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  Congrès 2007 (maj le 1/03/17 )

 

Rapport d'ouverture
Jean LAFONTAN
(56Ko)

Charte Amiens

« Dans l’œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l’accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d’améliorations immédiates, telles que le diminution des heures de travail, l’augmentation des salaires, etc. Mais cette besogne n’est qu’un côté de l’œuvre du syndicalisme ; il prépare l’émancipation intégrale, qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen d’action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd’hui, groupement de résistance, sera, dans l’avenir, le groupe de production et de répartition, base de réorganisation sociale ;
Le Congrès déclare que cette double besogne, quotidienne et d’avenir, découle de la situation des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait, à tous les travailleurs, quelles que soient leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d’appartenir au groupement essentiel qu’est le syndicat ; »

Entre-deux tours présidentielles – législatives

Avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, nous devons bien examiner les conditions de notre action.

L’Etat social est l’objet de toutes les attaques.

Nous allons devoir engager toutes nos forces contre un basculement de civilisation où le progrès économique profiterait à une minorité d’individus au détriment du progrès social dû à chacun.

La France s’alignerait au prix de la destruction de tous ses acquis d’un siècle et demi passé sur des nations aujourd’hui citées en référence : USA, Grande-Bretagne, Allemagne, pays nordiques.

On ne peut pas parler de nos luttes et objectifs syndicaux sans parler de la crise sociale d’aujourd’hui.

Mes amis et camarades,

C’est bien parce que nous avons en haute estime l’Homme, ses capacités à être formé, à être éduqué, que nous croyons en une école laïque, gratuite, obligatoire, véritable organe de l’égalité entre toutes et tous. C’est le sens essentiel de notre combat et de toutes nos revendications.

C’est ça notre syndicalisme qui regarde l’avenir avec confiance.

Ce sont ces objectifs qui nous font redouter l’actualité et le programme du Président nouvellement élu à la tête de la présidence de la république.

Nous le savons tous ici que c’est bien l’éducation qui est au cœur des meilleures exigences démocratiques de notre temps.

Voilà pourquoi, il n’est pas possible de penser la question scolaire hors de la crise sociale de notre pays.

L’insécurité sociale, expression aujourd’hui consacrée, liée à la précarité de l’emploi, de revenu, de modes de vie, présente ou à venir, devient le mode de fonctionnement vers lequel veut nous faire tendre le libéralisme :

  1. « Près du tiers de la population flirte avec la pauvreté »

Ne croyez-vous pas qu’une grande partie de nos élèves ne vit pas cette situation ? Ils y sont en plein dedans !

  1. 1 Français sur 8 est considéré comme pauvre !

Le XXIème siècle redécouvre la question sociale du XIXème siècle :

Pression sur les salaires, déconnexion des revenus et de la productivité du travail, fin des gains continus de pouvoir d’achat développement de la flexibilité dans l’organisation du travail.

Ne connaissons-nous pas, en tant que fonctionnaire, aussi ces questions-là ?

Après l’élection présidentielle, le patronat exulte. Il reconnaît en Nicolas Sarkozy l’un des siens « travailler plus pour gagner plus ». Sur cet axe, mes camarades, les efforts que le patronat et l’Etat demandent à leurs salariés sont compulsifs.

  1. les français ont la meilleure productivité horaire au monde ! Faut-il faire mieux ?
  2. les français sont champions du monde de la mobilité (d’après l’OCDE). Faut-il plus de mobilité alors ?
  3. Près de 17% des salariés sont payés et bloqués au SMIC voire en dessous.
  4. La France est le pays d’Europe ou le nombre moyens d’heures effectivement travaillées par semaine est le plus fort des grands pays européens : Grande-Bretagne, Allemagne, Danemark, Suède, Irlande.
  5. Les 35h ont été présentées comme un fléau alors qu’elles ont laminée les heures supplémentaires par le biais de l’annualisation et ont développé la modération salariale, c’est-à-dire ont limité le pouvoir d’achat.

Cette politique-là que Nicolas Sarkozy veut accentuer à sa contrepartie :

  1. les 10% des ménages les plus riches perçoivent 178 milliards d’euros soit 25% des revenus perçus par tous les ménages français.
  2. Les 10% les plus pauvres perçoivent 21 milliards soit 3% du total des revenus et 8,3 fois moins que les 10% des plus riches.

Nous sommes loin des USA où le revenu des 10% des plus riches a crû de 58%, celui des 1% de 121% ; celui des 0,1% de 23%, celui des 0,01% de 617%.

Ce modèle-là est la perspective de Sarkozy et déjà les mesures sur l’ISF et le bouclier fiscal, la défiscalisation des intérêts d’emprunt visent à rendre plus riches les riches.

Pourtant, de cet argent les services publics en ont besoin.

La France n’est pas exsangue.

Dans le même temps où le gouvernement Villepin impulsait la politique d’audit, sur les collèges, les lycées, le sport scolaire, les décharges etc. nous apprenions :

  1. que les plus riches voyaient leur impôt baisser de 30 milliards
  2. que 224 milliards étaient versés en intérêts financiers et dividendes alors que dans le même temps ces mêmes entreprises fermaient ou licenciaient.
  3. Que 65 milliards d’aides publiques étaient versées aux entreprises sans connaître exactement les emplois créés voire la destination de cet argent alors que dans le même temps à l’éducation nationale on nous demandait la justification au 1er euro.

Chers amis et camarades,

Ce panorama est essentiel parce qu’il encadre en permanence nos revendications. Nous devons mieux comprendre pour mieux agir.

Pas de revendication de pouvoir d’achat si nous pensons que l’Etat n’a pas un sou !
Pas de revendication sur l’emploi si nous pensons que l’Etat est mastodonte.
Pas de revendication sur les services publics si nous pensons que l’intérêt général n’a plus de sens
Pas de revendication sur la protection sociale si nous pensons qu’il n’est plus possible de collecter l’impôt et le salaire socialisé parce qu’il mettrait les plus gros bénéficiaires de la richesse en danger.

Les débats autour de nouvelles franchises dont on nous rabat les oreilles aujourd’hui s’inscrivent dans ces problématiques.

Pour être complet, ce tour d’horizon nous impose de regarder plus quelques questions de valeurs et de morale.

La création d’un ministère de « l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement » heurte tous les démocrates qui, accolant immigration et identité nationale rappelle quelques sombres heures de l’histoire.

En voulant surfer sur les inquiétudes créés par la crise sociale et notamment ses effets en terme d’emploi, salaires, logements, il veut détourner le mécontentement, vieille tactique contre les immigrés tout en sachant que l’issue peut être risquée en termes de stabilité sociale. Cette tactique a permis à Sarkozy de marginaliser le F.N. tout en « socialisant » en quelque sorte ses idées !

La crise sociale n’est pas celle de la création des richesses mais de leur répartition et pour dissimuler cette question essentielle, Sarkozy détourne la lutte contre les immigrés. Chacun comprendra ainsi le bénéfice politique de cette stratégie qui vise justement à protéger et faire prospérer les plus riches.

Ne doit-on pas craindre que les émeutes de banlieue ressurgissent si, la situation devenant désespérée pour chacun, les seules solutions pour en sortir restent la voie désespérée perçue alors comme seule réaliste. Il est douteux que la promotion sociale de Rachida Dati serve, par la seule force de son exemple, à calmer la colère.

C’est cela qui explique l’arsenal réglementaire développé par Sarkozy ministre – balayant l’ordonnance de 45 (procédure pénale distincte pour les mineurs et privilégier l’éduc) et faisant voter un texte de loi sur la prévention de la délinquance en 2006 – chargeant maintenant Rachida Dati d’encadrer la justice des mineurs : peines planchers, récidives.

C’est d’ailleurs cette époque qui a connu le développement de  RESF et son soutien aux jeunes majeurs scolarisés ou aux jeunes scolarisés de parents sans papiers. L’action est essentielle et inflige un démenti au ministre Hortefeux en révélant une mobilisation inattendue pour défendre ces jeunes ; RESF est un honneur à la République et les affaires emblématiques que le réseau a portées ont permis d’attirer largement l’attention de l’opinion publique sur des cas traités de façon injuste. RESF doit être soutenu et son activité développée.

Le gouvernement a recours aux régularisations en nombre et aux expulsions médiatisées afin de satisfaire son électorat le plus xénophobe, en même temps que la haine froide perdure puisque des lycéens sont encore poursuivis au titre de leur lutte contre la loi Fillon au printemps 2005.

Toutes ces interventions à caractère autoritaire visent à nous habituer à l’état d’urgence permanent, à l’état d’exception transformé en mode de vie.

Sur cette question des valeurs aussi, l’attaque menée contre mai 68 est une attaque au nom de la réhabilitation du travail contre le laxisme et l’oisiveté dans le même temps où la France a connu une augmentation soutenue du PIB.

C’est la promotion de la responsabilité individuelle, de la pression par la performance, l’individualisation, le mérite ; chacun est invité à surpasser le voisin et à se juger seul responsable de la non-réalisation des objectifs qui lui ont été fixé (pensons immédiatement au sport scolaire…) !

Seul ce qui est efficace est pris en compte et un utilitarisme généralisé tend à gagner tous les secteurs de la vie sociale.
De ce point de vue, les enseignants font un peu bande à part. Un récent sondage montrait que leur vote avait quelques particularités :

  1. vote en faveur d’un projet,

Et ce qui a le plus compté pour eux, ce sont :

  1. la lutte contre les inégalités sociales
  2. l’environnement
  3. la lutte contre la précarité
  4. de défendre l’intérêt général plus que l’intérêt particulier
  5. la solidarité
  6. la responsabilité
  7. la laïcité
  8. la fraternité

Bref, un contexte idéologique que l’on doit interpréter comme encourageant vue sous l’angle des carrières (conf. Thème 3).

Rôle du syndicalisme

Echos :
« Il ne s’agit pas d’affaiblir les syndicats mais ils doivent épouser les évolutions de la société française telles que cette élection les dessine ».
Tout est dit dans cette affirmation.
Il y a là une vraie tentation autoritaire
Fillon fixe les thèmes, les contenus, les calendriers et les conclusions.

Dès la fin juin, l’Université va être réformée sur les questions de l’autonomie et trois conférences sociales doivent se tenir :

  1. sur l’égalité professionnelle H/F
  2. sur l’amélioration des conditions vie
  3. sur l’amélioration des salaires et emploi

Xavier Darcos nous a clairement signifié qu’il y a des dossiers, dont la carte scolaire, qui ne seraient pas négociables.

Le syndicalisme est fortement questionné par de telles affirmations.

A un congrès récent d’un syndicat ami, son secrétaire général disait qu’il fallait avoir presque l’outrecuidance de dire oui à un ministre, chose qui, pour le syndicat me paraissait être plutôt une habitude.

La question de la mise en forme des revendications et de la lutte des salariés, de nos collègues, va s’exacerber et nous conduire à faire du débat argumenté, au corps à corps, avec chacun, les paris des mois et années à venir.

Le Président de la République croit que parce qu’il a été élu, tout son programme est validé. Nous ne le pensons pas ; il va avoir à mener la lutte pour garder l’opinion de son côté.

Chômage, inégalités sociales et pouvoir d’achat sont les 3 premières préoccupations des français, il ne pourra pas y répondre que par le slogan de « travailler plus pour gagner plus » alors qu’il y a 4 millions de chômeurs, 7 millions de pauvres et 12 millions de personnes en situation d’insécurité sociale. Il le sait.

Il sait aussi qu’il y a un manque fort de confiance dans les partis pour redresser la situation même s’ils ont donné mandat aux plus grands de gérer les affaires et trouver des solutions.

Les français ne se désintéressent pas de la politique et la participation record à la dernière élection le montre, mais ils veulent être écoutés. Ce message est adressé à tout le monde.

En même temps notre syndicalisme va avoir fort à faire car les divers sondages montrent un vrai brouillage sur les grands dossiers.

Les français trouvent positif que les retraites soient allongées, que l’impôt sur le revenu soit diminué ; à l’inverse le contrat nouvelle embauche est jugé négatif.

Les français pensent qu’il est bien de ne remplacer que la moitié des fonctionnaires (62%), d’augmenter le SMIC, d’augmenter les impôts des plus riches.

Au final on voit bien que chaque sensibilité peut trouver matière à mobiliser.

Donc il y a des attentes sociales fortes et j’espère que vous en êtes porteurs.

Le syndicat doit les mettre en forme, avec eux, et les encourager à se battre pour les rendre effectives.

Cette élection nous révèle aussi ces potentialités.

Le syndicat rassemble sur les revendications, pas sur les bulletins de vote et j’invite chacune et chacun à être attentif à cela, sachant que ces élections ont élargi l’éventail des engagements précédents.

C’est notre capacité d’écoute qui est là sollicitée, écoute active, orientée par nos revendications et attentive à toutes les problématiques.

L’activité syndicale n’est pas là pour défaire ce que les élections politiques ont décidé.

L’activité syndicale n’est pas là pour organiser la capitulation sous le prétexte que le programme politique élu a tout réglé. Le gagnant ne rafle pas toute la mise.

L’activité syndicale est là pour faire valoir la vision que les salariés ont de leur vie à partir de leur activité professionnelle.

L’activité syndicale est là pour proposer, pour rassembler, pour lutter si nécessaire.

Mais l’activité syndicale n’est pas là pour s’arroger la vision d’un parti politique même si elle doit intervenir pour exiger que les programmes d’avenir des partis doivent prendre en compte les aspirations de tous les salariés.

L’unité d’action syndicale devrait prendre une dimension nouvelle, à condition que chacune interprète l’urgence d’aujourd’hui de la même façon.

Il y a une difficulté persistante à relier la contestation revendicative à des projets politiques.

Pour autant, l’acuité revendicative, la mobilisation peut se développer et, par sa dynamique relancer des unités plus large telle que la lutte contre le CPE l’a clairement démontré.

Ces questions posent incontestablement tous les débats liés à la représentation syndicale ; ce problème est sensible tant les critères jusqu’alors appliqués sont inadéquats. La FSU entend faire de cette bataille un champ d’action important tant sa place dans le dialogue social est à conquérir sur tous les champs de sa responsabilité.

Questions éducatives

Contre tous les théoriciens du déclinisme nous devons dire que l’école française n’est pas à la dérive ; que le collège français est à la fois un des plus performants et un des moins injustes, que non seulement le niveau des collégiens se maintient mais qu’il supporte bien les comparaisons avec les pays voisins.
Soyons clairs : la société est moins malade de son école que celle-ci n’est malade de l’état de la société. C’est bien cela.
La question éducative est toujours au cœur du projet d’une société, du vivre ensemble ou de la guerre de tous contre tous comme le libéralisme Bonapartiste de Nicolas Sarkozy le propose.
Depuis 2000, la question éducative est vive de turbulences ; elle a essuyé des propositions de gauche comme de droite qui ont tenté de contourner les deux questions indissociables  et qui sont ses problèmes : principe et exigence de justice sociale, principe et exigence de culture.
Le dernier avatar de la loi Fillon, le socle commun de compétences et de connaissances accumule ces deux déficits.
Nous en savons quelque chose.
Ce qu’il faut voir aussi c’est que la lutte syndicale, le front des fédérations ou des syndicats, n’a pas donné durablement le meilleur de son efficacité.
Depuis 2002, l’unité dans l’éducation est d’autant plus fragile que sa base de rassemblement était minimale – les moyens – .
En 2005, après le rapport Thélot, les fissures sont vite apparues sur la question du socle commun où la FSU est apparue rapidement pratiquement seule pour poursuivre le combat jusqu’à l’adoption de la loi en avril. Cette année, dans le processus de lutte, nous avons perdu tous les syndicats qui doutaient, dès novembre, de la nécessité de la lutte, se sont ébahis  du succès du 18 décembre, on crû devoir laisser penser, de façon velléitaire   qu’il fallait rapidement une grève en janvier, déclarant notre manif du 20 sans intérêt alors qu’elle s’est révélée être un succès important, puis se sont lentement retirées sur la pointe des pieds, certains ont contesté publiquement notre dernière grève du 20 mars alors que celle-ci a été un formidable marqueur syndical et politique dans le paysage social.
Le 20 mars a été une date d’expression de ce que les luttes nationales et locales ont produit de mobilisation. C’est le fameux rapport Darcos invitant Nicolas Sarkozy à entendre la colère et ce sont aussi les candidats se prononçant pour l’abrogation ou la suspension des décrets de Robien.
Aujourd’hui nous en sommes là !

Vous le savez, le ministre Xavier Darcos tergiverse et c’est le Président de la République lui-même qui prend les choses en main et doit nous recevoir le 11 juin au matin.
Nous avons multiplié les interventions afin que le décret ne soit pas découpé en rondelles.

Le ministre sait, le Président de la République doit savoir qu’il ne peut y avoir de négociations sérieuses sur la revalorisation du métier que si le terrain exploré ne laisse pas des bombes à retardement sur le sujet exploré : bivalence, décharges, sport scolaire amputé, qui entraînerait avant tout, la crédibilité de la réflexion que le ministre veut engager.
Le legs de Robien est calamiteux. Dans le 1er degré comme dans le second degré, la méfiance est généralisée. Sa volonté de jouer les directeurs de conscience sur les contenus professionnels a hérissé les spécialistes que nous sommes ; après lui, la pédagogie est à réhabiliter, les connaissances à rétablir et fortifier la question de la justice sociale après ses décisions sur la politique des ZEP.
Xavier Darcos et ses déclarations sur la carte scolaire montrent que le rêve conservateur qui veut qu’à l’école on n’est bien qu’entre soi va prendre une nouvelle vigueur.

La question tant débattue de l’égalité des chances doit être réexaminée parce qu’elle va jouer dans les mois à venir un rôle primordial dans la justification de toutes les réformes. Cela commence déjà par la carte scolaire.
Cette expression d’égalité des chances permet de justifier l’inégalité des résultats et d’en faire porter la responsabilité à toutes les victimes.  
La chance ne fait pas l’égalité et cette expression, fondement de la politique scolaire, « incruste une anthropologie de l’individu individualiste, de la compétition et concurrence de chacun contre tous où les gagnants sont les fabricants des perdants » (B.Mattei)
Le thème 2 aura tout le loisir de débattre de cette question.

EPS

Nous allons avoir un triple défi à relever :

  1. Celui de la professionnalité avec le sport scolaire.
  2. Celui de l’EPS dans le Système Educatif avec des contenus modernes
  3. Celui de son dialogue avec le Mouvement sportif

Ce sont ces questions qui justifient la plaquette que nous venons d’éditer.

Sur le 1er défi, la question de la professionnalité ;  il est à gagner en externe auprès du ministère, des partenaires, en interne, en fortifiant l’unité de vue et sa cohérence, entre nous tous.

Le décret Robien intervient après quelques rapports de Leblanc, de la Cour des comptes, de Chamard où la question des moyens accordés aux services publics est l’objet d’une lutte compulsionnelle que les différents audits traduisent bien.

Couper, couper et toujours couper dans les dépenses.
Rentabiliser, rentabiliser toujours rentabiliser les moyens qui demeurent.
Nous ne sommes qu’au début de ce processus---> budget 2007

Le sport scolaire est donc dans le collimateur. Et le récent rapport de l’IG ne fait pas dans la dentelle.

C’est un rapport cynique dicté par le seul souci de récupérer le maximum de moyens dont il dispose (4 500 ETP)

C’est un rapport à charge seulement qui ne se pose même pas la question de ce qu’est le SS en tant que service public du sport des scolaires.

Circule donc dans ce rapport, une pensée approximative des constats, indigentes sur les fonctions du sport scolaire, navrante dans quelques appréciations, voire injurieuses à l’égard des personnels.

Cet attelage de 8 IG, coachés par 2 nostalgiques dont leur rapport ont été enterré, spéculent sur l’époque du retour conservateur pour enterrer un service public dont on sait qu’aujourd’hui pareille mission n’a pas beaucoup de soutien dans ce gouvernement.

Nous allons devoir imposer notre vision avec l’aide des collègues, ce qui implique un large travail de réunions, de débats, de fortification de notre vision comme vision d’avenir.

L’affaire n’est pas gagnée sachant que la théorie des branches mortes, véhiculée un temps par le Directeur de l’UNSS, est aussi véhiculée par certains collègues ; à tous il faut leur montrer que le rapport de l’IG propose de s’attaquer au tronc de l’arbre lui-même et donc que les dommages seront pour tous.

Le sport scolaire est à améliorer, il n’est pas à sauver et nous ne voulons pas oublier que les fossoyeurs d’aujourd’hui (IG, certains IPR, certains IA, certains recteurs, certains chefs d’établissement) ont été trop souvent les spectateurs ou les témoins inactifs, il y a encore peu.

Le SNEP a toujours réclamé depuis 10 ans pour ne pas remonter plus loin un débat qu’aucun ministre ou responsable n’a eu le courage d’ouvrir. Aujourd’hui l’air du temps libéral, anti-intérêt général, ouvre la fenêtre de son extinction.

Cela ne se fera pas sans nous.

Sur le 2ème défi, l’EPS dans le système éducatif.
Il va nous falloir s’occuper furieusement du socle, des horaires, du contenu des programmes, des formations.
Le rattachement du sport à la santé doit nous rendre vigilants.
Il faut craindre une mise en puissance de l’idée du sport santé y subordonnant tous les objectifs éducatifs.
« Je demande, dit Gérard Saillant, seulement que, jusqu’à l’âge de 16 ans, on ait donné la possibilité à tous les enfants d’avoir une activité physique et un développement harmonieux » et il propose pour cela la création de maisons du sport et de la santé. Faut-il rapprocher cela de l’appréciation du ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, lancée lors de sa rencontre avec le CNOSF :
« Mon troisième axe de travail, dit-elle, concerne le développement du sport à l’école qui, comme vous le savez, ne dépend pas que de la ministre chargée des sports. Mais, sur la base des engagements pris pendant la campagne présidentielle, vous pouvez compter sur mon action au niveau interministériel, pour faire en sorte que la France ne soit plus la lanterne rouge européenne du sport scolaire et universitaire. Pour le grand nombre, l’école est en effet un lieu privilégié pour développer l’habitude et le goût du sport. Pour certains, elle doit constituer un accompagnement vers une éventuelle carrière sportive de haut niveau, notamment au travers du développement des classes proposant le mi-temps sportif. »

Vous vous doutez bien que ces questions vont se superposer avec nos débats sur les contenus des programmes EPS et sur la vision même du contenu de la formation des jeunes ; vous savez combien le débat est rude entre ceux qui pensent que la formation physique doit s’appuyer de façon critique, ouverte, sur les meilleures productions du développement humain et des possibilités qu’il ouvre, une forme de dépassement de soi dans des limites à fixer en permanence. D’autres options préconisent des modes d’accomplissement de soi qui tendent à rendre marginale la vision même des connaissances qu’apporte la culture physique contemporaine et propose un éventail de pratiques détachées de celles-ci.

Ce débat est historique. Il doit être l’objet d’échanges permanents entre nous. Je sais que le thème 2 sera friand de cela.

Enfin, les camarades et amis, la lutte pour le développement horaire doit être au centre de nos préoccupations. Nicolas Sarkozy a parlé de doublement des horaires mais, dans sa théorie, on peut penser que pour les nombreux jeunes qui pratiquent en club, l’objectif est déjà atteint ! Il ne faudrait pas que les vieilles lunes du début des années 70 reviennent en force agrémentée des nouvelles justifications par la santé.

Rappelons quand même que nous ne sommes pas isolés dans notre combat. Un récent sondage (revue Sport, 11 mai) révélait que 3h d’EPS hebdomadaires étaient insuffisantes pour 56% des français, c’est pour la situation actuelle. Pour l’avenir 12% réclament 4h, 35% 5h, 35% 6h et 11% 8h ; les pourcentages se cumulant. Nous avons-là des marges considérables pour trouver des appuis à notre combat.

Pour le 3ème défi, le dialogue avec le mouvement sportif.
Nous avons syndicalement à hâter le pas. Partout où ces contacts ont eu lieu, ils se sont avérés profitables et notre initiative francilienne devant le CNOSF l’a bien montré. Ces questions de l’EPS, du sport scolaire prendront de l’ampleur lorsque nous arriverons à les faire plus largement partager à l’intérieur de l’école certes, enseignants et parents, mais surtout dans l’opinion publique et notamment le mouvement sportif, secteur sur lequel compte s’appuyer le gouvernement pour trouver des soutiens. Tel est le rôle de notre plaquette.

Il faut faire comprendre à ce secteur que la garantie de leur développement demeure la culture de tous forgée à l’école. Ces idées progressent et le mouvement sportif lui-même, de façon fort différenciée, s’arme pour son propre développement ; d’ailleurs les collègues s’inspirent de plus en plus des productions fédérales lorsqu’ils ne participent pas, parfois enthousiastes, aux stages de formation continue, animés par les fédérations et reconnaissons aussi que ces productions fédérales sont souvent élaborées à partir de nos problématiques.
Un débat fructueux doit donc pouvoir s’instaurer et nous pensons qu’une partie de la lutte pour le développement du sport scolaire devrait se faire en association avec le monde fédéral, notamment par la mise en place de comités de développement du sport scolaire national et locaux.

Amis et camarades, cette lutte ne fait que débuter et les trois défis ici brièvement caractérisés, doivent au terme de notre congrès, déboucher sur des décisions d’initiatives à mettre en œuvre rapidement.

SNEP

Ne devons-nous pas craindre un climat de lassitude, de démobilisation et d’aigreur ?
Il faut que nous nous attelions à ce travail d’appréciation de la situation avec les collègues tout en sachant, si j’en m’en tiens aux prévisions actuelles, que les élections législatives peuvent en rajouter dans l’amertume.
Le syndicalisme ne choisit pas la situation, il choisit la réponse qu’il peut lui apporter et à partir de celle-là essayer de la transformer. Dans cet exercice il va falloir que nous nous améliorions et cela ne se fera pas sans les collègues. Ne sous-estimons pas le soutien que Nicolas Sarkozy a pu capter dans l’opinion. Porteur d’un « turbo-capitalisme », la refondation de l’action politique qu’il a impulsée et qu’il veut faire passer comme autant de solutions « réelles et rationnelles », loin de toute base idéologique (« je ne suis pas un idéologue dit-il ») essaye de faire croire que ce qui compte c’est ce qui marche ; il peut d’autant mieux opérer dans ce sens qu’il a réussi l’exploit de se faire passer pour un homme neuf, porteur de rupture, alors qu’il a été de longues années un des responsables majeurs des gouvernements antérieurs. Son opération marche et de nombreuses voix veulent qu’on lui laisse tenter ses propositions.

Les luttes que nous allons avoir à impulser doivent rapidement trouver leur base de contestation. Le sentiment que cherche à développer Fillon et Sarkozy, c’est bien l’idée que leur victoire est franche et qu’elle ouvre devant eux un espace immense pour toutes leurs audaces. Fillon dit « qu’il ne faut pas reculer d’un millimètre ».
Cela montre leur volonté de dialogue.
Et la loi sur le service minimum dans les transports (éduc… ?) est une tentative de limitation de grève ; elle est un test de réactivité des organisations syndicales : voir lesquelles sont prêtes à négocier, sur quelle base… Bref un revers sur ce secteur serait un revers pour tout le syndicalisme.

L’alternative que l’on nous propose est claire. Soit entrer dans le jeu du gouvernement soit alors affronter son passage en force. Une généralisation de la tactique CPE en quelque sorte.

Malgré cette situation apparemment préoccupante je reste curieusement optimiste. Aucun mur ne protège contre les mouvements de conscience liée à l’émancipation. Les luttes se développent là ou le syndicalisme ouvre des perspectives, donne des explications qui rendent les situations subies par les salariés comme insupportables et appelle des solutions neuves. Voilà le pari que nous avons à relever et que nous relèverons ensemble. Nous sommes bien là dans le rôle du SNEP, défendre les conditions morales et matérielles d’une profession tout en portant aussi une conception civique et dessiner un espoir.

Voilà les tâches de notre congrès.

 

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