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  Congrès 2007 >Thème 2 (maj le 1/03/17 )

THÈME 2

Développer la place et le rôle de l’EPS et du Sport dans la formation des jeunes aujourd’hui et demain

 

La place accordée à l’éducation et la formation des jeunes représente pour notre société et son avenir, des enjeux considérables. Le SNEP développe des propositions et agit pour un service public d’éducation démocratisé, rénové, développé, accordant une place plus importante à l’EPS de la maternelle à l’université et au sport scolaire et universitaire, articulé à des politiques publiques volontaristes permettant d’enrichir le temps libre des jeunes et de l’ensemble de la population, notamment dans le domaine qui nous concerne, la pratique des APSA. La culture commune doit faire toute sa place à une EPS centrée sur l’appropriation critique de la culture des APSA, visant l’apprentissage de savoirs et de compétences intégrant les préoccupations sociales et culturelles de santé, sécurité, citoyenneté.

1) Un contexte fortement dégradé

1-1) Le service public d’éducation est l’objet de profondes réformes qui, tout en affirmant le contraire, remettent en cause les objectifs de démocratisation, de formation de tous les jeunes au plus haut niveau, d’élévation des qualifications : loi Fillon sur l’école, loi Borloo sur « l’égalité des chances », cahier des charges IUFM, baisse des recrutements, éducation dite prioritaire au détriment des moyens nécessaires à tous, décret sur les services des enseignants de second degré, gestion managériale du système éducatif et de ses personnels, LOLF, loi Sarkozy (valorisant des approches exclusivement sécuritaires et répressives des questions de la jeunesse).
La loi Fillon, abandonne l’objectif de réussite de tous et fait le choix de satisfaire à une orientation profondément néolibérale, individualiste et concurrentielle, en phase avec celles d’institutions européennes ou mondiales (banque mondiale, FMI, OCDE, OMC) qui militent pour le recul ou la disparition pure et simple des services publics d’éducation refusant de prendre en compte les exigences des populations.
Cette politique qui remet en cause les solidarités acquises par les luttes passées, participe d’une véritable contre-révolution idéologique. Elle entend généraliser l’individualisme et la concurrence, au nom de la « responsabilisation de chacun » Elle met en place une école à plusieurs vitesses qui ne combat pas les inégalités, les difficultés sociales et scolaires, mais les accompagne, voire les renforce, et ceux dès l’école primaire. Le SNEP demande l’abrogation de la loi d’orientation sur l’école (loi Fillon 2005), qui organise, par le biais du socle commun, une formation minimale pour une grande partie des élèves et la mise en perspective d’une nouvelle loi de programmation.
D’autres projets en chantier, tels que les audits sur les horaires élèves, l’abandon de la carte scolaire (Aix-Marseille), la réforme des programmes, du brevet des collèges, etc. poursuivent le même but.

1-2) Dans ce cadre, l’EPS et le sport scolaire sont les cibles d’attaques multiples : baisse des recrutements, socle commun des connaissances et compétences marginalisant l’EPS, casse du sport scolaire avec suppressions massives de forfaits AS, remise en cause de la coordination, tentative de remise en cause de l’épreuve d’EPS au concours PE, etc.
Des vieilles propositions réapparaissent, visant à sortir l’EPS du service public national d’éducation, à la confier au secteur associatif ou aux collectivités territoriales, à faire assurer son enseignement par des éducateurs sportifs moins formés et moins payés, voire à des jeunes sportifs sans formation !

1-3) Dans le secteur du sport, c’est la même ligne politique qui est mise en œuvre :
Affaiblissement du service public de l’Etat, transfert de compétences et de missions vers les collectivités territoriales, choix du sport marchand, rentable ou médiatique, abandon de l’objectif pour le développement d’un sport humaniste et éducatif pour tous, insuffisance criante du budget, remise en cause des missions des personnels.
Le sport, considéré comme une valeur monnayable, subit des dérives multiples qui mettent en cause son sens même, son éthique, sa fonction sociale, éducative et culturelle. Bien qu’il s’en défende, le MJSVA (devenu MSJS) ne combat pas ces dérives. Il les accompagne au détriment d’une transformation humaniste du sport et de la valorisation d’un sport éducatif. Exemple : la marchandisation avec l’acceptation de l’entrée en bourse des clubs de football.
Néanmoins, des pratiques très diversifiées et d’une autre nature se développent. Des réflexions se mènent sur les déviances et le rapport au secteur marchand, sur la démocratisation à entreprendre. Le SNEP doit se saisir de ces débats, y apporter sa contribution originale, s’engager dans une politique d’alliances volontaires et exigeantes avec les acteurs de l’école, particulièrement les parents, le monde associatif et fédéral, le mouvement olympique.

2) Des choix essentiels à faire pour l’avenir de l’EPS, du sport scolaire et du sport

Ces choix ne sauraient être faits en dehors des problématiques d’ensemble sur le système éducatif, telles qu’elles ont été définies au récent congrès de la FSU et auxquelles le SNEP souscrit pleinement.
Nous sommes, une fois de plus à la croisée des chemins. Des orientations fondamentalement divergentes des nôtres sont prêtes à être mises en œuvre. Les luttes menées par la profession, leur impact sur les décideurs, pèseront sur les choix concernant l’avenir de notre discipline et de la pratique des APSA dans notre pays, tout comme sur l’évolution de nos métiers d’enseignants d’EPS au MEN et de professeurs de sport au MSJS.

    • Dans le secteur de l’EPS :

Si nous laissons le champ libre à ceux qui défendent un socle commun marginalisant l'EPS, nous ouvrons la voie à deux extrêmes possibles qui sont autant d’impasses pour la discipline : ou bien l'externalisation de la discipline, conduisant à un alignement des contenus de l'EPS sur une initiation sportive prise en charge par les collectivités locales, le mouvement sportif voire des associations ou entreprises privées ou bien un repli sur une éducation physique très "scolarisée" déconnectée des APSA et/ou dépendante de la sphère médicale et/ou recentrée sur des apprentissages à caractère utilitaire. Bien loin d’être un handicap, l’identité actuelle de notre discipline, en visant l’appropriation  critique de la culture sportive et artistique,  est un rempart contre une entrée débridée du monde sportif à l’école. A l’opposé de ceux qui prônent aujourd’hui une Education Physique non plus « Sportive » mais «Scolaire »  pour la discipline, le congrès réaffirme son attachement à la définition actuelle de notre enseignement comme moyen d’assurer que seuls le meilleur de la culture des APSA entrent à l’école.
Le SNEP fait au contraire le choix d’amplifier ses luttes, pour gagner l’accès pour tous les élèves à une culture commune.
L’état actuel d’une partie de la jeunesse (surpoids, obésité et addiction en hausse) sa difficulté à se projeter dans l’avenir et la mauvaise estime de soi qui l’accompagne méritent que l’EPS opérationnalise les finalités qu’elle s’est fixée depuis 20 ans.
Dans ce cadre, nos exigences d’augmentation d’horaires conséquents, d’installations nombreuses, variées et fonctionnelles, de recrutement d’enseignant-es formé-es et revalorisé-es prennent tout leur sens : celui d'une véritable démocratisation de la culture physique, sportive et artistique.

    • Dans le secteur du sport :

Ce ministère a pratiquement abandonné sa mission de développement du sport, en particulier celle d’aide à l’accès du plus grand nombre à des pratiques diversifiées. Il n’assume pas les responsabilités qui devraient être les siennes sur la vie associative, l’éducation populaire, etc. Le fait qu’il ne soit plus ministère de plein exercice et qu’il soit soumis à la tutelle du ministère de la santé, risque de provoquer une dérive sur ce seul objectif au détriment de la vocation culturelle et de développement humain du sport.
Depuis 20 ans, un millier d’emplois ont été supprimés au ministère des sports, dont 80% dans le secteur sport. Les recrutements y sont dérisoires et sans rapports avec les besoins.
Le SNEP fait le choix d’intervenir pour un véritable service public national de développement de l’accès aux APSA et de contribuer en même temps, avec tous ceux qui le souhaitent, à la transformation du sport, à son humanisation, sa démocratisation.

3) Des analyses à approfondir

3-1) Pour une culture commune à l’école intégrant pleinement EPS et APSA :

Le SNEP conteste la hiérarchie des savoirs qu’induit le « socle commun », dans une école sommée de faire des économies au nom de la « réduction des coûts du service public » et donc de concentrer ses forces et ses moyens sur ce qui est censé être essentiel. Le socle commun a été présenté comme une solution à l’échec scolaire. Il a dans le même temps été perçu comme une réponse à la réelle souffrance professionnelle de certains enseignants confrontés à une importante hétérogénéité. Le SNEP considère que c’est un dispositif qui évite de poser la question des moyens pour le collège de la réussite de tous, de la formation des enseignants et de la recherche pédagogique.   Il est significatif de la conception d’une école minimale et étroitement utilitariste accompagnant les difficultés plus que les résolvant, aboutissant à un système éducatif à plusieurs vitesses, une école pauvre en exigences pour un grand nombre de jeunes (où risquent de se retrouver en particulier ceux des milieux défavorisés) et une école riche pour les enfants en réussite.
Le SNEP, avec la FSU, y oppose l’exigence de culture commune pour tous les élèves.
Notre conception de la culture commune redonne toute leur place à l’EPS, aux enseignements artistiques, technologiques, pour ce qu’ils apportent de spécifique et qu’aucun autre enseignement ne peut apporter à leur place. Elle vise, pour tous les élèves, une formation ambitieuse, de qualité, garantissant un accès aux savoirs et compétences variés, entre autres ceux de l’EPS, nécessaires au devenir de citoyens culturellement et physiquement éduqués. »

3-2) Relations EPS – Culture de référence : un débat à relancer :

Ce travail doit s’articuler à une réflexion qui fait débat dans la profession, le rapport de l’EPS à la culture, de l’école primaire à l’université.
Le SNEP considère qu’éduquer c’est d’abord assurer que chaque élève quelle que soit son origine « entre en culture » et s’approprie une culture constituée d’objets et d’œuvres accumulés au cours de l’histoire et émergeantes. L’EPS ne saurait être en dehors de ce rapport culture/éducation qui organise tous les enseignements présents à l’école aujourd’hui. Les APSA constituent un domaine culturel à part entière, un patrimoine à transmettre.
Mais seule vaut comme culture à transmettre ce qui produit de l’humain. Si les APSA dans leur essence font culture, une réflexion et une analyse sont à mener sur les valeurs qu’elles véhiculent et certaines formes de leurs pratiques, et en particulier les formes dominantes actuelles du sport médiatique et/ou marchand.
Le jeu, la confrontation, l’épreuve, la compétition, la production d’une performance ou d’une prestation ; l’aventure, l’exploit, l’extraordinaire « physiques », la connaissance corporelle de soi, la poétique corporelle, constituent de formidables moyens d’éducation que l’EPS doit revendiquer. S’impose à elle d’en faire, des moyens et des buts communs de vivre et de grandir ensemble dans le respect des différences. S’impose encore à elle de lutter contre les perversions, les excès, les représentations dominantes qui s’expriment aujourd’hui de façon trop fréquentes dans les pratiques sociales, dominées qu’elles sont par la marchandisation des corps, des pratiques, des systèmes dans la société néolibérale qu’est la nôtre. Nous devons inventer des formes scolaires de compétition, de performance, d’exploit, qui mettent au cœur de l’activité le respect de soi, des autres, la solidarité et non l’exclusion, le partage et non l’individualisme, qui fassent du jeu un mode accessible à tous de développement, de dépassement de soi, donc de progrès et d’éducation de chacun.

3-3) Vers un « autre sport » ?

Travailler sur le champ culturel que représentent les APSA et leurs différents modes de pratique dans notre société, doit s’accompagner d’une réflexion critique sur les formes actuelles de certaines de ces pratiques. Le SNEP propose d’aller au-delà de ce qu’il a fait jusque-là et d’engager un travail avec tous ceux qui le souhaiteraient, pour un « nouveau sport », considéré comme un patrimoine de l’humanité, comme un bien public à partager. C’est le sens de « l’appel de Paris » lancé au forum organisé à l’automne 2005 par le SNEP et le Centre EPS et société.
L’EPS et le sport scolaire doivent jouer un rôle plus important dans ce débat et dans la mise en oeuvre de nouvelles formes de pratiques sportives, se saisir des innovations réglementaires émanant des équipes établissements, de districts, ou des fédérations pour impulser des modifications, des programmes UNSS allant dans le sens :
-de la réussite du plus grand nombre
-de l’augmentation du temps de rencontre
-de la possibilité pour tous-tes de participer à son niveau à tous les échelons de la compétition
Le SNEP demandera une réflexion allant dans ce sens à tous les niveaux de l’UNSS ; la structure UNSS doit s’emparer de ces questions et systématiquement associer les collègues à la réflexion sur tous les contenus et formes de pratique.

3-4) EPS, sports et handicaps :

La loi acte un progrès significatif dans la volonté d’accueil des jeunes en situation de handicap, mais les moyens alloués sont loin de permettre une réelle intégration. La mise en œuvre se heurte aux réalités : moyens humains, formation spécifique des enseignant-es, horaires et effectifs, aménagements matériels ne répondent pas aux exigences. Tous les examens scolaires doivent intégrer des dispositions pour les jeunes en situation de handicap.
Nous devons réaffirmer ce droit afin de garantir l’égalité d’accès aux pratiques sportives et artistiques.

4) Pour développer et promouvoir l’EPS et le sport scolaire :

4-1) Les horaires, les effectifs, les rythmes scolaires :
Le SNEP conteste fondamentalement l’idée que les élèves auraient trop d’heures hebdomadaires d’activités scolaires. Réduire le nombre d’heures hebdomadaires passées à l’école, au collège, au lycée, est fondamentalement discriminant, tous les milieux sociaux n’étant pas égaux devant les activités extra-scolaires, souvent payantes et intimement liées à l’environnement culturel et social. Ce qui est nécessaire aux jeunes, en particulier à ceux des milieux populaires qui bénéficient de peu d’activités extra-scolaires, ce n’est pas « moins d’école, mais plus et mieux d’école ».
Le SNEP considère que le mandat des 5h d’EPS hebdomadaires obligatoires pour tous les élèves reste  pleinement d’actualité eu égard aux besoins des jeunes en formation physique et culturelle, eu égard aux inégalités devant leur accès à la pratique d’APSA dans la société, auxquelles seule l’école, qui s’adresse à toutes et tous les jeunes, peut remédier.
Porter cette exigence des 5h, la rendre crédible, nécessite de poursuivre un débat approfondi sur les rythmes scolaires, sur les nécessaires alternances d’activités, de formes variées d’appropriation des savoirs et élaborer des propositions sur le temps scolaire lui-même.

4-2) Les programmes, la certification :

Les programmes doivent expliciter les choix de l’institution pour la discipline et définir ce qui vaut d’être appris en EPS aux différentes étapes de la scolarité. Ils doivent assurer la cohérence entre le premier degré, le collège et le lycée. Concrètement ils doivent proposer, pour tous les élèves, des contenus d’enseignement permettant l’acquisition d’un ensemble équilibré de connaissances et de compétences.
Le SNEP refuse le faux débat qui consiste à opposer compétences générales et culture des APSA. C’est d’abord dans et par l’appropriation exigeante des APSA, que peuvent être développées les divers types de compétences et de connaissances envisageables et indispensables à des individus « physiquement et culturellement éduqués ».
Les programmes doivent veiller à la prise en compte des questions d’hétérogénéité et de mixité (sociale, de genre, etc.) afin de lutter contre les inégalités de pratique et de résultats.
Le souci du SNEP de démocratisation et d’égalité de tous devant la formation conduit à exiger des programmes nationaux allant jusqu’à définir, dans un maximum d’APSA, pour tel niveau de la scolarité, ce qui, fondamentalement, doit être acquis par tous. L’évaluation certificative devra permettre de percevoir les acquis des élèves sur des connaissances et des compétences significatives, notamment dans le cadre d’un brevet (DNB) rénové avec des exigences nationales mieux réaffirmées.
Ces objectifs exigeants ne pourront être atteints sans une formation disciplinaire de qualité, initiale et continue (cf. thème 3).

4-3) Le sport scolaire au cœur du métier, au cœur de l’école :

Alors qu’avec 900 000 licencié-es, l’UNSS voit son activité et ses effectifs progresser, alors qu’elle permet l’accès à la pratique sportive de nombreux élèves et en particulier de nombreuses jeunes filles, d’enfants de milieux ruraux, alors qu’elle a mis l’accent sur la formation des jeunes officiels, etc., le gouvernement a décidé de mesures menaçant son existence. C’est en particulier le cas avec le décret du 12 février 2007 modifiant ceux de 1950 sur les obligations de service des enseignants d’EPS, qui prétend conditionner l’attribution de l’animation de l’AS à son activité (Créteil) Le SNEP demande son abrogation. Le maintien et le développement du service public du sport scolaire au sein du ministère de l’éducation nationale passe par :

  • le rétablissement réglementaire du forfait de 3 heures indivisible, pour l’animation de l’AS, dans le service hebdomadaire de tous les enseignants d’EPS,
  • le maintien de l’obligation de créer une A.S dans chaque établissement du second degré, présidée par le chef d’établissement,
  • le maintien du statut particulier de l’UNSS, dont le fonctionnement démocratique doit être assuré à tous les niveau,
  • La reconnaissance institutionnelle des districts et de la fonction de coordonnateur avec l’attribution de moyens afférents.

Le sport scolaire, à tous les niveaux de la scolarité, USEP, UNSS et FFSU, doit mettre en valeur ses réussites, son originalité, son rôle dans la vie de l’établissement, continuer à inventer de nouvelles formes de pratiques basées sur la compétition, la convivialité et la rencontre formes à même d’assurer l’engagement et les progrès de tous les licenciés lorsqu’ils sont tour à tour pratiquant, organisateur, spectateur, ainsi qu’au sein du Comité Directeur de leur association. Là où il est mis en difficulté, tout doit être mis en œuvre pour son développement.
Le SNEP a engagé une campagne d’opinion (parents, élus, mouvement sportif, etc.) et met en avant des propositions alternatives pour la défense et le développement du sport scolaire. L’activité revendicative dans ce secteur, la recherche d’alliances, d’actions communes doivent être maintenues et confortées. Le SNEP fait le constat d’un fonctionnement très hétérogène des structures de l’UNSS (CD, CR, Commissions mixtes). Il appelle les collègues à réinvestir à tous les niveaux les instances de décision de l’UNSS et à être exigeants sur leur fonctionnement. Il les appelle à toujours rester, au sein de leurs AS, maître d’œuvre des actions entreprises.
4-4) Des équipements adaptés à nos ambitions pour l’EPS et l’AS :

L’enseignement de l’EPS et l’animation du sport scolaire tels que nous les concevons nécessitent des installations sportives fonctionnelles, variées, disponibles autant que de besoin, situées au sein ou à proximité immédiate des établissements scolaires, en phase avec l’évolution des pratiques sociales sportives et construites aux normes HQE.

C’est loin d’être le cas aujourd’hui même si, notamment sous l’influence du SNEP et de ses publications, des efforts intéressants sont entrepris par certaines collectivités de rattachement (CG, CR). Ailleurs, bien que les lois de décentralisation ne leur donnent pas de compétences en matière de collèges et lycées, ce sont très souvent les communes (et groupements de communes), qui décident ou non de pallier les carences des collectivités de rattachement. L’absence inquiétante de la plupart des autorités de tutelle (ministère, rectorat, IA) et l’implication très inégale, sur l’ensemble du territoire, des différentes collectivités, entraînent également des disparités conséquentes entre les établissements scolaires. Le SNEP appelle les collègues à intervenir dans les conseils d’administration et auprès des élus locaux et de l’éducation nationale pour obtenir des conditions matérielles de pratique dignes de ce nom. En effet, l’enjeu est que l’intégralité des programmes et des horaires effectifs soient respectés partout et qu’il y ait égalité d’accès au service public de l’EPS et du sport scolaire sur l’ensemble du territoire.
Il y a là convergence d’intérêts avec les milieux sportifs et associatifs, dont les besoins en offre d’activités pour le plus grand nombre, recoupent nos exigences.

4-5) EPS et Europe :

L’analyse des formes et évolutions prises en Europe par l’éducation physique et le sport à l’école montre que, globalement, deux conceptions s’opposent et parfois cohabitent : celle d’une éducation physique scolaire coupée de la culture des APSA avec très peu d’heures de pratique et celle d’une pratique du sport assurée le plus souvent par des intervenants extérieurs issus du mouvement sportif. Notre pays a une place singulière enviée : la « voie française » définit une éducation physique dont l’orientation culturelle est passée au filtre des objectifs et des valeurs de l’école. Cette orientation a fait ses preuves au regard des autres pays européens, avec des horaires plus élevés, des personnels fonctionnaires formés à haut niveau et avec, en plus, une spécificité : le service public du sport scolaire.
Mais aujourd'hui se profile un nouveau risque dont on parle peu. Sous pression de réflexions au niveau européen (partant, comme nous venons de le voir de situations très diverses), la volonté de proposer un référentiel de compétences-types appauvrira l’EPS telle que nous la connaissons.

5) Des propositions :

5-1) Les horaires et les effectifs :

Notre objectif reste les 5 heures hebdomadaires. L’étape intermédiaire des 4h pour tous est indispensable et doit être atteinte rapidement, avec comme première urgence 3 heures au lycée et le rétablissement de la 3ème heure en 3ème SEGPA.
Les options en lycée doivent être maintenues et étendues. Les ateliers de pratiques en LP, créés dans les textes, mais très peu dans la réalité, doivent être mis en place. Les horaires plein air doivent être maintenus dans les académies où ils existent et étendus à l’ensemble du territoire. Cela nécessite le maintien et la création des postes indispensables dans les établissements.
En même temps, le SNEP revendique un abaissement des effectifs en EPS. L’effectif des classes complètes ne doit pas dépasser 24 élèves en collège et en LP, 27 en lycée G.T. (20 en collège ZEP, 24 en lycée dans les zones difficiles et le respect des textes en SEGPA.
L’EPS reste la seule discipline où aucun dédoublement n’est prévu dans les textes, dans aucun cycle d’enseignement alors qu’elle peut s’apparenter à des  « travaux pratiques ». Le SNEP revendique la mise en place de groupes allégés chaque fois que nécessaire (raisons pédagogiques, de sécurité, etc.) Les moyens horaires des établissements doivent le permettre.
Les conditions réglementaires d’enseignement de la natation ont été modifiées par la circulaire du 13 juillet 2004 (modifiée par celle du 15 octobre 2004). Les DHG des établissements doivent être abondées pour que les équipes pédagogiques d’EPS puissent organiser l’enseignement de la natation dans le respect de ces normes et dans les meilleures conditions pédagogiques. Le SNEP demandera un bilan d’étape des effets de la circulaire natation.
Enfin, le SNEP considère que l’EPS doit bénéficier des dispositifs d’aide et de soutien aux élèves en difficulté.

5-2) Sur les programmes :

Les programmes à tous les niveaux de la scolarité, doivent faire l’objet de bilans réguliers par des commissions paritaires. Actuellement, s’ils existent, ces bilans ne sont jamais diffusés et débattus et ne peuvent refléter, en tout état de cause, que le point de vue de l’institution. La profession, les organisations professionnelles, les usagers, doivent faire l’objet de consultations, elles aussi régulières, pour éviter les tensions dues à des commandes institutionnelles comme par exemple la ré-écriture des programmes.
Mais les évolutions du contexte nous obligent à réexaminer cette question à partir de l’analyse de la conception globale de la discipline. Après le vote de la loi Fillon et de son « socle commun » dont nous demandons l’abrogation, nous devons être particulièrement vigilants pour que les programmes, en particulier ceux des collèges en cours de réécriture, visent à faire accéder les élèves au meilleur de la culture des APSA pour toutes et tous les élèves et ne soient pas restreints à la seule acquisition hypothétique de compétences générales.
Après une bataille acharnée, avec le SNEP, de la profession, nous avons réussi à faire entrer dans la définition du socle et en particulier dans le « pilier » sur la culture humaniste quelques repères permettant de ne pas évacuer toute référence au corps et à la culture sportive de la scolarité obligatoire.
Les finalités liées par exemple à la santé, la citoyenneté, la socialisation des jeunes n’auront de réalité que s’ils sont traduits dans des savoirs, des connaissances ancrés dans une culture qui garde ses caractéristiques propres.
La question principale qu’il nous revient de poser est la suivante : dans quel projet global s'inscrivent les programmes d’EPS ? En quoi participent-ils à un progrès, vers la réussite de tous les élèves ? En quoi fixent-ils les éléments principaux de l’appropriation critique d’une culture physique, sportive et artistique ?
Les programmes actuels ne mettent pas suffisamment en avant les « compétences attendues » à chaque niveau, dans chaque APSA, pour fixer des repères communs, pour les élèves et les enseignants, qui permettraient d’avoir un contrat clair et explicite. Ces repères correspondent à des niveaux de pratique et de réalisation, des connaissances sur les APSA, sur ce qu’il faut faire pour réussir, des prises d’information sur soi dans la pratique, des valeurs qu’il faut acquérir. Les programmes doivent dire « ce que chaque élève est censé savoir à la fin de sa scolarité », y compris pour les élèves présentant des inaptitudes (partielles, totales).
Enfin, les programmes, s’ils veulent être en prise avec la société, doivent également prendre frontalement les problèmes posés par la culture dite de référence, à travers à la fois l’analyse critique de celle-ci et une réflexion sur ce que doit être une performance scolaire. Dans les programmes et les projets pédagogiques, doivent être élaborées des réponses véritables aux grands défis éducatifs de notre époque.

5-3) Certification en EPS

5-3-1) Bac-CAP-BEP
Nous avons actuellement un problème important avec le suivi de la certification en CAP, BEP et BAC qui risque, à terme, de décrédibiliser ces épreuves. D'une part la commission nationale ne joue pas suffisamment son rôle d'analyse et de suivi. Il n'y a pas eu de rapport par exemple depuis plus de deux ans alors que les textes prévoient qu'il soit annuel. Nous exigeons que les moyens soient donnés à cette commission pour fonctionner correctement et qu'elle s'organise pour prendre en compte le point de vue des organisations professionnelles et de la profession dans son ensemble. D'autre part les commissions académiques sont en train de devenir inutiles. En effet, contre l'esprit des textes, l'institution demande aux équipes d'harmoniser elles-mêmes leurs notes avant l'envoi à la commission académique, retirant toute possibilité de pouvoir faire des études sur les performances réelles des élèves et d'analyser finement le niveau d'une classe d'âge. Dans ce contexte, l'harmonisation "mécanique" des notes, notamment celles des filles avec celle des garçons, va masquer à terme les problèmes posés et empêcher de réfléchir à la manière concrète d'élever le niveau global. En lycées et LP, les mises en œuvres, les modalités d’application des certifications doivent être réexaminées démocratiquement. Nous demandons donc :

  • que la commission nationale puisse organiser un bilan d'étape à grande échelle, dès l'année prochaine, avec la profession,
  • que les commissions académiques jouent effectivement leur rôle d'harmonisation et de remontée des problèmes réels liés à la mise en œuvre des BAC, BEP, CAP.

5-3-2) Le diplôme national du brevet

Les exigences actuelles du diplôme national du brevet ont abouti à une perte de reconnaissance qui peut dénaturer le niveau des acquis propres au collège et ne peut garantir une égalité de formation.
Il est de première importance que ce diplôme de fin de scolarité commune garantisse des acquis communs et renoue avec une validité scolaire qui ne peut s’obtenir qu’en (re)construisant des formes et critères nationaux d’évaluation Cela tout en n’éliminant pas ce qui a fait la richesse des pratiques au collège et tout en garantissant des acquis dans ce qui fonde la culture commune.
Le SNEP demande que la certification s’établisse à partir de la définition de référentiels nationaux d’épreuves indiquant la nature de la performance scolaire à réaliser intégrant et liant niveau de prestation, compétences méthodologiques et rôles sociaux. Ces référentiels d’épreuves s’appuieront sur les référentiels de compétences définis préalablement dans des programmes qui doivent être élaborés démocratiquement. Ces référentiels d’épreuves seront établis pour un maximum d’activités après débat dans la profession.
Le DNB devra certifier le niveau atteint dans 4 APSA de 4 groupes différents choisis par les équipes pédagogiques sur la base de leur projet EPS.

5-4) Sur les équipements :

La rédaction de nouveaux référentiels, relatifs aux espaces pour l’athlétisme et aux sports de grands terrains, sera poursuivie.
Le SNEP, fort de ses publications, pèsera pour que le MEN élabore un cahier des charges des équipements sportifs nécessaires à la mise en œuvre des programmes d’EPS et au fonctionnement de l’AS.
Ce référentiel national devra trouver écho au niveau des collectivités de rattachement. Le SNEP revendique un véritable plan d’urgence de rénovation-construction. Des plans concertés entre les différentes collectivités, impulsés par le vote d’une Loi-Programme d’équipements sportifs, assurant une contribution financière de l’Etat, doivent être élaborés.

5-5) Sur le secteur Sport :

Le SNEP demande le renforcement des missions du service public chargé des sports, au profit de tous les publics et de toutes les pratiques en réponse à la demande sociale dans une fonction éducative affirmée. Cela suppose :

  • le maintien de la mission de développement pour tous dans les prérogatives de l’Etat
  • la contribution du MSJS au renforcement de la vie associative et de la qualité de ses activités,

Le SNEP demande également le renforcement de la mission du service public de formation des cadres sportifs aux diplômes et qualification du MSJS. Cela suppose :

  • le maintien du rôle prépondérant de formateur pour les professeurs de sport qui possèdent les compétences et les qualifications garantissant la qualité des formations dispensées, la rigueur dans les certifications, l’efficacité dans l’accompagnement à la VAE,
  • une mission de formation du MJSVA (MSJS), véritable service public, maintenue et renforcée afin de proposer une formation qualifiante et diplômante accessible à tous,
  • des potentiels de formation du MJSVA (MSJS) et du MENR réunis, et harmonisés avec ceux d’autres ministères concernés,
  • pour toutes les APS, la délivrance d’un diplôme permettant d’encadrer les activités qui s’adressent à des enfants, des jeunes ou des adultes, et qui réponde aux mêmes exigences que celles en vigueur pour les activités classées à « environnement spécifique », garantissant ainsi une qualité de formation identique pour tous.

L’importance de ces missions de service public nécessite le renforcement des moyens :

  • la contribution du MJSVA (MSJS) au renforcement de la vie associative et de la qualité de ses activités.

Le SNEP demande une augmentation conséquente des moyens, à savoir :

  • par un recrutement massif de 1500 professeurs de sport ou CTPS supplémentaires,
  • un plan de relance de la politique de rénovation des établissements assortis d’une augmentation des crédits de fonctionnement et d’investissement,
  • un arrêt des fermetures des établissements,
  • un refus de tout partenariat privé dans la rénovation des établissements comme celui présenté pour l’INSEP
  • par une augmentation de la partie jeunesse et sports du budget du MSJS portée à 1% du budget de l’Etat (hors CNDS) avec doublement dès 2008.

1. Amendement Montpellier en opposition avec la partie correspondante du texte, modifiée par le rapporteur
POUR l’amendement de l’académie de Montpellier : 18
POUR la rédaction de la partie correspondante proposée par le rapporteur : 156
CONTRE les deux : 0
ABSTENTION : 18
REFUS de VOTE : 0

2. Amendement relatif au nombre maximum d’élèves par classe en lycée (27 au lieu de 30)
POUR : 101
CONTRE : 49
ABSTENTION : 23
REFUS de VOTE : 6

3. Vote sur texte global (la partie relative au DNB –  le vote n°1 étant  disocié)
POUR : 180
CONTRE : 0
ABSTENTION : 5
REFUS de VOTE : 1

 

 


 

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