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  Congrès 2007 (maj le 1/03/17 )

 

Pour une formation universitaire à caractère professionnel des enseignants d'EPS

La formation des enseignants doit leur permettre de répondre de façon ambitieuse aux défis de la démocratisation et de la réussite de tous les jeunes - en particulier les plus en difficultés face aux apprentissages - ce qui suppose en premier lieu la maîtrise des contenus à enseigner dans les APSA  en lien avec des processus d’apprentissages. Les enseignants doivent être des concepteurs capables d’analyser leur pratique pour résoudre des problèmes professionnels en évolution tout au long de leur carrière.
Pour cela, nous voulons une formation universitaire à caractère professionnel, c'est-à-dire qui allie – en lien avec la recherche - formations scientifique, technologique, didactique et professionnelle tout au long du cursus (dès L1 jusqu’à l’accompagnement à l’entrée dans le métier), qui s’inscrive dans le schéma LMD et débouche sur un master pour tous-tes ; master permettant une reconnaissance de la qualification des enseignants à Bac+5.

L’intégration des IUFM dans l’université et le cahier des charges des IUFM auraient dû être l’occasion de cette amélioration. Le ministère a fait le choix d’une formation réductrice, sans cadrage national, peu coûteuse, en lien avec le socle commun des connaissances. Il choisit de dissocier formation générale et formation professionnelle et propose des concours sans aspect didactique ni professionnel.
Pour lui, la formation disciplinaire est une accumulation de connaissances académiques qui doit déboucher sur la bivalence ou la polyvalence. Sa conception de la formation professionnelle est limitée à des stages sur le terrain, sans possibilité de recul théorique pour l’analyse des pratiques vu le peu temps disponible pour la formation à l’IUFM. Ces mesures aboutiront à terme à une déqualification des enseignants.

A l’opposé le SNEP revendique une formation qui articule mieux les différentes connaissances en assurant une meilleure progressivité, intègre le concours comme élément structurant de la formation et permette d’obtenir le master dans de bonnes conditions. Pour éviter les disparités liées à l’autonomie des universités, un cadrage national des volumes et des contenus de formation est nécessaire.
Le SNEP demande :

- une formation scientifique de nature technologique autour d’un double objet que constitue la connaissance des APSA et les pratiques d’enseignement/ apprentissage pour que les enseignants d’EPS maîtrisent mieux les processus et contenus d’enseignement en fin de formation initiale. Cela nécessite d’augmenter les temps de pratique dans le cadre de l’université et de mieux articuler les savoirs scientifiques, techniques, didactiques et pratiques sur les APSA. La place des APSA doit être réhabilitée dans les épreuves et coefficients du CAPEPS. L’analyse des pratiques à l’IUFM doit être étroitement liée à la formation disciplinaire.
Le SNEP s'oppose à la mention complémentaire qui porte atteinte à nos qualifications et ouvre la porte à la bivalence, voire la polyvalence.

- une formation à visée professionnelle doit commencer dès la L1, en liaison avec les formations théoriques. Un CAPEPS rénové doit garder ses aspects pré-professionnels. Les stages sur le terrain ne peuvent constituer à eux seuls une formation. Nous revendiquons des moyens pour un accompagnement théorique et conceptuel réel des formateurs et conseillers pédagogiques à toutes les étapes du cursus.

- la formation doit être alimentée par la recherche, qui elle-même doit être développée et être plus en prise avec les problématiques professionnelles (recherches technologiques et didactiques). Des mastères et doctorats STAPS liés à l’intervention doivent être créés.
Des collaborations nouvelles avec l’IUFM doivent être développées de façon à ce que la formation liée à la préparation au concours donne des équivalences ECTS (système de transfert de « crédits » européen), y compris pour ceux qui échouent au concours.. La 2è année d’IUFM doit donner une place structurante au mémoire professionnel dynamisant véritablement des démarches de conceptualisation. 
Les conditions de la formation doivent être créées pour que chaque stagiaire puisse obtenir un master intégrant fortement les questions d’enseignement  à l’issue de son parcours de formation.
En PLC2, le stage en responsabilité ne doit pas dépasser 6h+3h d’AS par semaine.

Le sport scolaire doit faire l’objet d’une formation spécifique. La formation professionnelle doit veiller à associer, comme toute formation d’adulte,  les stagiaires au processus de formation.
- L’accompagnement à l’entrée dans le métier est déterminant pour entrer dans un processus de formation tout au long de la vie. Il doit être considéré comme une entrée en formation continue et être définie à partir de l’expression des besoins des jeunes enseignants. Elle peut prendre différentes formes (entre débutants, avec des collègues chevronnés, en intégrant des équipes de recherche, etc.).

Pour réaliser ces ambitions, un allongement de durée de la formation et une meilleure articulation de la formation initiale et continue est nécessaire.
Plusieurs dispositifs sont possibles.
- une élévation du niveau de recrutement après master1 (BAC+4) pour le CAPEPS et master 2 pour l’agrégation (Bac+5). Ce dispositif nécessite des formations (et des masters) qui prennent mieux en compte qu’aujourd’hui les aspects pré-professionnels dans la formation universitaire.
- dans l’immédiat nous revendiquons une véritable année de formation supplémentaire en tant que néo-titulaire à mi-temps. Ceci suppose un véritable réseau d’établissements considérés comme des lieux de formation et une formation ambitieuse pour les conseillers pédagogiques.
Dans le contexte actuel d’autonomie des universités et d’intégration des IUFM, le SNEP mènera une réflexion sur les modalités pratiques et les revendications liées aux différents dispositifs qui peuvent être proposés (prise en compte de la formation dans les retraites, bourses d’études etc.).
Le SNEP continuera d’impulser le débat fédéral autour de l’objectif de l’élévation du niveau de recrutement pour tous les enseignants quelles que soient leurs catégories.

La formation des formateurs

La formation des formateurs et des conseillers pédagogiques (de licence, de PLC1, PLC2, PE et entrée dans le métier) doit être une priorité dans les années à venir, au regard de leur rôle déterminant dans la formation.

Les formateurs du second degré à temps plein et associés des IUFM et STAPS doivent avoir un service maximum de 250 h, pouvoir intégrer des équipes de recherche, bénéficier des décharges de service pour activités de recherche. Par ailleurs, ils doivent pouvoir faire valoir les acquis de l’expérience lorsqu’ils s’engagent dans des formations diplômantes. Ils doivent être recrutés selon des modalités connues et en toute transparence.
Dans le cadre de l’intégration des IUFM à l’université, nous revendiquons que des mesures spécifiques permettent l'accès à des emplois d'enseignants chercheurs pour les enseignants en poste dans l'enseignement supérieur, titulaires d’une thèse et qualifiés.
Les conseillers pédagogiques doivent avoir des décharges de service, bénéficier d’une formation (a minima 3 jours par an pendant 3 ans), pouvoir intégrer des équipes de recherche dans le cadre de la FPC ou de formation diplômante et accéder à une qualification reconnue. Tout collègue qui le souhaite doit pouvoir avoir accès au rôle de conseiller pédagogique.
Les collègues des SUAPS et les CPD EPS doivent être associés aux travaux concernant l’intégration des IUFM dans l’université.

 

 


 

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