la vie et de l’activité syndicale, le SNEP doit mieux s’organiser de façon à connaître au plus près les problèmes que rencontrent les collègues, sur leur lieu de travail, quel que soit leur secteur d’intervention. Cela suppose :

  • la mise en place ou la réactivation des réseaux de S1 et de correspondants d’établissement ou de secteurs d’activité ;
  • l’élaboration d’outils SNEP permettant de recueillir les données ;
  • l’intervention auprès des administrations et services de l’EN, de la JS et des collectivités locales et territoriales, pour qu’ils nous communiquent toutes les informations dont ils disposent et qui ont un caractère public.

 

A - 3) Varier les luttes pour mieux rassembler

Afin de se donner les moyens les plus efficaces pour obtenir des avancées, nous recherchons en permanence, parmi toutes les formes de lutte, sans a priori, celles :

  • qui permettent de rassembler, de produire un niveau élevé de mobilisation,
  • d’entraîner tous les collègues dans une activité revendicative créatrice,
  • d’être compris et soutenus par l’opinion publique,
  • de tenir sur la durée.

Des modalités d'action novatrices impliquent des pratiques syndicales

  • en direction des collègues (mise en réseau, amélioration des médias syndicaux)
  • de l'opinion (intervenir et peser sur les médias)
  • des décideurs politiques
  • la recherche des alliances (notamment avec les usagers, le mouvement associatif…) sous des formes variées  (comité de défense, de soutien, appel, déclaration commune…) exige aussi "d'institutionnaliser" les relations ou tout au moins de trouver des points de convergences.

 
B - 4) Développer la FSU, rechercher des cadres unitaires d’action

Le SNEP, troisième syndicat de la FSU en nombre d’adhérents, a un rôle important et reconnu comme tel dans la fédération. Fondateur de la FSU, il nourrit la fédération de son approche singulière et contribue à son fonctionnement et son rayonnement. Cependant de grands efforts de travail, de formation sont à produire à tous les niveaux avec les syndicats du 2nd degré, y compris sur les stages de « base » et « agir dans l’établissement », ce qui nous permet de mutualiser forces, compétences et moyens. Etre mieux présents dans les groupes de réflexion et investir toutes ses instances notamment les CDFD. Intégrer plus les préoccupations de tous les syndicats composants de la fédération, s’attacher à dépasser les désaccords persistants, semblent des exigences urgentes pour maintenir la fédération à son niveau de représentativité et l’élargir.
Une section fédérale, départementale, régionale des retraité-es est mise en place à la FSU sans modifier l’architecture de la fédération ou remettre en cause les équilibres statutaires. Au delà de leur implication pleine et entière au SNEP, les retraités doivent y prendre toute leur place.
Le congrès de Marseille s’est fixé l’objectif que la fédération occupe mieux la totalité de son champ de syndicalisation ; le SNEP doit s’y employer tout comme il doit enraciner le débat concernant son avenir ainsi que celui de la FSU dans l’hypothèse plus générale de la réunification syndicale. Nous devons avoir le souci de poser les questions de l’évolution du syndicalisme, de son rassemblement. Le SNEP avec les syndicats de la FSU, notamment ceux du second degré, contribuera à amplifier les points d’ancrage et les réflexions sur leurs revendications communes.
Les publications doivent mieux se faire l’écho des luttes et des réflexions des différents syndicats sur leur secteur. Le SNEP y prendra toute sa place.

 

C - 5) De nouveaux droits syndicaux qui exigent la remise à niveau des règles de représentativité

Les fonctionnaires sont au cœur de la mise en œuvre du service public pour répondre aux attentes des usagers et à l’évolution des besoins. Leurs revendications portent pour partie l’intérêt général.
La reconnaissance du syndicalisme comme un acteur contribuant à la prise de décision visant à l’amélioration de la vie sociale et des personnels est un facteur de démocratie. D’où la nécessité de faire valoir et développer, en rapport avec les questions de la déconcentration, de l’autonomie, de la décentralisation, les droits existants, d’exiger la transparence et le respect du paritarisme.

Suite au vote du Conseil économique et social :

  • qui propose que la représentativité des syndicats soit fondée, dans le secteur privé, sur le choix des salariés
  • que la validation des accords le soit sur l’engagement de syndicats représentant une majorité de salariés
  • qui préconise la transposition de ces principes à la fonction publique.

Le SNEP avec la FSU agira pour que de nouvelles règles de représentativité soient mises en œuvre. Il se prononce pour une réforme complète des règles de représentativité, faisant reposer celle-ci sur un vote libre des salariés en faveur de l’organisation syndicale de leur choix, validant un accord par le nombre majoritaire de voix (et non de syndicat) et abandonnant la présomption de représentativité de 1966.
Le SNEP condamne toutes les formes de remise en cause du droit syndical, exige l’abrogation de l’amendement Lamassoure et s’oppose à la mise en place du service minimum. Il dénonce toutes formes de répression syndicale et de harcèlement contre les militants.

 

D - 6) Avec les réseaux associatifs, élargir le front des luttes

Ils permettent de coopérer avec toutes les composantes de la société et d’aider à créer des dynamiques. Les réseaux et collectifs, dans lesquels des collègues peuvent être impliqués, permettent d’enrichir la réflexion de tous par un cadre plus large que les intersyndicales classiques.
Ils permettent la rencontre de divers acteurs sociaux.

 

E - 7) S’occuper aussi de l’Europe et du monde

Un syndicalisme qui défend la démocratisation d’une pratique sportive, de l’accès de tous à une pratique physique de qualité ne peut se désintéresser des questions de cet accès partout dans le monde. Le travail engagé par le SNEP au niveau européen et international, tant au niveau de l’EPS que de l’éducation doit être poursuivi.

Le SNEP doit poursuivre son travail au niveau européen, notamment dans le CSEE, lieu de propositions et d’examen des dispositifs : projets « Education-formation 2010 », certifications professionnelles, compétences-clés, etc. Le SNEP, adhérent à l’IE, doit la rendre plus efficace, faire état de son activité, participer au débat d’orientation.

Au niveau de la CES et de la CSI

L’activité syndicale au plan européen comme au plan mondial est plus nécessaire que jamais pour la défense efficace des salariés et le développement des droits sociaux. C’est pourquoi la FSU doit sortir de son isolement syndical au plan international.
Le congrès de la FSU de Marseille a mis en débat avec ses syndiqués l’adhésion à la CSI. Les syndiqués du SNEP se sont prononcés à 88% en faveur de l’adhésion à la CSI (sur 2474 suffrages exprimés).
La FSU est aussi favorable au regroupement, en vue de mobilisations communes, de toutes les forces syndicales qui, dans la CES ou hors de la CES, combattent les politiques libérales décidées au plan européen.

L’International de l’Education, à laquelle nous sommes adhérents, la Confédération Syndicale Internationale, nouvelle confédération unique des salariés, doivent devenir des places fortes pour leurs actions contre le néolibéralisme mondialisé.

 

F - 8) À propos de la Paix dans le monde, des droits et des libertés

Le SNEP doit contribuer à sensibiliser les syndiqués aux questions de la paix et de la justice dans le monde. L’EPS et le sport sont des atouts pour construire des coopérations et des rencontres utiles à la compréhension entre les peuples. Il appelle les enseignants à participer au mouvement de parrainage de tous les élèves sans papiers.

Le SNEP développera, dans la mesure de ses forces, ses activités internationales, en particulier dans les domaines qui correspondent à ses champs d’intervention.  Il appelle ses militants à réfléchir et  à agir sur les questions internationales de Paix, de Liberté et des Droits de l’Homme comme :

  • la mise en place de projet concret d’échange et de coopération,
  • l’engagement dans les instances et réseaux traitant de ces questions (FSU, RESF, UNESCO, etc.)
  • l’analyse régulière des questions internationales
  • la participation aux grands rendez-vous.

Un groupe de militants du SNEP devra nécessairement coordonner ces réflexions.

 

POUR : 160
CONTRE : 7
ABSTENTION : 3
REFUS de VOTE : 1

 


 

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